Le fils : Le sommet du désirable

Jean 12.20-28

Jason Procopio

Jean 12.20-26 : 20 Il y avait des non-Juifs parmi ceux qui étaient montés pour adorer pendant la fête. 21 Ils s'adressèrent à Philippe, qui était de Bethsaïda en Galilée, et lui demandèrent: «Seigneur, nous voudrions voir Jésus.» 22 Philippe alla le dire à André, puis André et Philippe le dirent à Jésus.

23 Jésus leur répondit: «L'heure où le Fils de l'homme va être élevé dans sa gloire est venue. 24 En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul; mais s'il meurt, il porte beaucoup de fruit. 25 Celui qui aime sa vie la perdra et celui qui déteste sa vie dans ce monde la conservera pour la vie éternelle. 26 Si quelqu'un me sert, qu'il me suive, et là où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu'un me sert, le Père l'honorera. 27 Maintenant mon âme est troublée. Et que dirai-je? Père, délivre-moi[c] de cette heure? Mais c'est pour cela que je suis venu jusqu'à cette heure. 28 Père, révèle la gloire de ton nom!»

Je m’excuse d’avance pour la référence que je vais faire pour commencer ce message, parce que je l’ai déjà utilisée dans le passé. Mais elle est tellement appropriée que je ne peux pas m’en empêcher. Lorsque j’étais ado, George Lucas a annoncé qu’il allait tourner les épisodes 1-3 de Star Wars. J’étais un grand fan de Star Wars, alors j’étais plus que ravi. Il a fait l’annonce longtemps avant la sortie du film, alors pendant quasiment deux années, des millions de personnes et moi attendions avec impatience la sortie de ce film. Nous imaginions tout de la mise en scène et nous regardions en boucle la bande-annonce. Et puis le 19 mai 1999, le jour est enfin arrivé : Star Wars : Episode I était sur les écrans du cinéma. J’ai fait la queue pendant 8 heures avec mes amis avant de voir le film à minuit. Nous nous sommes placés dans la salle et lorsque le générique a commencé à défiler, la salle a explosé en applaudissements. 

Et nous sommes tous sortis un peu déçus. On ne voulait pas le dire — ça faisait tellement longtemps qu’on attendait ça, alors on était prêts à excuser pas mal de choses — mais le résultat final n’était pas à la hauteur de l’idée qu’on s'en était fait.

Dans notre texte d’aujourd’hui, Jésus nous parle de ce problème, celui de s’attendre à recevoir quelque chose et d’être déçu par le résultat final. Et il nous dit cela dans le contexte d’une réalisation difficile pour lui. Au moment où nous retrouvons Jésus dans notre passage, il vient de ressusciter Lazare d’entre les morts ; il vient d’être accueilli à Jérusalem avec de grands applaudissements ; il semble que Jésus est sur la voie pour gagner l’approbation du monde entier (au verset qui précède notre lecture, v. 19, ses ennemis disent : “…voici que tout le monde se met à le suivre”). Et juste au moment où Jésus semble être sur la voie de devenir le nouveau héros du monde juif, des non-Juifs arrivent et ont envie de voir Jésus.

1) Le début de la fin (v. 20-22)

20 Il y avait des non-Juifs parmi ceux qui étaient montés pour adorer pendant la fête. 21 Ils s'adressèrent à Philippe, qui était de Bethsaïda en Galilée, et lui demandèrent: «Seigneur, nous voudrions voir Jésus.» 22 Philippe alla le dire à André, puis André et Philippe le dirent à Jésus.

Rappelons-nous que jusqu’alors, le peuple juif était le peuple choisi de Dieu. Le seul accès à Dieu pouvait s’obtenir en suivant la loi de Moïse, donc il fallait être juif. Jusqu’ici, ce ne sont que les Juifs qui ont eu un contact avec Jésus, qui était juif lui aussi. Mais maintenant, des non-Juifs ont aussi envie de voir ce Jésus qui fait des choses extraordinaires. Ce n’est pas une mauvaise chose — Jésus est venu pour attirer tous les hommes à lui (v. 32). Mais pour qu’il le fasse, il doit ouvrir la porte à tous les hommes ; il doit faire en sorte qu’il ne soit plus nécessaire d’être Juif pour accéder à Dieu. 

