Le Fils : Le Berger qui a l'autorité

Jean 10.30-42

Jason Procopio

Jean 10.30-42 : 30 Le Père et moi, nous sommes un.» 31 Alors les Juifs prirent de nouveau des pierres pour le lapider. 32 Jésus leur dit: «Je vous ai fait voir beaucoup de belles œuvres qui viennent de mon Père. A cause de laquelle me lapidez-vous?» 33 Les Juifs lui répondirent: «Ce n'est pas pour une belle œuvre que nous te lapidons, mais pour un blasphème, parce que toi, qui es un être humain, tu te fais Dieu.» 34 Jésus leur répondit: «N'est-il pas écrit dans votre loi: J'ai dit: ‘Vous êtes des dieux’[b]? 35 S’il est vrai qu’elle a appelé dieux ceux à qui la parole de Dieu a été adressée et si l'Ecriture ne peut pas être annulée, 36 comment pouvez-vous dire à celui que le Père a consacré et envoyé dans le monde: ‘Tu blasphèmes’, et cela parce que j'ai affirmé: ‘Je suis le Fils de Dieu’? 37 Si je ne fais pas les œuvres de mon Père, ne me croyez pas! 38 Mais si je les fais, même si vous ne me croyez pas, croyez à ces œuvres afin de savoir et de reconnaître que le Père est en moi et que je suis en lui.» 39 Voilà pourquoi ils cherchaient encore à l'arrêter, mais il leur échappa. 40 Jésus retourna de l'autre côté du Jourdain, à l'endroit où Jean avait d'abord baptisé, et il y resta. 41 Beaucoup de gens vinrent vers lui; ils disaient: «Jean n'a fait aucun signe miraculeux, mais tout ce qu'il a dit à propos de cet homme était vrai.» 42 Et là, beaucoup crurent en lui.

Nous sommes en train de faire le tour de l’évangile selon Jean. Depuis deux semaines maintenant nous examinons l’enseignement de Jésus dans le chapitre 10. Il y a deux semaine, Etienne Koning nous a parlé de Jean 10.1-21, le message de Jésus le bon Berger qui donne sa vie pour ses brebis. Jésus dit qu’il est le bon Berger, et que les “brebis”, ce sont ceux qui suivent Christ ; pour utiliser un terme du monde chrétien, “les brebis” sont ceux qu’on appelle les convertis, ou les chrétiens. Alors la semaine dernière, nous sommes allés plus loin, dans 10.22-30, où Jésus est ans le temple, il est entouré de juifs qui cherchent à savoir s’il est le Messie, et Jésus explique que ces juifs ne croient pas parce qu’ils ne font pas partie de ses brebis, alors que ses brebis, les personnes qui sont à lui, entendent sa voix, il les connaît, et elles le suivent. Ce texte nous dit la vérité glorieuse que Dieu, alors que toute l’humanité est en rébellion volontaire contre lui, a quand même choisi des hommes et des femmes pour lui appartenir, qui sont depuis la fondation du monde “ses brebis”, et que c’est grâce à ce choix de Dieu qu’ils sont capables d’écouter sa voix et le suivre. Il nous dit aussi que puisque nous sommes à lui, il ne permettra jamais que nous soyons arrachés de sa main, ni de la main de son Père. C’est là où on les a laissés dimanche dernier, et c’est là qu’on les retrouvera aujourd’hui.

La réaction des juifs à ce qu’il dit, comme nous allons voir, est violente…alors Jésus lance un dernier appel à ceux qui l’écoutent. Son appel est simple, mais il le lance avec beaucoup d’intelligence. Dans ce texte nous voyons la prouesse intellectuelle de Jésus-Christ à l’œuvre—on ne prend pas toujours en compte le fait que Jésus est un génie. Il est capable d’anéantir les arguments logiques de ceux qui l’opposent, afin qu’ils n’aient que deux options—accepter ce qu’il dit, ou s’obstiner dans leur refus de croire sans avoir gagné le débat.

Aujourd’hui le message ne sera pas un simple message à trois points. On va d’abord examiner le texte et ce qu’il dit ;  ensuite on va essayer d’interpréter ce que Jésus veut dire dans son enseignement ; et puis nous allons voir comment cet enseignement va avec l’autre enseignement qu’on a vu les deux semaines passées. Regardons donc le texte ensemble, nous le prendrons petit à petit.

