le fils - les brebis

Jean 10.22-30

Jason Procopio

Je suis américain, comme vous le savez, et quand j’ai déménagé en France il y a presque 11 ans maintenant, j’étais ravi de voir que les français et les américains partagent pas mal de choses. Mais peut-être la plus importante parmi toutes les choses que les deux cultures partagent, c’est notre amour pour Star Wars. 

J’ai grandi avec Star Wars. (Je parle des anciens, pas des nouveaux, rassurez-vous.) J’avais déjà les trois films mémorisés avant mes 10 ans. Ils tournaient en boucle dans ma chambre pendant quasiment toute ma jeunesse. Mais c’étaient sur de vieilles cassettes que je les avais, enregistrés à la télé—pas de DVD à l’époque. Alors la qualité se détériorait au fil des années, et en plus, la télé que j’avais dans ma chambre était un vieux machin avec un écran tout petit que j’avais hérité de mon père. Alors pendant toute mon enfance, mon expérience de Star Wars était bien, mais assez restreint. Et en quelque sorte ça m’allait bien, parce que c’est tout ce que je connaissais. 

Et puis, en 1997, George Lucas a annoncé qu’il allait ressortir ses films au cinéma, avec des scènes en plus. J’avais 16 ans. Il y en a peut-être ici qui ont fait la même expérience pour moi. J’ai fait la queue pendant 8 heures avant la première du premier film, puis on est allés dans cette grande salle de cinéma, on s’est assis. Et lorsque ces premières notes de musique ont commencé à retentir, la salle a explosé en applaudissements. Et pendant 2h30, on était transportés. C’était génial. Ce film, je les avais vu des centaines de fois sur ma petite télé pourrie, mais les voir au cinéma, c’était une expérience incroyable. A la sortie de cette soirée, j’étais tellement dans un état (presque) d’extase que dès que je suis rentré à la maison, je n’avais qu’une seule envie : revoir le film de nouveau.

Si comme moi, vous avez grandi dans l’église, vous avez peut-être un rapport avec la Bible un peu comme celui que j’avais avec Star Wars : c’est comme si on est passé toutes nos vies à le regarder à la télé. On entend tellement souvent ces paroles, on lit tellement souvent les mêmes récits, que même si on aime la Bible, on a l’impression que notre expérience est restreint. Elle nous impressionne, mais moins qu’elle ne devrait nous impressionner. Et puis, à un moment ou un autre on étudie un passage (qu’on a lu des centaines de fois), et d’un seul coup—c’est comme si on regardait ce film tellement bien connu au cinéma pour la première fois. On remarque quelque chose qu’on n’avait pas vu avant, et ça prend des proportions gigantesques. On est plus émerveillés que jamais, on est plus émus que jamais, et on n’a qu’une seule envie après : aller plus loin, étudier plus encore, afin de mieux connaître ce Dieu incroyable qui l’a écrite.

La raison pour laquelle je dis tout cela, c’est que le passage dont on va parler aujourd’hui m’a fait cet effet il y a plusieurs années lorsque je l’ai vraiment étudié pour la première fois. C’est un grand plaisir de pouvoir vous parler de ce texte qui m’a absolument bouleversé lorsque je l’ai vraiment vu pour la première fois. Alors sachez d’avance que ce petit texte a la capacité à changer votre vie—c’était le cas pour moi.

Jean 10.22-30 : 22 On célébrait alors à Jérusalem la fête de la dédicace. C'était l'hiver. 23 Jésus marchait dans le temple, sous le portique de Salomon. 24 Les Juifs l'entourèrent et lui dirent: «Jusqu'à quand nous laisseras-tu dans l'incertitude? Si tu es le Messie, dis-le-nous franchement.» 25 Jésus leur répondit: «Je vous l'ai dit et vous ne croyez pas. Les œuvres que je fais au nom de mon Père témoignent en ma faveur, 26 mais vous ne croyez pas parce que vous ne faites pas partie de mes brebis, [comme je vous l'ai dit]. 27 Mes brebis écoutent ma voix, je les connais et elles me suivent. 28 Je leur donne la vie éternelle. Elles ne périront jamais et personne ne pourra les arracher à ma main. 29 Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tous et personne ne peut les arracher à la main de mon Père. 30 Le Père et moi, nous sommes un.»

