Le plan des hommes, le plan de Dieu

Jean 11.45-57

Jason Procopio

J’aime beaucoup la série 24, cette série où Jack Bauer se sert d’une violence extrême mais justifiable pour sauver le monde. Je sais que certains ne sont pas d’accord avec moi à ce niveau, surtout Loanne, mais j’en parle juste pour donner un exemple de ce qui va suivre. Au début de la saison 6, nous voyons Jack dans une prison chinoise. Il est là depuis longtemps, et il porte sur son dos les marques de sa torture. Dans le premier épisode de la saison 6, il est libéré par les chinois, il arrive aux U.S., et il découvre que la raison pour laquelle les Américains ont battu pour qu’il soit libéré est qu’un terroriste menace le pays d’une bombe nucléaire. Et sa condition pour ne pas faire exploser cette bombe, c’est que les Américains lui livre Jack Bauer. Les Etats-Unis demande à Jack de se sacrifier pour sauver la nation. Et il accepte—il se livre aux terroristes pour sauver le pays.

Ce même type de situation est au cœur de notre texte d’aujourd’hui. Mais avant de l’examiner, faisons un petit rappel de ce qui l’a précédé. La semaine dernière nous avons vu ensemble l’histoire de la résurrection de Lazare. Un ami de Jésus est mort, alors Jésus vient et avec deux mots seulement—Lazare, sors !—il ressuscite son ami, qui sort du tombeau vivant. C’est une preuve extraordinaire que Jésus a la puissance de vaincre la mort.

Jusqu’ici dans l’évangile selon Jean, l’activité de Jésus suscite deux réactions : soit les gens voient ce qu’il fait et ce qu’il dit, croient en lui et le suivent ; soit ils voient ce qu’il fait et ce qu’il dit, y voient une menace, et veulent le tuer. On l’a vu dans le chapitre 10, où la foule entend Jésus qui dit : Moi et le Père, nous sommes un (10.30), et qui essaient de le lapider. Mais cette fois-ci, la réaction des gens passent à une échelle plus grande.

I. Le contexte

45 Beaucoup de Juifs qui étaient venus auprès de Marie et qui virent ce que Jésus avait fait crurent en lui. 46 Mais quelques-uns d'entre eux allèrent trouver les pharisiens et leur racontèrent ce que Jésus avait fait. 47 Alors les chefs des prêtres et les pharisiens rassemblèrent le sanhédrin… 

Une affaire du conseil

Pour comprendre la portée de ce qui se passe, il faut comprendre le contexte historique. Le peuple juif vivait à l’époque de Jésus sous l’occupation romaine. Rome leur avait donné une certaine autonomie limitée : ce sont les juifs qui réglaient entre eux les affaires internes, et Rome n’intervenait qu’à partir du moment où la situation avait une portée nationale. Le sanhédrin était le conseil des juifs sous Rome—c’est lui qui gérait les affaires internes. 

Jusqu’ici l’activité de Jésus suscitait de l’opposition, mais c’était une opposition limitée—il s’agit des événements localisés, des foules individuelles qui se mobilisaient contre lui. A partir de maintenant, le ministère de Jésus devient une affaire plus grande—il ne s’agit plus des foules seulement, mais le conseil des juifs, le sanhédrin, est rassemblé pour régler le problème de cet homme Jésus.

Une menace imminente

47 Alors les chefs des prêtres et les pharisiens rassemblèrent le sanhédrin[a] et dirent: «Qu'allons-nous faire? En effet, cet homme fait beaucoup de signes miraculeux. 48 Si nous le laissons faire, tous croiront en lui et les Romains viendront détruire et notre ville et notre nation.» 

Nous le disons presque chaque semaine depuis le début de l’évangile : Jésus fait des miracles afin de prouver qu’il est le Fils de Dieu, le Messie qui devait venir. Rappelons-nous que les prophètes juifs avaient prédit la venue d’un Sauveur, qu’ils appelaient le “Messie”, qui allait libérer le peuple. Les miracles de Jésus provoquent l’effet souhaité : les gens voient ce qu’il fait et croient qu’il est le Messie. Bien sûr, ces juifs qui vivent sous l’occupation romaine entendent le mot “libérer” et pensent : “Il va nous libérer de l’occupation romaine.” La chose logique à faire est donc de prendre Jésus est de le faire devenir roi.

