Avent : la justice, la chute et le relèvement

luc 2.21-35

Jason Procopio

Luc 2.21-35 : 21 Huit jours plus tard, ce fut le moment de circoncire l'enfant; on lui donna le nom de Jésus, nom que l'ange avait indiqué avant sa conception. 22 Quand la période de leur purification prit fin, conformément à la loi de Moïse, Joseph et Marie l'amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur 23 – suivant ce qui est écrit dans la loi du Seigneur: Tout mâle premier-né sera consacré au Seigneur[b] – 24 et pour offrir en sacrifice un couple de tourterelles ou deux jeunes pigeons[c], comme cela est prescrit dans la loi du Seigneur. 25 Or il y avait à Jérusalem un homme appelé Siméon. Cet homme était juste et pieux, il attendait la consolation d'Israël et l'Esprit saint était sur lui. 26 Le Saint-Esprit lui avait révélé qu'il ne mourrait pas avant d'avoir vu le Messie du Seigneur. 27 Il vint au temple, poussé par l'Esprit. Et quand les parents amenèrent le petit enfant Jésus pour accomplir à son sujet ce que prescrivait la loi, 28 il le prit dans ses bras, bénit Dieu et dit: 29 «Maintenant, Seigneur, tu laisses ton serviteur s'en aller en paix, conformément à ta promesse, 30 car mes yeux ont vu ton salut, 31 salut que tu as préparé devant tous les peuples, 32 lumière pour éclairer les nations et gloire d'Israël, ton peuple.» 33 Joseph et la mère [de Jésus] étaient émerveillés de ce qu'on disait de lui. 34 Siméon les bénit et dit à Marie, sa mère: «Cet enfant est destiné à amener la chute et le relèvement de beaucoup en Israël et à devenir un signe qui provoquera la contradiction. 35 Toi-même, une épée te transpercera l'âme. Ainsi, les pensées de beaucoup de cœurs seront révélées.»

Introduction

Depuis quatre semaines nous examinons ensemble l’annonce, l’explication et le récit de la naissance de Jésus. C’est un récit qui doit nous bouleverser — et c’est pour cela que nous fêtons la période de l’Avent tous les ans et la croissance progressive de la lumière que Jésus a amenée dans ce monde. Mais la semaine prochaine, nous allons quitter cette période de Noël et nous entrerons dans une nouvelle année. Et il faudrait que nous prenions en compte les raisons pour lesquelles cette période que nous avons fêtée reste importante pour nous tout au long de l’année. C’est pour cela que j’aimerais prendre du temps aujourd’hui pour voir ensemble le discours de Siméon au temple — il donne un avant-goût de ce qui va arriver par la vie de cet enfant et par conséquent, ce qui continue d'arriver pour nous, par sa vie.

Jésus naît à Bethléhem. Selon la loi de Moïse, Marie et Joseph devaient venir au temple pour faire circoncire l’enfant. Comme il était le premier-né, l’enfant devait aussi être consacré au Seigneur (= mis à part pour son service). Alors Marie et Joseph amènent l’enfant au temple et apportent le sacrifice qui vient avec cette consécration. 

Il y a un homme à Jérusalem qui s’appelle Siméon. On ne connaît pas grand chose sur lui, mais Luc nous qu’il était juste et pieux, il attendait la consolation d'Israël et l'Esprit saint était sur lui (v. 25). Rappelons-nous de ce que nous avons vu précédemment : Dieu a promis d’envoyer un Messie, un Sauveur, pour sauver le peuple d’Israël de leur esclavage du péché ; c’est ce salut qui est la consolation d’Israël. Siméon a apparemment reçu une vision dans le passé : 26 Le Saint-Esprit lui avait révélé qu'il ne mourrait pas avant d'avoir vu le Messie du Seigneur. Et donc ce jour-là, l’Esprit le pousse à aller au temple. 

Là, il voit Marie, Joseph et Jésus, et Siméon sait que c’est lui le Messie. Ça a dû être un moment incroyable pour lui : le moment qu’il attend est maintenant arrivé, et il peut partir en paix ; maintenant qu’il a vu le Messie promis, il est comblé. Il le prend dans ses bras, et il bénit Dieu. Ensuite il se tourne vers Marie et il lui parle. Nous avons vu il y a deux semaines que Marie a vu sa grossesse comme une grâce, même si elle risquait de lui donner des ennuis conséquents. Jusqu’à maintenant, l’histoire de la naissance de Jésus a été une histoire purement joyeuse : les anges annoncent sa venue ; tout le monde fête la gloire et la grandeur de Dieu. Même si l’histoire reste joyeuse, à partir de maintenant elle devient plus sérieuse, car la joie de cette histoire est une joie qui sera gagnée par la souffrance.