Introduction : Un Messie qui divise

La semaine dernière Etienne nous a apporté le message sur Jean 10.1-21, le message de Jésus le bon Berger qui donne sa vie pour ses brebis. Il faut savoir que les deux textes vont ensemble dans le chapitre.

Rappelons-nous que dans le texte de la semaine dernière, Jésus fait référence à lui-même comme le “bon berger,” et à ceux qui le suivent comme “les brebis”. C’est une image qui ne nous parle pas beaucoup, mais qui parlaient certainement aux gens de l’époque, qui vivaient dans ces milieux agricoles. Jésus dit qu’il est le bon Berger, et les “brebis” sont ceux qui appartiennent à Dieu, ceux qui sont devenus ses enfants. “Les brebis”, ce sont ceux qui suivent Christ ; pour utiliser un terme du monde chrétien, “les brebis” sont ceux qu’on appelle les convertis, ou les chrétiens. Jésus dit qu’il est le bon berger et que de manière volontaire il donne sa vie pour ses brebis—une idée qui est tellement choquante qu’elle crée une division parmi les gens qui l’entendent (v. 19). Et nous voyons cette division sous un autre angle dans le texte d’aujourd’hui.

Relisons à partir du v. 22 : 22 On célébrait alors à Jérusalem la fête de la dédicace. C'était l'hiver. 23 Jésus marchait dans le temple, sous le portique de Salomon. 24 Les Juifs l'entourèrent et lui dirent: «Jusqu'à quand nous laisseras-tu dans l'incertitude? Si tu es le Messie, dis-le-nous franchement.»

Au moment où ce récit a lieu, les juifs vivent depuis très longtemps sous le contrôle d’une puissance étrangère ou une autre. A ce moment, ils vivent sous l’occupation romaine. L’occupation faisait partie de la vie des juifs depuis des générations. Des siècles avant, les prophètes juifs avaient prévu la venue d’un Sauveur, qu’ils appelaient le “Messie”, qui libérerait les juifs de l’esclavage. Bien sûr ils imaginaient que ce Messie les sauverait physiquement et politiquement—Israël ne vivrait plus sous le joug d’une puissance étrangère, ne serait plus sujet à la persécution de ces gouvernements.

Alors à l’époque de Jésus, ils s’attendaient à ce que le Messie soit un leader militaire, un guerrier politique, qui ferait la guerre contre Rome. Ils attendaient avec impatience sa venue. Et en Jésus, pour la première fois ils voient quelqu’un qui pourrait vraiment être le Messie. Il était capable de faire des choses extraordinaires, des choses puissantes qui étaient impossibles d’ignorer. Mais en même temps, Jésus ne se comportait pas comme leur idée du Messie ; il ne faisait rien de politique, rien de militaire. Et cela divisait les gens. Certains croient en lui ; d’autres, comme les chefs religieux juifs, n’y arrivent pas.

Ils en ont assez. Ils ne veulent plus attendre si Jésus se montrerait ou non comme un dirigeant militaire, comme le Messie qu’ils avaient imaginé. Et c’est pour cela qu’ils lui disent au v. 24 : «Jusqu'à quand nous laisseras-tu dans l'incertitude? Si tu es le Messie, dis-le-nous franchement.» 

Alors il répond à leur question, mais encore une fois, sa réponse est décevante. 25 Jésus leur répondit: «Je vous l'ai dit et vous ne croyez pas. Les œuvres que je fais au nom de mon Père témoignent en ma faveur… Remarquez bien qu’il ne dit pas : “Je ne suis pas le Messie.” Mais il dit: “Si vous aviez prêté attention, vous sauriez déjà qui je suis.” Mais vous ne croyez toujours pas. Vous êtes tellement centrés sur vos propres idées que vous ignorez la vérité qui est écrite.

Jésus est un Messie qui divise. D’un côté, il ne se comporte pas comme le Messie militaire auquel les gens s’attendaient. De l’autre côté, il fait des signes et des prodiges, et son enseignement est comme nul autre. Jésus divise des gens en deux camps différents : ceux qui croient et ceux qui ne croient pas. Dans un sens c’est normal, et nous comprenons la réaction des juifs—il est difficile de laisser tomber une croyance profonde ou une interprétation qu’on a maintenue depuis longtemps. Mais Jésus insiste à aller plus loin. Il reconnaît la division qu’il crée, mais il explique aussi pourquoi les gens sont divisés.