En tout cas c’est ce que craint le sanhédrin. Ils voient en Jésus une menace imminente—car si le peuple prend Jésus et l’instaure comme roi, les Romains vont voir cela comme une menace à leur pouvoir. Ils vont venir enlever le temple et écraser le peuple. L’enjeu ici est énorme—la manière de vivre du peuple juif est menacée, l’autorité du conseil est menacée, l’avenir de la nation d’Israël est menacé.

Une solution pratique

Alors le grand-prêtre, Caïphe, propose une solution. 49 L'un d'eux, Caïphe, qui était grand-prêtre cette année-là, leur dit: «Vous n'y comprenez rien; 50 vous ne réfléchissez pas qu'il est dans notre intérêt qu'un seul homme meure pour le peuple et que la nation tout entière ne disparaisse pas.»

La solution est pratique et finalement très simple: tuer Jésus afin que les Romains ne nous tuent pas. Substituer Jésus pour nous. Mieux vaut sa mort que la nôtre. Si Jésus meurt, nous n’aurons plus de problème : les gens verront qu’il n’était pas vraiment le Messie, ils se calmeront, et les Romains ne viendront pas nous enlever notre pouvoir et notre autonomie.

La mise en place de la solution

53 Dès ce jour, ils tinrent conseil pour le faire mourir. 54 C'est pourquoi Jésus ne se montra plus ouvertement parmi les Juifs, mais il se retira dans la région voisine du désert, dans une ville appelée Ephraïm, où il resta avec ses disciples. 55 La Pâque des Juifs était proche et beaucoup de gens montèrent de la campagne à Jérusalem avant la Pâque pour se purifier. 56 Ils cherchaient Jésus et se disaient les uns aux autres dans le temple: «Qu'en pensez-vous? Ne viendra-t-il pas à la fête?» 57 Or les chefs des prêtres et les pharisiens avaient donné l'ordre que, si quelqu'un savait où était Jésus, il le dénonce, afin qu'on l'arrête.

Alors ils décident de tuer Jésus. Jusqu’alors, Jésus a toujours réussi à s’échapper à la foule qui essayait de le tuer ; mais il ne pourra pas se cacher longtemps du sanhédrin. Comme j’ai dit, l’intensité de sa persécution augmente de plusieurs crans. Jésus se retire et se cache, au moins pour l’instant. Et nous voyons dans les versets qui suivent que la peur du sanhédrin est justifiée. Les juifs vont à Jérusalem pour la Pâque—la plus grande fête nationale des juifs—et ils cherchent Jésus de partout. De leur côté, le sanhédrin donne l’ordre de leur dire si Jésus se montre à la fête.

La solution de Caïphe, la solution de Dieu

Caïphe, le grand-prêtre, a proposé sa solution au problème de Jésus au v. 50 : Vous ne voyez pas qu'il est de notre intérêt qu'un seul homme meure pour le peuple, pour que la nation ne disparaisse pas tout entière? (Semeur) Tout à l’heure nous avons sauté les versets 51 et 52. Ces deux versets sont la clé pour comprendre ce qui se passe vraiment ici (c’est pour cela que je les ai gardés pour la fin). Ce sont deux versets choquants, et ils doivent vibrer comme un bang sonique dans notre raisonnement : 51 Or il ne dit pas cela de lui-même, mais comme il était grand-prêtre cette année-là, il prophétisa que Jésus devait mourir pour la nation.

Lorsqu’on voit que quelqu’un “prophétise” dans la Bible, ça veut dire que la personne parle sous l’inspiration de l’Esprit de Dieu. Ça veut dire que l’Esprit de Dieu révèle quelque chose à quelqu’un, qui par la suite transmet cette information aux autres. C’est ce qui se passait pour Caïphe dans ce texte : Dieu lui a révélé cette idée—qu’il serait mieux que Jésus meure pour le peuple—que Caïphe a transmise aux autres.

Il y a une certaine confusion qui peut entrer en jeu ici—“Est-ce que ça veut dire que ce que Caïphe disait était juste ? On a l’impression que Caïphe est un des méchants : comment peut-il parler pour Dieu ?” Le texte ne nous dit pas si Caïphe était conscient que c’est Dieu qui l’inspirait à parler ainsi. Peut-être que oui, peut-être que non. Mais même s’il savait que c’était Dieu qui avait inspiré ses mots, il est fort probable qu’il ne comprenait pas la portée de ce qu’il disait, car Jean ajoute quelque chose que Caïphe n’aurait jamais voulu : 51 Or il ne dit pas cela de lui-même, mais comme il était grand-prêtre cette année-là, il prophétisa que Jésus devait mourir pour la nation. 52 Et ce n'était pas pour la nation seulement, c'était aussi afin de réunir en un seul corps les enfants de Dieu dispersés. 