LE TEXTE

1. MOI ET LE PÈRE, NOUS SOMMES UN

Dans les v. 26-29, que nous avons vu dimanche dernier, le discours de Jésus est d’une franchise incroyable : il dit aux juifs que la raison pour laquelle ils ne croient pas, c’est qu’ils ne font pas partie de ses brebis. Ses brebis écoutent sa voix—il les connaît et elles le suivent, et il leur donne la vie éternelle, et personne ne pourra les arracher à sa main, ni à la main de son Père. Et il termine cet encouragement avec une phrase qui est encore une fois très chargée de sens. Au verset 30, il dit: Moi et le Père, nous sommes un.

C’est une phrase à double tranchant. D’abord, comme on a vu dimanche, cela veut dire que Jésus et son Père sont complètement unis dans leur détermination à protéger le salut de leurs enfants—c’est pour cela qu’il précise dans les versets précédents que personne ne peut nous arracher ni à sa main, ni à la main de son Père. Ils sont un dans leur travail de protection de leurs enfants.

Mais la phrase a une connotation plus étendue encore, et c’est cette partie de la phrase qui fait réagir les juifs. Lorsqu’il dit que Moi et le Père, nous sommes un, il fait écho à ce que Jean nous dit depuis le début de l’évangile : que tout comme le Père est Dieu, Jésus est aussi Dieu. Ce que Jésus dit ici, c’est la même chose que ce que Jean dit au début de l’évangile, mais sous une autre forme.—1.1 : Au commencement, la Parole [Jésus] existait déjà. La Parole était avec Dieu et la Parole était Dieu. 

Et les juifs, considère cela comme du blasphème. Le judaïsme est une religion monothéiste—c’est-à-dire, une religion qui dit qu’il n’y a qu’un seul Dieu. 31 Alors les Juifs prirent de nouveau des pierres pour le lapider. 32 Jésus leur dit: «Je vous ai fait voir beaucoup de belles œuvres qui viennent de mon Père. A cause de laquelle me lapidez-vous?» 33 Les Juifs lui répondirent: «Ce n'est pas pour une belle œuvre que nous te lapidons, mais pour un blasphème, parce que toi, qui es un être humain, tu te fais Dieu.» 

Il faut admettre que leur réaction à ce qu’il a dit—Moi et le Père, nous sommes un—est logique. Le christianisme aussi est une religion monothéiste, mais pour nous il y a une vérité qui colore notre monothéisme de manière très importante. La Bible affirme bien qu’il n’y a qu’un seul Dieu, mais que ce Dieu existe depuis l’éternité en trois personnes : le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Il est extrêmement difficile—voir impossible—de comprendre comment Dieu peut être à la fois un et plusieurs. Et pourtant c’est ce qu’on voit dans la Bible. Elle nous dit que le seul et unique Dieu est trois. Elle nous dit que ces trois personnes de Dieu sont complètement égales dans leurs attributs—chacune a la même nature divine ; que même si ces trois personnes sont complètement et pleinement Dieu, elles ne sont pas identiques. C’est une vérité qui est impossible à comprendre, et c’est normal—Dieu a une nature au-dessus de tout ce que nous pouvons imaginer ; il est normal qu’il soit incompréhensible.

Mais le fait que c’est une vérité qui est impossible à comprendre ne signifie pas qu’elle soit impossible à accepter. Au contraire, une partie de notre travail en tant que chrétiens consiste à faire confiance à ce que nous voyons dans la Bible, même si nous ne le comprenons pas. Pas avec une confiance aveugle qui ne va jamais réfléchir, mais une confiance comme celle d’un enfant qui fait confiance à son Père. Il l’harcèlera avec toutes les questions possibles et imaginable, et il va comprendre certaines choses, mais à un moment ou un autre le Père va dire : “Tu es trop jeune pour comprendre—fais-moi confiance.” Et c’est aussi ce que devaient faire les juifs de l’époque. Alors par la suite Jésus va démontrer que les juifs ne faisaient pas ce travail qu’ils auraient dû faire. Il va démontrer les failles dans leur logique. Et il le fait de manière un peu compliquée, mais finalement géniale. 