Et son explication est choquante.

1) Les “non-brebis”

25 Jésus leur répondit: «Je vous l'ai dit et vous ne croyez pas. Les œuvres que je fais au nom de mon Père témoignent en ma faveur, 26 mais vous ne croyez pas parce que vous ne faites pas partie de mes brebis, [comme je vous l'ai dit].

Il faut prêter beaucoup d’attention aux mots qu’il emploie. Jésus ne dit pas : parce que vous ne croyez pas, vous ne faites pas partie de mes brebis. Il dit aux juifs : vous ne croyez pas parce que vous ne faites pas partie de mes brebis. (Et pour ceux qui penseraient qu’il s’agit d’une erreur de traduction, ce n’est pas le cas : la version française de ce verset est bien fidèle au grec original.) C’est une phrase extrêmement chargée, si nous sommes attentifs à son sens—alors nous allons passer quelques instants à réfléchir sur ses implications. Dans cette petite phrase, Jésus détruit une erreur très fréquente.

Normalement, nous imaginons que l'ordre des étapes, la séquence qu’on suit pour devenir un chrétien, est très différente. Nous pensons que ça se déroule de la manière suivante : 1) J’entends le message de Jésus ; 2) je crois et j’accepte ce message, je décide de le suivre ; 3) je deviens un enfant de Dieu, une de ses brebis. Mais ce n’est pas ce qu’il dit. 

Il dit vous ne croyez pas parce que vous ne faites pas partie de mes brebis. Ce n’est pas qu’ils ne sont pas enfants de Dieu parce qu’ils ne croient pas, mais qu’ils ne croient pas parce qu’ils ne sont pas enfants de Dieu ! (Jean dit exactement la même chose dans une de ses lettres. Il parle des gens qui ont commencé dans l’église mais qui n’y sont pas restés : 2.19 Ils sont sortis du milieu de nous, mais ils n'étaient pas des nôtres, car s'ils avaient été des nôtres, ils seraient restés avec nous. Mais cela est arrivé afin qu'il soit bien clair que tous ne sont pas des nôtres.

Et l’inverse est vraie aussi. Si Jésus dit : vous ne croyez pas parce que vous ne faites pas partie de mes brebis, ça veut dire que si vous croyez, vous faites partie de ses brebis. Jésus n’attend pas qu’on soit capable de faire quoi que ce soit, qu’on soit assez grands ou murs pour croire. Il dit que si nous avons cru, nous avons cru parce que nous faisons partie de ses brebis.

Jésus affirme ici une vérité qui est enseignée tout le long de la Bible : que le péché—c’est notre mot pour l’impureté de cœur qui est en nous tous—le péché de l’humanité a fait de nous des rebels contre Dieu. Nous sommes tous nés pécheurs, nous sommes tous nés séparés de Dieu, et dans notre état naturel nous aimons cela. Tous n’entendent pas la sagesse dans l’évangile lorsqu’ils l’entendent. Certains entendent encore de la folie, et s’obstinent dans leur refus de croire. La Bible est claire que ces personnes-là ne sont pas moins responsables de leur refus de croire, puisque c’est leur propre péché, leur propre rébellion, qui aveugle leurs yeux. Et nous sommes tous nés dans cet état. Et c’est ainsi que Jésus peut dire : vous ne croyez pas parce que vous ne faites pas partie de mes brebis. 

Mais le verset suivant (v. 27) commence par deux mots très importants : Mes brebis… Alors que nous sommes tous nés pécheurs, nous sommes tous nés rebelles contre lui, Jésus a bel et bien des brebis. Dans les versets qui suivent Jésus fait un contraste entre ceux qui ne croient pas, ceux qui ne font pas partie de ses brebis, et ceux qui en font partie.

Alors la question logique qui suit, à laquelle Jésus répond, c’est qu’est-ce qui distingue une brebis d’une “non brebis” ? Comment quelqu’un qui est une brebis est-il différent de quelqu’un qui ne l’est pas ? Est-ce qu’il y a une marque, un comportement qui permet de les repérer ?