Jean essaie de nous dire que même si c’est Caïphe qui a dit ses mots, ils sont réellement venus de Dieu. Ce n’était pas le plan de Caïphe que Jésus soit tué, c’était le plan de Dieu. C’est Dieu qui a voulu que son Fils soit tué.

II. Implications

C’est un petit passage qui tourne autour de ces deux petits versets. Mais ces deux versets ont des implications gigantesques. Il y en a beaucoup que nous pourrions voir, mais on va se contenter d’en voir trois. 

1. Dieu a prévu que Jésus meure.

Quand j’étais petit on racontait une histoire à l’école du dimanche qui m’a un peu traumatisé. On la racontait pour tenter d’expliquer ce qui s’est passé à la croix. On a l’opérateur d’un pont-levis qui un jour doit amener au travail avec lui son petit enfant de trois ans. Il est en train de travailler, et à un moment donné il se rend compte que son enfant n’est plus à côté de lui. Il regarde un peu et aperçoit que son enfant est descendu sur l’engrenage du pont. Il commence à descendre pour le récupérer, lorsqu’il entend le bruit d’un train qui arrive. Il regarde, et voit que c’est un très grand train de passager. Le train arrive vite, et évidemment le conducteur du train ne voit pas que le pont est levé. Alors l’opérateur doit faire un choix. S’il laisse le pont levé, des centaines de personnes s’écraseront contre le pont ; mais s’il descende le pont, son fils sera écrasé dans l’engrenage. Il réfléchit pendant un instant, et le cœur brisé, il décide de faire descendre le pont—il sacrifie son fils afin que les voyageurs du train puissent vivre.

On voit bien l’image que l’histoire tente de nous donner par rapport au choix de Dieu d’envoyer son Fils mourir à la croix. Mais c’est une image qui selon la Bible est absolument fausse.

D’un côté, on a les mots de Caïphe, qui ont un sens pour lui. De l’autre côté, ces mots sont aussi les mots de Dieu, qui ont un autre sens pour lui. Lorsqu’il dit : Vous ne voyez pas qu'il est de notre intérêt qu'un seul homme meure pour le peuple, ces mots “de notre intérêt” sont la traduction du mot grec sumféro (συμφέρω), qui est plus souvent traduit par les mots “avantageux”, “meilleur” ou “bon”. Littéralement, Dieu dit ici : “Il est meilleur, il est bon, qu’un homme meure pour le peuple.” 

Nous avons vu la semaine dernière que lorsque l’homme s’est rebellé contre Dieu, le péché (ce qui veut dire la corruption, la rebellion, l’imperfection) entre dans le monde. On peut imaginer que lorsque l’homme s’est rebellé, Dieu a réagi à son plan qui ne fonctionnait plus.

Mais la mort de Jésus n’était pas une réaction de la part de Dieu au péché de l’homme. Avant la création même, le plan de Dieu était que Jésus soit sacrifié. C’était le plan de Dieu depuis le départ, et c’est le meilleur plan possible. Dieu n’est surpris par rien ; il n’est jamais pris au dépourvu. Nous pourrions imaginer que ça aurait été mieux que Dieu créé le monde parfait et que l’homme continue à vivre en unité avec lui. Mais ce texte nous dit que ce n’est pas le cas. La mort de Jésus pour les péchés de l’humanité est meilleure que si le péché n’avait jamais existé. Pourquoi ?

2) Dieu a prévu que Jésus prenne notre place.

51 Or il ne dit pas cela de lui-même, mais comme il était grand-prêtre cette année-là, il prophétisa que Jésus devait mourir pour la nation. L’idée de Caïphe, c’est que Jésus prenne la place du peuple. Il avait peur que les Romains viennent tuer les Juifs qui voulaient instaurer Jésus comme Roi, alors pour Caïphe, la solution était de tuer Jésus afin que les Romains ne tuent pas les Juifs.

Il avait raison, mais pas comme il le pensait. Ce n’était pas pour sauver les Juifs de la colère des Romains que Dieu a envoyé Jésus mourir, mais pour nous sauver de la colère de Dieu. Cette vérité est à la base de la doctrine chrétienne, et c’est une vérité qu’il faut bien comprendre. Mais pour comprendre la substitution, il faut d’abord comprendre la nécessité de la substitution.