J’aimerais que nous prenions quelque temps pour voir ce que Siméon dit à Dieu et à Marie et Joseph. Dans son discours, Siméon, rempli du Saint-Esprit, nous dit que la venue de Jésus est la venue de la justice, et que cette justice amènera la chute et le relèvement.

1) Jésus amène la justice.

29 «Maintenant, Seigneur, tu laisses ton serviteur s'en aller en paix, conformément à ta promesse, 30 car mes yeux ont vu ton salut, 31 salut que tu as préparé devant tous les peuples, 32 lumière pour éclairer les nations et gloire d'Israël, ton peuple.»

Siméon a vu le salut de Dieu — cet enfant, Jésus. Et je ne crois pas que ce soit un accident que Siméon voie Jésus et dise cela à ce moment précis, celui où Jésus est amené au temple pour accomplir les prescriptions de la loi de Moïse, pour accomplir tout ce qui est juste selon Dieu. Ce n’est pas un accident que ce discours ait lieu dans ce contexte. Jésus est le salut pour tous les peuples parce qu’il a accompli les exigences de la loi. Il est le salut pour tous les peuples parce qu’il a été juste pour tous les peuples.

Dans Exode 31, Dieu a donné sa loi à Moïse et au peuple d’Israël après leur sortie d’Egypte. C’était une liste de régulations et d’interdictions extrêmement longue (la quasi-totalité du livre du Lévitique dans l’Ancien Testament est constitué de lois) et rigoureuse : si la loi était enfreinte, il fallait faire un sacrifice pour expier (ou annuler) la faute. Enfreindre la loi de Dieu était grave, car cela signifiait porter atteinte à l’intégrité de Dieu lui-même. 

Et après que Dieu a donné la loi au peuple d’Israël, on voit dans la suite de l'Ancien Testament que le peuple n’arrive jamais à s'y tenir. Et non seulement le peuple est incapable de respecter la loi sur tous les points, mais il a également sans cesse envie de se rebeller contre cette loi et contre Dieu. La loi révèle beaucoup d’imperfections (péchés) en lui et en essayant de la respecter, le peuple se rend compte à quel point cela est impossible.

La loi était un document qui représentait la justice (dans le sens “droiture” ou “sainteté”) et la perfection de Dieu, et le but de la loi n’était pas de faire en sorte que le peuple soit déclaré juste — cela n’aurait été possible que si le peuple arrivait à respecter la loi — mais de montrer à quel point le peuple ne pouvait pas être juste tout seul. L'objectif était de montrer au peuple d’Israël qu’il avait besoin d’un remplaçant, quelqu’un qui se substituerait à sa place, qui soit juste à sa place.

Je dis que Jésus amène la justice car c’est sa justice qui nous sauve. Nous avons vu la semaine dernière que Jésus a dû devenir comme nous (même son prénom, “Jésus”, était un prénom tout à fait ordinaire pour les Juifs de l’époque). Il est devenu quelqu’un qui ne nous ferait pas tourner la tête si nous le voyions dans la rue. Il a dû devenir comme nous dans tous les sens du terme — il devait vivre comme nous, être faible comme nous, être tenté comme nous… mais sans jamais enfreindre la loi de Dieu. Seulement quelqu’un qui était pleinement humain pouvait être une substitution appropriée, et seulement quelqu’un qui était pleinement Dieu, pleinement rempli de l’Esprit de Dieu, pouvait réussir à respecter la loi. Il a dû respecter la loi à notre place, et être puni à notre place pour nos enfreintes. 

Et on voit le début de cette substitution, de cette justice que Jésus amène, dès ses premiers jours. 21 Huit jours plus tard, ce fut le moment de circoncire l'enfant; on lui donna le nom de Jésus, nom que l'ange avait indiqué avant sa conception. 22 Quand la période de leur purification prit fin, conformément à la loi de Moïse, Joseph et Marie l'amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur 23 – suivant ce qui est écrit dans la loi du Seigneur: Tout mâle premier-né sera consacré au Seigneur – 24 et pour offrir en sacrifice un couple de tourterelles ou deux jeunes pigeons, comme cela est prescrit dans la loi du Seigneur.