2) Les “brebis”

V. 27 Mes brebis écoutent ma voix, je les connais et elles me suivent. Il nous donne trois manières de distinguer une brebis d’une non brebis.

D’abord, les brebis entendent sa voix. Le tableau qu’il peint ici est très beau. Imaginez un champ où beaucoup de brebis mangent. Le Berger part dans le champ pour chercher ses brebis, mais les siennes se sont mélangées avec celles d’un autre troupeau. Alors pour les identifier, le Berger les appelle. Et les brebis qui sont les siennes sont capables d’entendre sa voix. Par-dessus tout le bruit des autres brebis, lorsque les siennes entendent sa voix, elles s’arrêtent—elles reconnaissent la voix de leur Berger. Elles peuvent entendre sa voix par-dessus tous les autres bruits, parce qu’elles sont ses brebis, et il est leur Berger. Il y a quelque chose en eux qui répond de manière instinctive à sa voix, non pas parce qu’elles ont assez travaillé, ou parce qu’elles sont meilleures que les autres, mais parce qu’elles lui appartiennent. Elles n’ont pas besoin de faire un effort pour l’entendre ; elles l’entendent parce que c’est la voix de leur maître.

Deuxièmement, le Berger les connaît. Il appelle dans le champ, ses brebis se tournent vers sa voix, et le Berger reconnaît quelles sont les siennes—parmi toutes les autres brebis, il les reconnaît. Sa connaissance de ses brebis est intime—même au milieu de la foule, où toutes les brebis ressemblent à toutes les autres, il est capable de reconnaître quelles sont ses brebis.

Troisièmement, elles le suivent. Il appelle, elles reconnaissent sa voix, il les reconnaît ; puis il dit, “Viens”, et elles le suivent. Elles n’ont pas besoin de se forcer à le suivre ; elles n’ont pas besoin de peser les pours et les contres. C’est vrai qu’elles ont un choix à faire, mais c’est la voix de leur Berger, c’est la voix de leur Maître ! Elles le suivent parce qu’elles sont à lui—comment pourraient-elles bien choisir autre chose ? 

Il est tellement important de comprendre comment ça marche. Nous ne venons pas à Christ pour qu’il accepte de nous sauver ; nous venons à Christ parce qu’il a déjà choisi de nous sauver. La Bible nous dit qu’avant la fondation du monde, Dieu a choisi ceux qui seraient ses brebis—non pas parce qu’elles avaient plus de valeur, ou parce qu’elles étaient meilleures, mais afin de montrer sa gloire en les sauvant. Puis il nous appelle à venir à lui, et puisqu’il nous a choisi, nous entendons sa voix. Et lorsque nous entendons sa voix, nous répondons—nous considérons le message de la Bible, et d’un coup il nous paraît plus attirant que répugnant ; il nous paraît sage plutôt que fou. Nous commençons à voir des choses dans l’évangile que nous n’avions pas vu avant, qui nous font peut-être un peu peur au départ, puis qui nous surprennent, qui nous émerveillent…et petit à petit nous sommes incapable d’y résister. Dieu se montre à nous dans les Ecritures ; il nous appelle, et parce que nous sommes à lui, nous répondons à son appel. Nous lui posons des questions, nous prions d’en savoir plus, et nous découvrons à notre grande joie que notre Berger, loin d’être un dieu absent et lointain, nous connaît de manière intime. Et face à tout cela, suivre Jésus devient la chose la plus naturelle au monde—sa grâce nous est irrésistible, et nous courons après elle. Imparfaitement, oui ; plus lentement que nous aimerions parfois, oui—mais nous venons.

3) Qu’est-ce que le Berger fait pour ses brebis ?

Et Jésus va plus loin encore. Il nous dit non seulement pourquoi et comment ses brebis viennent à lui, pourquoi et comment elles sont capable d’entendre sa voix ; il nous dit aussi ce qui se passera pour ses brebis. Il nous dit son plan pour ceux qui lui appartiennent. 

28 Je leur donne la vie éternelle. Elles ne périront jamais et personne ne pourra les arracher à ma main. 29 Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tous et personne ne peut les arracher à la main de mon Père.