Dieu est un Dieu juste. Et puisqu’il est juste il doit faire justice—c’est-à-dire, il doit traiter chacun selon leurs actes. Nous comprenons tous cela jusqu’à un certain point : pourquoi sommes-nous outrés lorsque nous voyons des personnes abusées ? Pourquoi mettons-nous en colère lorsque le gouvernement agit de manière injuste ? Pourquoi sommes-nous mobilisés lorsque les autres sont maltraités ? Parce que nous sommes créés en l’image de Dieu. Nous avons envie de voir la justice faite, car Dieu est juste.

Mais ce désir de justice que nous avons tous nous condamne, puisque nous nous sommes rebellés contre le Dieu qui nous a créés. Et cette rébellion n’est pas une petite chose, car à la base, la rébellion contre Dieu, le péché, n’est rien d’autre qu’aimer autre chose plus que Dieu. Si on imagine que préférer autre chose plutôt que Dieu n’est pas une chose très grave, c’est que nous sous-estimons de loin sa valeur. C’est un affront contre la justice…et ça aussi, nous le comprenons. 

Victor Lipman, un manager pour plusieurs entreprises à grand succès depuis des décennies, a écrit un article dans le magazine Forbes, où il dit : “Pendant des années de management, j’ai dû assister à des milliers d’évaluations de personnel, à la fois en tant qu’employé et en tant que manager qui devait en revoir les résultats et proposer des solutions. Le problème qui est survenu dans littéralement chaque évaluation était le manque de reconnaissance.” Lorsque nous faisons bien notre travail, nous avons envie d’être reconnus pour ce travail, et si nous ne le sommes pas, nous sommes contrariés. Nous savons tous que ne pas donner cette reconnaissance, ne pas estimer la valeur méritée d’un travail fait, ou d’une qualité, n’est pas bien. Nous savons que nous devrions rendre la reconnaissance à celui ou à celle qui la mérite.

Alors commencez-vous à comprendre notre problème ? Dieu est le Créateur de tout l’univers ; il est absolument parfait dans ses attributs, absolument glorieux, absolument précieux. Et nous ne l’estimons pas en tant que tel. Nous avons préféré à Dieu toutes sortes de choses sans importance—même s’il s’agit de bonnes choses. Le mal ici ne se trouve pas dans la chose que nous avons aimé, mais dans le fait que nous l’avons aimé plus que Dieu. Ne pas reconnaître la valeur infinie de Dieu représente déjà un affront infiniment grand. Et non seulement nous ne l’estimons pas en tant que Dieu, mais nous nous rebellons contre lui de manière active. Notre rébellion contre lui est un acte infiniment grave.

Alors si la justice sera faite, la seule réaction juste de sa part est une punition infinie—c’est-à-dire, la mort, la séparation éternelle de Dieu, source de la vie. Lorsqu’on parle de “la colère de Dieu”, c’est de cela qu’on parle. Dieu est juste, et donc il est en colère contre la rebellion, et cette colère est juste. Pour que Dieu reste juste, il faut que la justice soit faite ; il faut que la rebellion soit punie ; il faut que les rebels soient à jamais séparés de lui dans l’enfer. Et si nous pensons que cette punition est injuste, c’est parce que nous sous-estimons de loin la gravité de notre rebellion contre Dieu.

MAIS. Dieu est aussi un Dieu d’amour. Il aime ceux qui l’ont trahi. Il aime ses enfants qui lui ont désobéi. Alors il a prévu une manière de rester juste et de ne pas punir ceux qu’il aime. Il a prévu que quelqu’un de parfait, qui n’avait jamais rien fait de mal, prenne notre place, que quelqu’un de parfait soit puni à notre place. Et le “quelqu’un d’autre” qu’il a prévu, c’est Jésus-Christ, qui est Dieu lui-même (cf. chapitre 1). Jésus a vécu la vie parfaite que j’aurais dû vivre, et il a subi la mort que j’aurais dû subir. Il a été séparé de Dieu par sa mort, afin que je n’aie pas besoin d’être séparé de Dieu. C’est ce qu’on appelle la grâce—nous recevons les bienfaits infinis de Dieu, alors que nous n’avons rien fait pour les mériter. Il nous a aimé à un tel point qu’il s’est donné pour nous.