2. “VOUS ÊTES DES DIEUX.”

Jésus aurait pu leur demander simplement de prendre ce qu’il disait comme la Parole de Dieu—après tout, il était le Fils de Dieu, il avait l’autorité de demander aux gens de croire ce qu’il dit, point. Mais il a reconnu l’inutilité d’argumenter de cette manière : il faut déjà reconnaître qu’il a cette autorité avant de pouvoir faire confiance à ce qu’il dit, et ce n’était pas le cas pour les juifs. Alors il fait appel à ce qu’ils reconnaissaient comme ayant de l’autorité, c’est-à-dire, leurs Ecritures saintes, l’Ancien Testament.

34 Jésus leur répondit: «N'est-il pas écrit dans votre loi: J'ai dit: ‘Vous êtes des dieux’ ? 35 S’il est vrai qu’elle a appelé dieux ceux à qui la parole de Dieu a été adressée et si l'Ecriture ne peut pas être annulée, 36 comment pouvez-vous dire à celui que le Père a consacré et envoyé dans le monde: ‘Tu blasphèmes’, et cela parce que j'ai affirmé: ‘Je suis le Fils de Dieu’?

C’est compliqué. Jésus ne nous dit pas que nous sommes des dieux—il n’enseigne pas du monisme. Dans ces versets Jésus cite le Psaume 82, et ce serait une bonne idée que nous lisions ensemble le passage qu’il cite (pas besoin de tourner, je le mettrai sur l’écran). Ps. 82.1-8 : Dieu se tient dans l’assemblée de Dieu, il juge au milieu des dieux«Jusqu’à quand jugerez-vous de façon injuste et favoriserez-vous les méchants? »Rendez justice au faible et à l’orphelin, faites droit au malheureux et à l’indigent, sauvez le faible et le pauvre, délivrez-les des méchants! Ils ne savent rien, ils ne comprennent rien, ils marchent dans les ténèbres; toutes les fondations de la terre sont ébranlées. *J’avais dit: ‘Vous êtes des dieux, vous êtes tous des fils du Très-Haut.’ Cependant vous mourrez comme des hommes, vous tomberez comme un prince quelconque.» Lève-toi, ô Dieu, juge la terre, car toutes les nations t’appartiennent!

Qu’est-ce que signifie ce mot “dieux” dans les v. 1 et 6 ? Certains dans le passé ont pensé qu’il parle des anges—des êtres qui sont un peu comme Dieu—mais le v. 7 dit : vous mourrez comme des hommes. Il parle donc des êtres mortels. Alors la plupart des commentateurs sont d’accord que c’était une manière imagée pour parler des juges humains—v. 2 : Jusqu’à quand jugerez-vous…? et ainsi de suite. Il parle des êtres humains qui étaient dans une position d’autorité et qui ont mal exercé leur rôle de juge.

Le but de Jésus en citant ce psaume n’était pas de parler des juges, mais de montrer que l’Ecriture sacrée des juifs emploie elle-même le mot “dieux” (avec un D minuscule), et la phrase “fils du Très-Haut”, pour parler des hommes. Certes, c’est de manière figurative qu’elle emploie ces mots, mais elle les emploie ; alors pourquoi vous, juifs, vous mettez-vous en colère parce que j’emploie le mot “Dieu” pour parler de moi-même ? 35 S’il est vrai [que la loi, les Ecritures] a appelé dieux ceux à qui la parole de Dieu a été adressée [les juges humains de l’époque du psaume] et si l'Ecriture ne peut pas être annulée, 36 comment pouvez-vous dire à celui que le Père a consacré et envoyé dans le monde [moi, Jésus] : ‘Tu blasphèmes’, et cela parce que j'ai affirmé: ‘Je suis le Fils de Dieu’?

Il fait une sorte de tour de passe-passe intellectuel, et c’était une tactique géniale de sa part. Il ne veut pas enseigner sur le sens du mot “dieux”—il veut les faire réfléchir. Et avec une seule citation de l’Ancien Testament, c’est exactement ce qu’il fait. Et alors qu’ils réfléchissent, leurs défenses tombent pendant un instant, et ils peuvent écouter son enseignement.