Comment va-t-il faire cela ? Quel est l’obstacle qui empêchait les gens d’accéder à Dieu ? Cet obstacle était le péché — les impuretés des hommes et des femmes. Si tu prends un verre d’eau pure, tu peux la boire. Mais si dans ton verre d’eau, on a mis une goutte de Destop (le produit chimique qui débouche les tuyaux), tu ne pourras plus boire cette eau — elle est complètement imbuvable à cause de cette petite goutte de Destop. C’est ainsi pour le péché. Dieu est complètement juste et parfait, et pour rester juste, il faut qu’il reste à l’écart du péché, de l’imperfection. Il ne peut pas accepter le moindre péché, car accepter même le plus petit péché le rendrait injuste. 

Alors pour faire comprendre ce problème au peuple, Dieu leur a donné sa loi. La loi a été donnée pour montrer le caractère juste de Dieu et pour faire en sorte que les péchés — les impuretés du peuple — soient effacés et expiés. Lorsque les gens lisaient la loi, ils voyaient à quel point ils étaient loin d’être assez bons pour accéder à Dieu seul. Mais puisque Dieu est juste, les enfreintes contre la loi, les enfreintes contre son caractère devaient être punies : la justice devait être faite. 

Alors ils faisaient des sacrifices. Chaque personne devait sacrifier un animal pur qui porterait sur lui les péchés, ou les fautes, de cette personne. L’animal prenait la place de la personne, il était puni à sa place. Mais peu importe combien d’animaux on sacrifiait, les péchés continuaient à revenir, et il fallait refaire à nouveau des sacrifices. Voici le grand problème : l’animal n’était pas un sacrifice parfait, parce qu’il n’était pas un être humain ; un animal ne pouvait pas porter le poids des péchés, car un animal ne peut pas pécher.

Imagine que tu veux écrire une lettre, mais ton stylo n’a plus d’encre. Alors tu décides de remplacer ton stylo, et la seule chose que tu as sous la main, c’est une banane. Ça ne va pas fonctionner. Ils ont un peu la même forme, mais une banane n’a pas les mêmes capacités pour écrire. Ce n’est pas un bon remplaçant. Il faudrait trouver un autre stylo qui a les mêmes capacités à écrire et qui a de l’encre.

C’était ainsi pour la loi : la punition du péché, c’est la mort — et un animal peut mourir. Mais un animal ne peut pas pécher, alors la punition ne convient pas ; un animal n’est pas un sacrifice totalement adéquat. La loi était donnée pour prédire le jour où Dieu enverrait un sacrifice qui soit adéquat. Et le seul sacrifice adéquat ne serait non pas un animal, mais un homme, avec les mêmes tentations, avec les mêmes faiblesses… mais qui réussirait à résister aux tentations et à ne pas pécher. Un homme qui réussirait là où les autres auraient échoué. Et cet homme ne pourrait pas être forcé de se donner, mais cet homme parfait devrait se donner librement pour les autres. Il faudrait un homme comme cela pour être capable de porter les péchés des autres sur lui ; il faudrait un tel homme pour pouvoir devenir ce sacrifice adéquat ; il faudrait un tel homme pour être capable d’être puni à la place des autres.

Et cet homme sans péché, ce sacrifice parfait, qui se donne librement pour nous, est Jésus-Christ. Pour pourvoir à ce besoin, Dieu a envoyé son Fils, Dieu lui-même, en forme humaine, pour vivre la même vie que les autres, pour subir les mêmes tentations que les autres, pour être faible comme les autres, et pour réussir là où ils ont échoué. Dieu a envoyé son Fils pour ensuite prendre nos fautes sur ses épaules, et pour être puni à notre place. Dieu est juste — il ne punira pas le même péché deux fois. Si Jésus a été puni à notre place, il ne reste plus de punition contre nous. Alors la voie entre nous et Dieu est maintenant ouverte — non seulement pour les Juifs, mais aussi pour tous ceux qui acceptent le sacrifice de Christ.

Voilà le problème que Jésus devait régler.

Mais au moment de ce récit, cela ne s’est pas encore passé. Jésus n’est pas encore mort. Il est venu, le Messie promis des Juifs, pour montrer aux Juifs que Dieu a gardé sa promesse, mais la porte est encore fermée aux autres. S’il veut laisser passer les autres peuples, il faudra que ses autres peuples passent par une autre porte : la porte du sacrifice de Jésus.