Et c’est pour cela que son plan est meilleur. Si Dieu avait fait en sorte que l’homme ne se rebelle jamais contre lui, l’homme aurait pu voir la perfection et la valeur de Dieu, mais il n’aurait jamais pu voir sa grâce. Il aurait pu connaître l’intimité avec Dieu, mais il n’aurait jamais pu comprendre le soulagement incroyable d’être ré-concilié avec Dieu. Puisque Dieu a prévu que son Fils meure à notre place, nous sommes maintenant capables de voir toute la splendeur de Dieu—toute sa gloire, toute sa beauté, et toute sa grâce.

Et cette vision complète de Dieu que le sacrifice de Jésus-Christ propose est une vision qui nous attire tous. Cette idée de substitution est une idée qui résonne en chacun d’entre nous, que nous ne voulions ou non. Le théologien hollandais Herman Bavnick dit : “L’idée de la substitution est profondément enracinée dans la nature humaine.”

Nous le voyons aussi dans nos références culturelles d’aujourd’hui. Cette idée de substitution est présente dans la fin des films Matrix, Harry Potter, Le Seigneur des anneaux, de quasiment tous les films de guerre… Pourquoi sommes-nous tellement émus et attirés par des histoires où le personnage principal se donne pour le bien de quelqu’un d’autre ? Parce que ces histoires font écho à la substitution qui était prévu avant la fondation du monde. Même les références littéraires d’avant Jésus-Christ y font écho, car la substitution de Jésus-Christ pour nous à la croix était prévue une éternité avant que leurs auteurs ont eu l’idée de les écrire. Même avant que Jésus soit venu, la nécessité d’une substitution était connue par l’être humain.

Le plan de Dieu, qui a ordonné que Jésus soit sacrifié à la croix pour nous, est le meilleur plan possible, car il nous permet de voir Dieu dans toute sa splendeur et dans toute sa bonté…et au fond de nous-mêmes, nous le savons.

3) Dieu a prévu de réconcilier les nations du monde entier avec lui.

51 Or il ne dit pas cela de lui-même, mais comme il était grand-prêtre cette année-là, il prophétisa que Jésus devait mourir pour la nation. 52 Et ce n'était pas pour la nation seulement, c'était aussi afin de réunir en un seul corps les enfants de Dieu dispersés.

Caïphe ne comprenait pas ce qu’il disait. Jusqu’alors, les Juifs étaient “le peuple de Dieu”. Dieu les a choisis pour être son peuple, et ils pensaient que le Messie allait les libérer. Mais ce ne sont pas que les Juifs que le Messie Jésus est venu libérer.

Dieu avait prévu que Jésus meure pour les Juifs qui croyaient en lui, oui—mais il est mort aussi pour tous les enfants de Dieu qui ne se savaient pas encore enfants de Dieu. Nous avons vu il y a quelques semaines que Jésus dit (10.16) : J'ai encore d'autres brebis, qui ne sont pas de cet enclos; celles-là aussi, il faut que je les amène; elles écouteront ma voix et il y aura un seul troupeau, un seul berger. 

Dieu a prévu que Jésus meure à la fois pour les Juifs qui croient en lui et aussi pour tous ceux qui ne croyaient pas encore, mais qui devaient croire. 52 Et ce n'était pas pour la nation seulement, c'était aussi afin de réunir en un seul corps les enfants de Dieu dispersés. C’est une vérité incroyable—Dieu a prévu de réunir en un seul corps, l’église, ceux qui allaient croire en lui, et il voit leur foi comme tellement sure qu’il les appelle déjà “les enfants de Dieu.” Si vous croyez en Christ aujourd’hui, vous étiez déjà considéré comme un enfant de Dieu il y a deux mille ans, et même avant que le monde soit créé. Et si vous ne croyez pas encore, mais vous vous sentez attiré par cette idée, il y a de fortes chances que vous soyez déjà un enfant de Dieu…sans même le savoir

Dieu a prévu que Jésus meure afin de faire non pas une église nationale, mais une église multinationale, une église d’une telle diversité qu’elle représente toutes les nations du monde. C’est pour cela qu’il est tellement génial de vivre en ville ! Si vous passez à Châtelet-Les Halles, vous voyez une diversité de nationalités incroyable—rien que dans notre petite communauté, nous le voyons. Parmi nous il y a des gens d’origine française, américaine, camerounaise, malgache, allemande, réunionnaise, mauricienne, coréenne... 