C’est pour moi une des vérités les plus glorieuses de la Bible. Si Dieu a décidé avant la fondation du monde que nous serions à lui, s’il nous a attirés à lui pour que nous le suivions, il est normal et logique qu’il protége cette relation à tout prix. Nous entendons sa voix parce que nous sommes à lui ; il nous connaît parce que nous sommes à lui ; nous le suivons parce que nous sommes à lui ; et il nous gardera parce que nous sommes à lui.

Nous voyons ici que Jésus prend son rôle du bon Berger très au sérieux, et qu’il ne le fait pas seul. Il nous donne la vie éternelle avec lui, et personne ne peut nous arracher de sa main. Nous sommes le cadeau du Père à son Fils (v. 29—Mon Père, qui me les a donnés)—hors de question qu’il nous laisse partir ! Rien ne peut nous arracher de lui ; il est assez fort pour nous garder. Mais même s’il en est assez fort, même s’il n’a pas besoin d’aide, il l’a quand même. Il dit que le Père est plus grand que tous, et que le Père nous tient aussi. Personne ne peut nous arracher de la main du Berger, et personne ne peut nous arracher de la main du Père. Ils sont entièrement unis dans leur détermination pour nous garder, et c’est la première raison pour laquelle Jésus dit au v. 30, Le Père et moi, nous sommes un. (Ce n’est pas la seule raison ; nous verrons l’autre raison la semaine prochaine.)

Pensez-y un instant. Si tu as entendu le message de l’évangile, si tu as répondu par la foi en Christ, si tu as commencé à le suivre, tu l’as fait parce que tu lui appartenait déjà, tu étais déjà une de ses brebis. Et si tu appartiens à Dieu, tu lui appartiendrais pour toujours. PERSONNE ne pourra t’arracher de sa main. PERSONNE. Dieu fera en sorte que ses brebis arrivent à bon port.

4) Application: Pourquoi est-ce important ?

A ce point, il faut dire que l’enseignement de Jésus concernant pourquoi certains croient en lui alors que d’autres n’y croient pas est une vérité que certains ont beaucoup de mal à accepter. Ils pensent que ce n’est rien d’autre que de la théorie—et que c’est une théorie qui est au pire dangereuse, ou au mieux, inutile. Quelle différence cela fait-il de savoir que nous croyons parce que nous sommes ses brebis, et pas l’inverse ? Quelle différence cela fait-il de savoir que nous avons répondu à lui parce que nous lui appartenons depuis toujours ? Quelle différence cela fait-il si nous inversons les choses ?

Il y a beaucoup de raisons, mais au moins trois sont immédiatement apparentes. 

Premièrement, si j’inverse les choses, je vole la gloire de Dieu. Partout dans l’Ancien Testament Dieu promet de sauver son peuple, et il leur dit que la raison pour laquelle il va le faire n’est pas premièrement pour eux, mais pour qu’il soit glorifié (nous le voyons par exemple dans Ezékiel 36). Le peuple de Dieu est constamment en rébellion contre lui ; ils se détournent constamment de Dieu vers des idoles. Alors imaginez la gloire qui revient à Dieu lorsqu’il prend des personnes qui sont en rébellion volontaire contre lui, qui ne veulent rien à voir avec lui, et qu’il se manifeste comme tellement glorieux que leurs anciens idoles, leurs anciennes passions, leurs anciens plaisirs, deviennent minuscules à côté de lui. Imaginez la gloire qui revient à Dieu lorsqu’il se manifeste comme tellement meilleur que tous les autres plaisirs du monde. IL est celui qui a vu ton besoin. IL est celui qui a envoyé son Fils Jésus pour mourir à ta place, pour être puni à ta place, afin que tu n’aies pas à le faire. IL est celui qui a ressuscité son Fils d’entre les morts afin que tu reçoive les bienfaits de sa vie parfaite. LUI—pas toi. Dieu nous sauve afin que toute la gloire de notre salut lui revienne.

Deuxièmement, si j’inverse les choses, je penserais que toute la responsabilité de mon salut m’appartient—je penserais que c’est ma décision de suivre Dieu qui m’a sauvé. Et une de deux choses arrivera : soit je deviendrai orgueilleux, je me féliciterai de ma propre sagesse et mon propre bon sens pour avoir choisi Christ (alors que je ne l’aurais jamais choisi s’il ne m’avait pas choisi d’abord) ; soit je serai terrifié, parce que je penserai que c’est ma entièrement responsabilité de maintenir mon propre salut, alors que la Bible nous dit que Dieu travaille avec nous, et que l’assurance de notre salut dépend finalement de lui, non pas de nos propres efforts.