Nous n’avons pas le temps de voir en détail les raisons pour toutes ces prescriptions de la loi — la circoncision, la purification de Marie, les tourterelles et les pigeons — et finalement ce n’est pas grave, car le but de ces rites était de consacrer un enfant au Seigneur, de le mettre au service de Dieu. Voyez-vous, la première chose que Jésus fait en venant sur terre est de se mettre entre les mains de Marie et Joseph, des personnes qu’il a créées, et avec leur aide, se soumettre aux prescriptions de la loi.

Dès sa naissance, il prend sur lui ce fardeau, cette charge que personne d’autre auparavant n’a pu porter. Il s’est soumis à la loi de Dieu, cette loi qui montre le caractère parfaitement juste de Dieu, et il l’a gardée sur tous les points.

Et pourquoi est-ce important ? Il y a un épisode de The Office où Andy, l'un des employés, trace sa généalogie et apprend qu’il a un ancêtre en commun avec Michelle Obama — ils sont donc des cousins très lointains. Alors c’est drôle, parce qu’Andy est blanc, mais pendant la première moitié de l’épisode il se vante de son lien de parenté avec elle — et puis il apprend que ce n’est pas un lien de parenté, mais qu’un de ses ancêtres était maître d’esclaves au 19ème siècle, et que ses ancêtres à elle faisaient partie de ces esclaves. Et évidemment, son sentiment change très vite. Au début il est fier de quelque chose qu’il n’a pas fait ; et après il a honte de quelque chose qu’il n’a pas fait. Il a l’impression d’être quelqu’un de bien grâce à sa famille, et puis il à l’impression d’être quelqu’un d’horrible à cause de sa famille.

Je dis cela parce qu’entre nous et Jésus, ce n’est pas qu’une impression. Lorsque Jésus a réussi là où nous avons échoué, il a appliqué pour nous cette justice parfaite. Alors ce n’est pas juste une impression de justice, mais la justice qui nous est donnée. Si nous avons la foi en Christ, lorsque Dieu nous regarde, il ne voit plus les péchés en nous, il ne voit plus la rébellion qui nous séparait de lui ; il ne voit que la justice parfaite de son Fils. Par la foi en lui, nous sommes adoptés dans la famille de Dieu, et les perfections de cette famille nous sont attribuées. 

Jésus est mort pour nos péchés, mais afin que sa mort puisse nous sauver, il a fallu d’abord qu’il vive une vie parfaite et qu’il attribue cette vie à notre compte. Ce n’est pas seulement sa mort qui nous a sauvés, mais aussi sa vie — Jésus a amené la justice au monde, et il l’a accomplie pour ses enfants.

2) Jésus amène la chute et le relèvement.

33 Joseph et la mère [de Jésus] étaient émerveillés de ce qu'on disait de lui. 34 Siméon les bénit et dit à Marie, sa mère: «Cet enfant est destiné à amener la chute et le relèvement de beaucoup en Israël et à devenir un signe qui provoquera la contradiction. 35 Toi-même, une épée te transpercera l'âme. Ainsi, les pensées de beaucoup de cœurs seront révélées.»

Ce que dit Siméon ici est difficile à comprendre. Jésus amène avec lui la chute et le relèvement — nous aimons l’idée que Jésus amène le relèvement, mais nous avons peut-être du mal à accepter que Jésus amène la chute. Alors on se dit qu’on a peut-être mal compris. Qu’est-ce que ça veut dire exactement, “relèvement” et “chute” ?

En général il y a deux interprétations de ce passage, et les théologiens ne sont pas d’accord les uns avec les autres. Certains pensent que le passage s’applique à un groupe en particulier (le peuple d’Israël) ; d'autres croient que le passage s’applique au monde entier. Comment décider ? Parfois nous sommes face à un texte qui est difficile à comprendre, et la règle d’or à ce moment-là est d'interpréter les passages qui ne sont pas clairs à la lumière des passages qui sont clairs. Nous allons donc regarder quelques autres passages ensemble pour pouvoir donner une interprétation juste de celui-ci.