3. CROYEZ À MES ŒUVRES

37 Si je ne fais pas les œuvres de mon Père, ne me croyez pas! 38 Mais si je les fais, même si vous ne me croyez pas, croyez à ces œuvres afin de savoir et de reconnaître que le Père est en moi et que je suis en lui.»

Jésus met devant eux une preuve irréfutable de qui il est. Il reconnaît volontiers que si les juifs n’acceptent pas son autorité, ses paroles ne voudront pas dire grand-chose pour eux. Alors il leur dit : “Oubliez un instant ce que je dis. Regardez les choses qu’il fait. Ces œuvres sont visibles, tangibles, indéniables—et elles témoignent que je suis plus qu’un homme.” Elles montrent que Jésus est, en effet, le Fils de Dieu. 

Mais les juifs dans ce passage ne veulent pas l’entendre ; ils refusent d’écouter ce que Jésus dit, et décident de prendre cela comme une raison en plus pour le condamner. 39 Voilà pourquoi ils cherchaient encore à l'arrêter, mais il leur échappa.

4. LE CONTRASTE : LES NON-BREBIS ET LES BREBIS

Et puis, juste après, nous avons un petit récit qui marque une contraste profonde entre deux types de personnes différentes : celles qui rejettent Jésus et celles qui l’acceptent. Nous avons vu ce que Jésus dit dans les versets 26 et 27 : 26 vous [juifs qui refusent de voir la vérité devant eux] ne croyez pas parce que vous ne faites pas partie de mes brebis, [comme je vous l'ai dit]. 27 Mes brebis écoutent ma voix, je les connais et elles me suivent.

Et on voit cette vérité clairement manifestée au v. 40. Juste après que les juifs qui l’écoutaient ont essayé de l’arrêter, regardez ce qui se passe :

40 Jésus retourna de l'autre côté du Jourdain, à l'endroit où Jean avait d'abord baptisé, et il y resta. 41 Beaucoup de gens vinrent vers lui; ils disaient: «Jean n'a fait aucun signe miraculeux, mais tout ce qu'il a dit à propos de cet homme était vrai.» 42 Et là, beaucoup crurent en lui. 

Ils croient parce qu’ils voient que ce que Jésus fait confirme ce que Jean avait dit à son propos : ses œuvres confirment qui il est. Les juifs au temple ne croient pas parce qu’ils ne font pas partie de ses brebis, alors que ceux de l’autre côté du Jourdain croient—ils font partie de ses brebis.

LES ŒUVRES DE JÉSUS

Alors quel est le vrai message que Jésus veut faire passer par tout cela ? Jésus dit aux juifs, et à nous : Croyez en moi ! Si vous ne croyez pas à mes paroles, croyez au moins à mes œuvres ! Alors la question que nous devons poser, c’est : “Quelles sont ces œuvres en lesquelles nous sommes censés croire ?” La réponse va donner du sens à ce qu’il a dit. Quelles sont les œuvres dont il parle ?

Je crois que premièrement, “les œuvres” de Jésus, ce sont ses miracles, les signes que Jean nous décrit. Et je le crois à cause de ce que Jean dit dans 20.30-31 (je le mets encore sur l’écran) : 30 Jésus a accompli encore, en présence de ses disciples, beaucoup d'autres signes qui ne sont pas décrits dans ce livre. 31 Mais ceux-ci ont été décrits afin que vous croyiez que Jésus est le Messie, le Fils de Dieu, et qu'en croyant vous ayez la vie en son nom. On voit que la mission de Jean en écrivant ce livre est la même chose que Jésus nous demande de faire : regarder les choses qu’il fait, et prendre ces choses comme la preuve de qui il est.

Dans ce livre Jean nous donne sept “signes”, sept miracles que Jésus fait. Jusqu’à maintenant, nous en avons vu six : 

  • Jésus change l’eau en vin (2.1-11)
  • Jésus guérit le fils d’un officier (4.46-54)
  • Jésus guérit un paralytique (5.1-18)
  • Jésus donne à manger à 5000 hommes (v. 6.1-15)
  • Jésus marche sur l’eau (6.16-24)
  • Jésus guérit un aveugle-né (9.1-7)

Voilà les œuvres que Jésus a fait, entre autres. Jean dit qu’il n’a pas raconté tous les signes que Jésus a fait, alors il a dû nous raconter ces signes en particulier pour une bonne raison. Je crois que Jean nous a raconté ces signes pour nous montrer que Jésus est le Fils de Dieu, qu’il est Dieu, et qu’il a l’autorité absolue sur tous les éléments de la nature qu’il a créés. 