C’est pour cela que l’arrivée des non-Juifs est troublante, car elle signale pour Jésus le début de la fin. Maintenant qu’ils sont là, il sait que le moment où il doit mourir est presque arrivé. 23 Jésus leur répondit: "L'heure où le Fils de l'homme va être élevé dans sa gloire est venue". A partir de maintenant, Jésus est en marche vers sa mort. Ses enseignements s’intensifient et se clarifient, et tout ce qu’il dit par la suite est dit dans le contexte de sa mort qui approche.

Et voici que toute le génie et la générosité de Jésus est révélé. Alors qu’il est profondément troublé par l’idée qu’il devra bientôt souffrir une torture et une mort atroces, il se sert de sa mort imminente pour  enseigner : pour expliquer non seulement ce qu’il est en train de faire, mais aussi pour être un modèle pour ses disciples, pour leur expliquer à quoi doit ressembler leur vie s’ils veulent le suivre. 

2) La mort et la vie (v. 23-25)

23 Jésus leur répondit: " L'heure où le Fils de l'homme va être élevé dans sa gloire est venue. 24 En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul; mais s'il meurt, il porte beaucoup de fruit."

Jésus dit qu’il va bientôt mourir (cette phrase “le Fils de l’homme va être élevé” parle de sa mort ; il y a déjà fait allusion dans le chapitre 3), mais il dit que cette mort va servir à produire un effet positif.

Il utilise l’image la transformation d’un grain en plante ; si un grain n’est jamais planté, rien ne se passe ; il reste inchangé, et nous ne récoltons aucune plante, aucun fruit. Mais si un grain est “enterré” dans la terre, un changement a lieu — il fait pousser une plante, et désormais ce petit grain donne lieu à quelque chose de bien plus merveilleux.

Il dit à ses disciples : “Je vais mourir, oui — l’heure est venue. Mais cette mort produira quelque chose d’infiniment meilleur — elle portera beaucoup de fruit. Elle ouvrira la porte entre Dieu et tous les peuples du monde ; elle paiera le prix de la rébellion du monde entier ; elle effacera les fautes qu’ils ont commises et qu’ils commettrons ; enfin, Dieu et les hommes et les femmes qu’il a créés pourront être unis.” Voyez-vous, Jésus avait toujours en tête une vision eschatologique — il avait les yeux constamment fixés sur la fin, sur ce qui allait venir un jour : un monde renouvelé, un monde où le péché qui a provoqué toutes les misères du monde serait enfin aboli, un monde où tous les obstacles à la joie de l’humanité seraient enlevés. Mais pour arriver à ce jour, il faut que Jésus meure. Il faut d’abord qu’il ouvre cette porte. Alors il dit : "si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul; mais s'il meurt, il porte beaucoup de fruit."

Et cette vérité qu’il applique à lui-même en premier lieu, Jésus l’applique ensuite à ses disciples : 25 Celui qui aime sa vie la perdra et celui qui déteste sa vie dans ce monde la conservera pour la vie éternelle. Cette phrase est difficile à comprendre ; lorsque Jésus dit “celui qui aime sa vie… celui qui déteste sa vie…” il emploie une phrase idiomatique fréquente parmi les Juifs qui parle d’une préférence fondamentale. Pour bien le comprendre, on pourrait dire la phrase autrement : Celui pour qui la vie dans ce monde est prioritaire la perdra ; celui pour qui la vie dans ce monde n’est pas prioritaire la conservera.

C’est un enseignement extrêmement difficile, car une vie heureuse dans ce monde est prioritaire pour tout le monde — une vie heureuse est la motivation derrière toutes nos décisions, tous nos actes. Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi nous faisons les choses que nous faisons, ou aimons ce que nous aimons ? Nous vivons tous pour quelque chose, et ce “quelque chose”, c’est le bonheur, ou le plaisir. Même les personnes qui n’aiment pas leur vie font tout pour améliorer leur sort, pour trouver du plaisir qu’elles n’ont pas actuellement — et cela concerne même, dit Pascal, celles qui se suicident, car elles recherchent le plaisir d’en avoir terminé, d’être enfin en paix. Lorsque les gens font du sport, ils veulent le plaisir du jeu, ou alors le plaisir physique que le sport produit. Lorsque les gens travaillent, peut-être qu’ils n’ont pas de plaisir dans leur travail, mais ils ont besoin d’argent pour faire ce qui leur fait plaisir. Lorsque les gens soignent leur image, ils aiment le plaisir procuré par le regard des autres. Lorsque les gens font l’amour avec celui ou celle qu’ils aiment, ils cherchent le plaisir de cet acte d’intimité. 