Nous examinerons donc les deux possibilités — elles ont toutes les deux leurs mérites — mais je vous dirai dès maintenant que les implications des deux sont vraies. Personnellement je crois que la deuxième est plus juste (à cause des autres passages clairs), mais même si je ne pense pas que la première interprétation soit l’intention de Luc, la vérité que cette interprétation enseigne reste vraie.

a) “La chute et le relèvement de beaucoup” s’applique au peuple d’Israël.

Evidemment la défense de cette interprétation, c’est que Siméon dit que Jésus est venu amener “la chute et le relèvement de beaucoup en Israël.”) L’idée est que Jésus est venu provoquer dans les cœurs de beaucoup en Israël un processus “de chute et de relèvement”, c’est-à-dire la conversion, la manière dont on est sauvé. Et on voit que ce processus a lieu dans le cœur des disciples qui sont Israélites, et ce processus s’est ensuite ouvert au monde entier. Dans Jean 16.8, Jésus dit : quand [le Saint-Esprit] sera venu, il convaincra le monde en ce qui concerne le péché, la justice et le jugement. Cette “conviction,” c’est lorsque le Saint-Esprit ouvre nos yeux pour voir nos propres injustices, nos propres péchés, notre propre rébellion.

Il faut savoir que nous sommes tous aveugles. As-tu déjà vu une photo de toi-même, et quand tu le vois tu dis : “Mais quoi ?! Mes sourcils ressemblent à ça ?" ou "Je devrais appeler Loanne et lui dire que je l’aime ; elle est tabassée à chaque fois que je l’embrasse.” Ce n’est qu’après notre mariage que je me suis rendu compte que parfois mes bras restent en place involontairement. J’ai appris que je faisais ça depuis toute ma vie, et je ne le savais pas du tout. On veut imaginer qu’on a une conscience de soi qui est bien développée, mais ce n’est pas vrai : on a des caractéristiques que l’on n’a jamais remarquées, et il faut quelqu’un d’autre pour nous le montrer. 

Cela est d'autant plus vrai avec nos propres capacités morales. Nous voulons imaginer que nous sommes des gens de bien, mais il y a des ténèbres en nous dont nous sommes complètement aveuglés. Et le Saint-Esprit ouvre nos yeux, nous met devant un miroir et nous montre tout ce qu’il y a en nous qui nous ferait honte si jamais les autres le savaient. Il nous montre à quel point nous sommes loin de ce que nous devons être. Et ce processus est douloureux. Nous aimerions bien pouvoir nous en passer, mais si nous voulons voir la justice et le sacrifice de Jésus comme nécessaires, il faut que nous voyions notre propre état de pécheur. Et lorsque nous le voyons, nous sommes écrasés. Nous tombons à genoux devant ce Dieu saint et glorieux et nous admettons notre besoin. Dans ce sens, nous sommes humiliés — c’est notre chute.

Mais ensuite, Dieu nous relève. Dans 1 Pierre 5.5-6 il est écrit : revêtez-vous d'humilité, car Dieu s’oppose aux orgueilleux, mais il fait grâce aux humbles. Humiliez-vous donc sous la puissante main de Dieu, afin qu'il vous élève au moment voulu. Lorsque nous sommes humiliés, lorsque nous nous rendons compte de notre besoin d’un Sauveur, ce Sauveur vient à notre secours. Si nous ne sommes pas humiliés, nous ne savons pas que nous avons besoin d’un Sauveur ; mais si nous le savons, ce Sauveur est là, prêt à nous secourir. La justice et le sacrifice de Jésus sont appliqués à notre compte, et il nous invite à nous relever. Nous n’avons plus besoin d’avoir peur de Dieu ; nous n’avons plus peur d’être rejetés. Nous ne sommes plus des étrangers, des ennemis de Dieu — nous sommes adoptés dans sa famille et invités à considérer Dieu comme notre Père. Et le Père nous relève et nous invite à le suivre.

Selon cette première interprétation donc, “la chute et le relèvement” parlent de la transformation intérieure par laquelle on doit passer si on est enfant de Dieu, et Siméon dit qu’il y a plusieurs en Israël qui passeront par là — et c’est exactement ce qu’on voit dans la vie de Jésus et dans le livre des Actes. Cet enseignement est donc vrai.

b) Le passage s’applique au monde entier.

Mais même si l’enseignement de cette première interprétation est vraie, je crois que la deuxième interprétation est plus probable, car non seulement Siméon dit que Jésus est venu amener la chute et le relèvement de beaucoup en Israël, mais il vient aussi de dire que Jésus est une lumière pour éclairer les nations. Il me semble donc qu’il parle à la fois d'Israël et aussi de toutes les autres nations : le monde entier. D'autres passages clairs illuminent celui-ci. 