Les molécules de l’eau lui sont obéissantes ; elles se transforment en vin, elles deviennent solides, à son ordre. Il a l’autorité sur la maladie—aucun microbe ne peut résister à sa parole. Il a l’autorité sur les muscles atrophiés—il leur dit de se rétablir, et ils se rétablissent. Il a l’autorité sur les matières premières des nourritures solides—il leur dit : “Multipliez-vous !” et le pain et le poisson se multiplient. Il a l’autorité sur les nerfs optiques—lorsqu’il leur dit de se réanimer, ils se réaniment. Et comme nous verrons dans les semaines à venir, il a l’autorité même sur la mort—il dit au corps mort : “Ressuscite-toi !” et le corps mort se ressuscite. (Il n’est d’ailleurs pas un hasard que Jean met le septième signe, la résurrection de Lazare, dans le chapitre suivant, le chapitre 11—c’est l’œuvre culminante, le plus grand signe avant sa propre résurrection.)

Et ce n’est pas tout. Jésus fait aussi des œuvres qui ne sont pas forcément miraculeux, mais qui ne sont pas moins convaincantes : il accueille ceux que les autres rejettent (comme la femme samaritaine) ; il est capable de refuter les arguments des autorités religieuses les plus éduquées ; il enseigne et il agit avec une autorité que les gens constatent facilement, parfois malgré eux.

37 Si je ne fais pas les œuvres de mon Père, ne me croyez pas! 38 Mais si je les fais, même si vous ne me croyez pas, croyez à ces œuvres afin de savoir et de reconnaître que le Père est en moi et que je suis en lui.»

Les œuvres de Jésus sont suffisantes pour convaincre qu’il est véritablement le Fils de Dieu. Et comme pour les juifs, si nous acceptons de faire confiance à qui il est, nous serons alors prêts à faire confiance à ce qu’il dit. Il nous dit qu’il est la source d’eau vive (4.13-14). Il nous dit qu’il est le pain de la vie, la source de satisfaction éternelle pour ceux qui veulent le suivre (6.35). Il nous dit qu’il est le Berger qui choisit et protège ses brebis (10.1-29). Il nous dit qu’il est véritablement le Messie, le Fils de Dieu (10.36). Il nous dit qu’il est venu afin de prendre notre place, pour que quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle (3.15).

LE BERGER QUI A L’AUTORITÉ

Nous avons pris trois semaines pour voir ce chapitre—les deux semaines passées on a vu l’enseignement sur le Berger et les brebis, et aujourd’hui, l’appel que Jésus lance de croire en ses œuvres. Pour conclure j’aimerais qu’on voie comment cet enseignement va avec l’autre enseignement qu’on a vu les deux semaines passées, car ce n’est pas un hasard si ces deux épisodes sont ensemble.

Il y a une BD géniale que je lisais quand j’étais petit qui s’appelle Calvin & Hobbes. Dans une des BD, on voit Calvin, un petit garçon, qui part arroser des fleurs dans son jardin. Il a son arrosoir dans la main, et quand il arrive devant une fleur, il commence à se moquer d’elle. Il dit : “Alors, tu veux de l’eau ? J’en ai beaucoup ici. C’est moi qui décide si tu vas en avoir ! Ta vie est dans mes mains ! Sans moi, tu vas mourir ! C’est moi qui contrôle ta destinée ! C’est moi qui—” Et dans le prochain volet, il commence à pleuvoir sur lui…et sur la fleur. 

C’est une blague bête, mais elle reflète bien la réalité. Nous aimons imaginer que nous avons l’autorité de notre vie. Nous vivons sous cette illusion de contrôle, cette illusion d’autorité. Mais à vrai dire, nous sommes totalement incapables de contrôler ce qui se passe autour de nous—et nous sommes souvent incapables de nous contrôler nous-mêmes. J’ai le désir d’autorité, mais je ne suis pas égal à la tâche, parce que même si j’arrive à me contrôler, je n’ai aucune autorité sur ce qui se passe autour de moi. 