Le désir du bonheur est la motivation derrière tout ce que nous faisons — y compris les chrétiens. Nous voulons tous être heureux, nous voulons tous vivre des vies heureuses. Alors lorsque nous lisons ce que Jésus dit — qu’il ne faut pas aimer notre vie dans ce monde — on pourrait se dire qu’on a trouvé une raison pour rejeter le christianisme. Car qui ne veut pas être heureux dans ce monde ? Qui ne veut pas aimer sa vie ? 

Mais en réalité, Jésus dit l’inverse de ce que nous croyons. Il ne dit pas qu’il faut renoncer au plaisir, qu’il faut renoncer au bonheur — il dit seulement qu’il faut trouver son plaisir au bon endroit. Jésus ne dit pas qu’il ne faut pas être heureux, ou qu’il ne faut pas vouloir être heureux. Il dit tout le contraire, car il fait un appel au désir : celui qui déteste sa vie dans ce monde la CONSERVERA pour la vie éternelle. Il ne dit pas que nous perdrons notre vie si nous le suivons, mais que nous trouverons la vraie vie à ses côtés ! Notre problème est que notre idée de la vraie vie est très loin de la réalité. Il demande que ses disciples acceptent un échange : leur soi-disant “belle vie” maintenant contre une vie réellement et infiniment plus belle plus tard. Il dit que ce n’est pas une mauvaise chose de vouloir notre bonheur, notre plaisir, pourvu que nous trouvions ce bonheur et ce plaisir au bon endroit. 

Nous essayons de trouver du plaisir ultime, un plaisir qui comble cette soif de bonheur que nous avons à des endroits où il n’est pas. Comme dit C. S. Lewis (citation que vous connaissez bien si vous êtes ici depuis quelque temps) : “Nous sommes des créatures qui se contentent du médiocre, qui courent après la boisson, le sexe et la gloriole, alors que des joies infiniment plus élevées leur sont offertes. Nous ressemblons à un enfant qui persiste à vouloir trouver son bonheur en faisant des pâtés avec la boue à bord d’une flaque d’eau et qui refuse un séjour au bord de la mer, parce qu’il ne peut le concevoir. Nous nous satisfaisons beaucoup trop facilement.”

Jésus nous dit deux choses ici qui, si nous les prenons au sérieux, sont capables de changer notre vie. Premièrement, il nous dit que notre désir du bonheur n’est pas une mauvaise chose — nous ne sommes pas obligés de prendre un vœu de misère, contrairement à ce que disent certaines religions. Il serait même dommage de le faire, car Dieu nous a créés pour être heureux, et pour être heureux en lui — et finalement, il est la seule source capable de nous donner ce bonheur, ce plaisir, qui nous comble et nous satisfait pour l’éternité. Comme dit le Psaume 16.11 : Il y a d’abondantes joies devant ta face, des plaisirs éternels à ta droite.

Et deuxièmement, il nous dit que la seule manière d’obtenir la vie éternelle est de poursuivre ce bonheur et ce plaisir en lui : de renoncer et de “mourir à” tous ces petits plaisirs pathétiques sur lesquels nous dépensons toute notre énergie, et de trouver en lui le seul plaisir qui satisfait, le bonheur pour lequel nous sommes créés. La mort et la vie dont Jésus parle consistent à la réorientation de nos plaisirs, pour les fixer sur lui-même et la vie éternelle qu’il donne, car lui seul peut nous satisfaire. Celui qui déteste sa vie dans ce monde la conservera pour la vie éternelle. Tu veux garder ta vie ? Tu veux avoir la vie ? Il faut trouver ton plaisir là où il doit être trouvé. C’est ce que veut dire le salut — la vie chrétienne n’est rien d’autre que la mort aux plaisirs insignifiants pour trouver son bonheur là où il peut vraiment être satisfait.