Et c’est exactement ce que Dieu a prévu. On parle souvent du pluralisme dans notre société, du désir de créer une société pluraliste. Mais même si on réussit jusqu’à un certain point, par nous-même nous pourrons jamais vraiment créer un monde pluraliste, parce que nous avons tous été élevés dans notre contexte culturel, et nous avons des préjugés culturels dont nous ne sommes même pas conscients, et quoi que nous fassions, il est quasiment impossible de nous libérer de tous nos préjugés. A un moment où un autre, ils vont sortir. Et à ce moment-là, une culture sera rabaissée, et une autre sera élevée.

La réponse à ce problème, c’est l’évangile. Si vous regardez les pourcentages des religions qui sont présentes dans d’autres pays que leur pays d’origine, et vous les comparez au christianisme, c’est flagrant. Le christianisme est de loin la religion qui s’adapte le mieux aux autres cultures et aux autres modes de vie—même l’athée célèbre Richard Dawkins a dit le christianisme est la religion du monde la plus globalement diverse, et cette vérité témoigne en sa faveur. Tim Keller dit : “Le christianisme est le seul système qui ne ne peut dénigrer ceux avec lesquels il n’est pas d’accord—et ce, puisque Christ n’a pas dénigré ses ennemis mais est mort pour eux. Seul le christianisme peut créer un pluralisme authentique, car il est le seul système dans lequel nous sommes tous au même niveau.” C’est-à-dire : Nous sommes tous pécheurs qui ont besoin d’un Sauveur qui prend notre place.

Jeudi soir (et un peu dimanche dernier), nous avons parlé du passage dans Hébreux 12.2, qui dit que Jésus, pour la joie qui lui était réservée, a souffert la croix. Cette “joie” qui lui est réservée, c’est justement cela : la joie d’avoir rassemblé des hommes et des femmes de toutes les nations de la terre, qui forment ensemble son église, son épouse. C’est la joie d’un mari qui voit son épouse le jour du marriage : belle, glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irréprochable (Eph. 5.27). L’évangile de Jésus-Christ brise toutes les barrières de la culture, toutes les barrières de la langue, toutes les barrières nationales, puisqu’il affirme que ce n’est pas un système ou une performance morale qui nous sauve, mais la performance parfaite de Jésus à notre place. L’évangile rassemble en un seul corps les enfants de Dieu dispersés dans le monde.

Conclusion

Comprenez-vous à quel point ces trois vérités devraient être libératrices pour nous, devraient nous soulager ? Puisque Dieu a prévu que Jésus meure, nous savons qu’il n’est pas un Dieu réactionnaire, mais un Dieu proactif. Quoi qui se passe dans notre vie, nous savons que Dieu ne laisse rien au hasard—il ne réagit pas aux événements humains, mais il se sert de l’histoire humaine—y compris la tienne—pour accomplir son plan. Rien n’échappe à la puissance et à la sagesse de notre Dieu. 

Puisque Jésus s’est substitué pour nous, puisqu’il a pris notre place, nous n’avons pas besoin de dépendre de notre propre performance. Nous n’avons pas besoin d’être assez intelligents, ou assez sages, ou mêmes assez saints, puisque Jésus a été saint à notre place. Si nous échouons dans notre vie, si tout ne va pas comme nous l’avons prévu, nous ne sommes pas écrasés par l’échec, parce que notre identité ne se trouve plus dans notre performance, mais dans la performance parfaite de Christ à notre place.

Et puisque Dieu a prévu que Jésus meure pour rassembler en un seul corps ses enfants dispersés dans le monde, nous pouvons enfin être des gens qui accueillent ceux qui sont différents de nous. Nous pouvons être patients avec les différences culturelles qui nous entourent ; nous pouvons être des pionniers du vrai pluralisme. Et si Dieu a des enfants qui sont déjà à lui, nous pouvons avoir confiance à la fois dans notre avenir (puisque nous lui appartenons depuis la fondation du monde), et aussi dans nos efforts pour partager l’évangile avec ceux qui ne connaissent pas Dieu. L’évangile réussira. Les enfants de Dieu entendront sa voix lorsqu’ils l’entendent. 

La bonté et la grandeur de Dieu sont stupéfiantes. En créant le monde, il avait déjà prévu de sacrifier son Fils à notre place, afin que nous voyions toute sa splendeur. Gardons cela en tête cette semaine—que si nous voulons connaître Dieu et le voir dans toute sa plénitude, nous n’avons qu’à regarder Jésus-Christ. C’est par lui que Dieu s’est manifesté à l’humanité ; c’est par lui que nous pouvons connaître ce pour quoi nous sommes créés, ce à quoi tous nos désirs profonds font écho.