Ce qui nous amène à la troisième raison. Si j’inverse les choses et me convainc que le poids de mon salut reste entièrement sur mes épaules, la promesse de Jésus dans les v. 28-29 ne veut RIEN dire. S’il est à moi de m’assurer que je “reste sauvé”, la promesse de Jésus que personne ne pourra les arracher à ma main, personne ne pourra les arracher à la main de mon père, n’a aucun sens.

Il y a longtemps j’ai entendu un message d’un pasteur qui nous a parlé de la fin de Romains chapitre 8. C’était un message génial—le pasteur nous a parlé avec beaucoup de passion de la promesse de Dieu que rien ne pourra nous arracher de son amour. Et à la fin il nous a relu le texte, et il l’a lu avec une telle passion que nous étions tous émus. En citant 8.38-39, il a dit : “Ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni le présent ni l'avenir, ni les puissances, ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur… Quoique… Peut-être une chose. Nous-mêmes. Nos propres fautes. Nos propres choix.

Par ces quelques mots de fin, il avait complètement nié ce que ce merveilleux texte nous dit. Et même si j’aime beaucoup ce frère en Christ, je dois dire qu’il avait absolument tort. 

RIEN ne peut nous séparer de Christ. RIEN ne peut nous arracher de sa main. Ni le monde, ni le diable, ni une autre personne, ni notre folie, ni notre péché… Je n’ai pas cru afin d’appartenir à Christ, j’ai cru parce que j’appartiens à Christ. IL a décidé que je serais à lui, j’ai cru parce que je suis à lui, et il fera en sorte que je reste fidèle parce que je suis à lui. RIEN ne peut nous séparer de lui—puisqu’il est notre bon Berger, il fera en sorte que je reste fidèle à lui. Il fera en sorte que j’arrive à bon port.

Conclusion

Comme vous avez surement deviné, le message de Jésus dans ce texte est pour ses brebis un grand message d’encouragement. Comme Etienne a dit la semaine dernière, si tu crois en Christ comme ton Sauveur, si tu le suis, si tu l’aimes, c’est la preuve que tu lui appartiens—tu ne l’aurais jamais fait si tu ne lui appartenais pas. Sache que tu n’avais rien à voir avec ton propre salut ; sache que ta destinée éternelle n’est pas sur tes épaules. Tu devras travailler dur, oui, mais Dieu travaille derrière la scène pour te rendre capable de tenir bon. Tu ne peux pas le faire, mais lui, il peut. Il t’amènera chez lui.

Il est possible que tu ne crois pas vraiment ; peut-être que tu n’as pas encore commencé à suivre Christ. Mais peut-être, alors que tu écoutais ce message, pour la première fois il ne paraît pas si bizarre que ça. Peut-être le message de l’évangile commence à paraître plus sage que fou, plus attirant que répugnant. Si c’est le cas—continue à écouter. Prie que Dieu t’aide à entendre la voix de Christ, à le voir plus clairement.

Il est possible que tu écoutes ce message, et cela ne te fait rien du tout. Peut-être que tu penses que c’est fou. Si c’est le cas—ne pars pas d’ici en pensant que tu n’appartiens surement pas à Dieu. Nous y étions tous à un moment ou un autre. Plusieurs d’entre nous ont entendu l’évangile plusieurs fois avant qu’il commençait à avoir du sens. Je suis désolé, mais tu n’es pas en mesure de dire au Dieu de l’univers qu’il ne peut pas te sauver. Demande-lui de se révéler à toi. Demande-lui de te montrer qui il est. Demande-lui d’ouvrir tes yeux afin que tu voies, d’ouvrir tes oreilles afin que tu l’entendes.

Personne ne vient à Dieu tout seul. Personne n’entend la voix du Berger tout seul. Mais nous avons la promesse glorieuse que nous n’avons pas besoin de le faire seuls, que personne qui vient à Dieu en Christ ne sera rejeté. Venons à lui. Demandons-lui d’ouvrir nos oreilles. Louons-le comme notre bon Berger, qui a fait de nous ses brebis, et qui ne permettra jamais que nous soyons arrachés de sa main.