3) Le sommet du désirable (v. 26-28)

Si vous n’êtes pas encore convaincus, Jésus termine cette partie de son discours par un deuxième appel au désir ; il l’a fait dans le verset 25, et il le fait encore dans le verset 26. 26 Si quelqu'un me sert, qu'il me suive, et là où je suis, là aussi sera mon serviteur. “Là où je suis” ? Il vient de dire qu’il va bientôt mourir ! Il les encourage à le suivre dans cette voie de douleur… mais il leur promet encore deux récompenses, et je crois que ces récompenses ensemble forment la raison pour laquelle la vie éternelle promise est si merveilleuse. 

Il dit dans la deuxième moitié du v. 26 : Si quelqu'un me sert, le Père l’honorera. (Voilà la première récompense.) 27 Maintenant mon âme est troublée. Et que dirai-je? Père, délivre-moi de cette heure ? Mais c'est pour cela que je suis venu jusqu'à cette heure. (Et voici la deuxième récompense :) 28 Père, révèle la gloire de ton nom ! On voit que c’est une récompense parce que c’est pour cela que Jésus prie — il ne prie pas pour sa libération, il ne prie pas qu’il soit épargné la souffrance… Il dit que celui qui sert Jésus sera honoré par le Père, et il prie que Dieu révèle la gloire de son nom. 

La vie est une belle chose à désirer, et si nous voulons la garder, il faut d’abord voir que cette vie n’est pas l’essentiel — même si cette vie est désirable, elle n’est pas le sommet du désirable. Le sommet du désirable, c’est autre chose encore : c’est la joie immense d’être honoré par notre Père et de voir sa gloire. Il les encourage — il nous encourage — à préférer le suivre sur cette voie de douleur temporaire pour gagner la joie éternelle d’entendre le Dieu de l’univers nous dire : C'est bien, bon et fidèle serviteur; tu as été fidèle en peu de chose, je te confierai beaucoup. Viens partager la joie de ton maître (Matthieu 25.23). Il nous encourage à supporter la calomnie, la persécution, et même peut-être la mort, afin de pouvoir voir le jour où la terre sera remplie de la connaissance de la gloire de l’Eternel, tout comme le fond de la mer est recouvert par l’eau (Habakuk 2.14).

Je sais que nous avons du mal à le croire, mais nous devons croire ce que notre Père nous dit. Jack aime beaucoup la Tour Eiffel, et jeudi nous avons décidé de l'y emmener pour qu’il la voie de près. Jack se lève tôt — vers 6h30 — et dès son réveil, il veut jouer. Il n’aime pas le processus de s’habiller et de se brosser les dents ; il veut aller jouer tout de suite. On aurait pu le laisser jouer dans sa chambre, mais on lui expliquait que s’il nous laissait prendre le temps de l’habiller, de lui mettre ses gants et son manteau, il y aurait une belle surprise à la fin — un plaisir bien plus grand que jouer avec ses jouets dans sa chambre. Il n'a pas compris ni pourquoi ni comment ; mais puisque nous sommes ses parents, il nous a fait confiance. Il nous a laissé mettre ses vêtements, puis son manteau. Il a renoncé à jouer dans sa chambre parce que nous lui avons promis un plus grand bonheur plus tard. Et nous avons gardé notre promesse — au pied de la Tour Eiffel, il a vu que tous ces moments pénibles pour lui à la maison valaient bien la peine.

Dieu nous a créés, et il nous a créés pour fonctionner d’une certaine manière, et pour trouver notre satisfaction d’une certaine manière. Nous avons parfois du mal à imaginer pourquoi son honneur et sa gloire seraient une raison de nous réjouir, une joie qui nous comblerait, mais il nous dit que c’est ainsi. Alors nous lui faisons confiance ; nous acceptons de passer par la douleur maintenant afin d’être honorés par notre Père à la fin. Nous croyons que cette joie infinie et totale sera à nous, et cette espérance nous permet de nous réjouir dans nos difficultés et d’apprécier correctement notre vie dans ce monde, puisque notre vie dans ce monde n’est pas notre plus grand plaisir.