Ce désir d’autorité vient du péché—de la corruption—dans laquelle nous sommes tous nés. Le péché est venu lorsque les hommes ont voulu prendre la place de Dieu et avoir l’autorité absolue de leurs propres vies.

Mais la Bible nous dit que lorsque nous sommes nés de nouveau, lorsque Dieu nous sauve, il prend ces désirs et il les change. Il les recentre, afin qu’ils soient dirigés vers le bon but. Il serait plus simple si Dieu enlevait ce désir d’avoir l’autorité sur nos propres vies, mais il ne le fait pas—c’est un des plus grands combats pour tous les chrétiens. Et il permet que le combat continue pour une raison simple : pour nous donner l’occasion de céder, de nous humilier devant celui qui a l’autorité sur nos vies—Jésus-Christ.

Céder, s’humilier—ce ne sont pas des mots qu’on aime bien. Mais nous demander de faire cela n’est pas méchant ou injuste de sa part. Comme dit John Piper, personne ne va dans les Alpes pour se sentir puissant. Personne ne va au Grand Canyon pour se sentir grand. Nous allons aux Alpes, nous allons au Grand Canyon, justement pour nous sentir tout petit, pour pleinement ressentir qu’il y a quelque chose de plus grand que nous. Et c’est une sensation merveilleuse. Dieu le sait—et c’est pour cela qu’il nous fait le cadeau de nous trouver près de Jésus-Christ dans la Bible, afin d’avoir toute sa grandeur à portée de main. 

Pourquoi j’ai dit tout cela ? Parce que l’enseignement d’aujourd’hui nous montre que Jésus a toute l’autorité que nous n’avons pas—ses œuvres en sont la preuve. Il a toute autorité. Les éléments naturels lui obéissent. Il n’existe aucune molécule dissidente, aucun atome qui ne lui est pas soumis. Aucun oiseau ne tombe à terre sans la volonté de son Père. Tout est sous son contrôle, qu’on en soit conscient ou non.

Et voici le vrai cadeau—ce Seigneur tout-puissant, ce Jésus qui a toute l’autorité, est notre Berger. Celui qui trace les chemins des molécules, qui fixe les étoiles dans leurs orbites, qui contrôle les rotations des planètes dans des galaxies dont nous ne sommes même pas conscients…c’est lui qui nous accueille comme les siens. C’est lui qui nous choisit. C’est lui qui a le contrôle de nos vies et qui protège notre destinée éternelle. C’est ce grand Dieu qui fera en sorte que nous restions fidèles à lui.

Alors si tu crois, sois tranquille dans la connaissance que c’est lui qui est ton Berger. Que tu n’es pas accueilli et protégé par un maître impuissant. Que ton Sauveur et Seigneur est infiniment plus grand que toi. Sois tranquille dans la connaissance de sa puissance et de son autorité. Qu’elles te donnent une confiance pour vivre une vie joyeuse, peu importe les difficultés par lesquelles tu passes, car tu sais qu’il est aussi souverain sur ces difficultés. Sois tranquille entre les mains de ton Berger. 

Et si tu ne crois pas, n’oublie pas que l’enseignement de Jésus dans ce chapitre a été donné aux gens qui ne croyaient pas. C’est à eux que Jésus montrait assez de tendresse pour les supplier encore une fois de croire en lui. C’est à eux—et donc c’est à toi—que Jésus dit : “Si tu ne crois pas à mes paroles, crois au moins à mes œuvres.” Que l’enseignement de Jésus te donne envie de le connaître, lui le Sauveur tout-puissant, lui qui a toute l’autorité. Crois que le témoignage de Jean dans cet évangile est vrai. Considère ce que Jésus a fait. Et mêmes si tu as du mal à accepter ce qu’il dit, considère au moins à ce qu’il fait, et crois qu’il est vraiment le Fils de Dieu. Et tu as la promesse de Jésus qu’il t’accueillera, que tu ne seras pas rejeté par lui. Au contraire—si tu acceptes ce qu’il a fait pour toi, il t’accueillera avec joie. Il te donnera la vie en son nom, et personne ne pourra t’arracher à sa main.