Conclusion

Paris est un lieu où on est encouragé à construire sa vie pour en tirer le maximum de plaisir possible. Mais après quelque temps on se rend compte que le résultat est toujours très loin des attentes. Nous vivons pour des plaisirs qui finissent par nous rendre misérables, ou au mieux, qui ne donnent pas le résultat souhaité (comme le premier épisode de Star Wars). Ce n’est pas que ce désir de plaisir est mauvais, mais seulement qu’il est dirigé vers le mauvais endroit. C’est insensé de prendre un désir de satisfaction absolue et le diriger vers des choses qui ne peuvent pas donner la satisfaction absolue. C’est stupide de chercher un plaisir ultime dans des choses qui ne peuvent pas répondre à cette recherche. Le prophète Jérémie dit que c’est comme si pour satisfaire notre soif, nous nous creusions des citernes fissurées qui ne retiennent pas l’eau (Jérémie 2.13). Nous le faisons parce que nous pensons ne pas avoir de choix — si nous ne cherchons pas notre plaisir ici, où pourrons-nous le trouver ?

Jésus nous l’a dit : la satisfaction éternelle, le plaisir ultime — la vie à aimer — se trouvent en lui et la vie éternelle qu’il donne, en l’honneur de notre Père et à la gloire de son nom. Et il est stupéfiant de considérer que la vie éternelle est librement et souverainement donnée — c’est Jésus qui nous attire à lui — et qu’il nous attire à lui en faisant un appel à notre désir. Veux-tu être satisfait dans la vie ? Veux-tu aimer ta vie ? Alors donne la priorité à la vie éternelle, et non seulement tu conserveras la vie que tu as (tu ne la perdras pas !), mais tu verras la joie de ta vie augmentée au plus haut degré, et elle durera pour toujours — tu conserveras ta vie pour la vie éternelle.

Alors je vous invite aujourd’hui à considérer vos vies et vos désirs. Si vous n’êtes pas chrétien, si vous ne suivez pas Jésus, demandez-vous si quelqu’un peut vraiment vous proposer quelque chose de meilleur. La vie éternelle n’est pas une vie ennuyeuse, où nous passerons l’éternité à jouer à la harpe sur un nuage. La vie éternelle est une vie où nous serons parfaitement satisfaits, où nos plaisirs réorientés seront comblés à l’infini. Il ne peut y avoir rien de meilleur. Alors je vous invite avec Jésus à donner la priorité à une vie qui peut vraiment combler votre désir du bonheur. C’est une très bonne affaire de renoncer à une vie dont les plaisirs sont minuscules pour recevoir une vie où les plaisirs sont infinis.

Et si vous êtes chrétien, si vous appartenez à Christ aujourd’hui, je vous invite à examiner votre vie, pour savoir où sont vraiment dirigés vos désirs et vos plaisirs. Où est votre trésor ? A quoi réfléchissez-vous ? Sur quoi dépensez-vous votre temps, votre argent, votre énergie ? Et si après avoir honnêtement examiné votre vie, vous voyez que Jésus n’est pas vraiment votre trésor, que votre vrai plaisir ne se trouve pas en lui mais en autre chose — que ce soit les loisirs, la famille, le travail… — je vous invite à considérer que toutes ces choses vont vous décevoir si vous en faites une idole. J’aime Loanne, mais elle serait un dieu terrible. J’aime mon fils, mais il ne sait même pas nouer ses propres lacets — il ne peut pas supporter le poids d’être mon dieu. Le sport fait un très mauvais dieu ; le travail fait un très mauvais dieu ; les loisirs font un très mauvais dieu. Si nous en faisons une idole, chacune de ces choses nous décevra. Mais si nous préférons la vie éternelle, si c’est vers elle que nous fixons les yeux, si c’est en Jésus, en l’honneur du Père et en la gloire de son nom, que nous trouvons notre plaisir, nous avons la promesse que nous ne perdrons pas notre vie, mais nous la conserverons. Finalement lorsque Jésus est à sa place, tout le reste reprend sa place aussi, et nous pouvons l’apprécier correctement.

Celui qui aime sa vie la perdra et celui qui déteste sa vie dans ce monde la conservera pour la vie éternelle. Si quelqu'un me sert, qu'il me suive, et là où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu'un me sert, le Père l'honorera. Père, révèle la gloire de ton nom !