Selon cette deuxième interprétation, “la chute” parle de ceux qui entendent le message de Jésus et qui n’arrivent pas à l’accepter. Dans 1 Corinthiens 1.23, Paul dit : Or nous, nous prêchons un Messie crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les non-Juifs… Alors Christ est pour certains un scandale, une folie (nous avons tous rencontré des gens qui ont reçu le message de l’évangile comme cela.) 

Dans sa deuxième lettre aux Corinthiens, Paul dit (2.16) : pour [certains, les chrétiens et l’évangile sont] un parfum de mort qui donne la mort… Il faut qu’on accepte que nous ne pourrions jamais rendre l’évangile assez attirant pour certains — c’est pour cela que nous prêchons Christ crucifié ici. Ce serait peut-être plus facile de ne donner que des messages de pensée positive mais même si on le faisait, l’évangile ne serait pas plus attirant pour autant.

C’est ce que la phrase suivante veut dire : Cet enfant est destiné à amener la chute et le relèvement de beaucoup en Israël et à devenir un signe qui provoquera la contradiction. Peu importe à quel point on essaie d’embellir Jésus, pour certains il sera toujours un signe à contredire, une idée à rejeter, et ceux qui le suivent seront toujours un parfum de mort.

Jonathan Edwards a expliqué la résistance à l’évangile ainsi : Imagine une chaise à laquelle tu es ligoté. Tu es dans la chaise, bien ligoté, et on te dit : “Lève-toi.” Impossible, tu y es ligoté. Alors tu dis : “C’est pas possible ; je ne peux pas me lever.” Maintenant, imagine le fauteuil le plus confortable au monde. Tu te mets dedans, et c’est comme si tu t’es fondu dans le fauteuil. On se met devant toi et on dit : “Lève-toi.” Et tu dis : “C’est pas possible ; je ne peux pas me lever — c’est juste trop bien.” 

Nous sommes tous nés dans cet état ; nous aimons nos péchés à tel point que rien ne pourra nous les faire quitter. Et sans la conviction du Saint-Esprit, sans cette œuvre qu’il a faite en nous pour voir à quel point Jésus est meilleur, nous y resterions. Il faut une œuvre surnaturelle pour nous faire sortir de notre corruption, et cette œuvre n’est pas faite en tout le monde. Paul dit dans Romains 9.15 : 15 En effet, il dit à Moïse: Je ferai grâce à qui je veux faire grâce, et j'aurai compassion de qui je veux avoir compassion… 18 Ainsi, Dieu fait grâce à qui il veut et il endurcit qui il veut. 

On peut imaginer que ce n’est pas juste — que Dieu m’empêche de faire quelque chose que j’aurais fait si j’avais eu le choix. Mais ce n’est pas vrai. Personne ne choisirait de suivre Dieu de son plein gré, car suivre Dieu nous montre tout ce qui ne va pas en nous, et nous n’aimons pas être ainsi dévoilés. Nous préférons toujours rester dans l’ignorance de notre état, de ne pas passer par la douleur de l’humiliation. Et certains restent toujours dans cet état ; c’est leur chute. 

Le “relèvement” donc est cette œuvre que le Saint-Esprit opère en ses enfants pour ouvrir leurs yeux, pour leur faire voir leur besoin, pour leur faire voir leur péché, et pour leur montrer à quel point Jésus est meilleur. Pour donner un exemple : j’aime beaucoup les mangues. On n’en mangeait pas aux U.S. quand j’étais jeune, alors je n’en avais jamais goûté avant de venir en France. Et j’en raffole. Puis l’an dernier je suis allé au Burkina Faso, et les mangues qu’ils ont là-bas sont tout simplement incroyables. J’y étais pendant 10 jours, et on en mangeait à chaque repas. Le goût n’a rien à voir. Alors en revenant en France, j’avais envie des mangues avec chaque repas. Je pars en acheter, j’en ramène à la maison… et elles étaient fades. Presque immangeables. Ces mangues que j’aimais tellement avant sont devenues très décevantes. Une fois qu’on a goûté aux mangues de l’Afrique, les mangues qu’on a ici ne nous intéressent plus.

Avant que Dieu nous relève, nous aimions notre péché. Et nous l’aimions jusqu’au moment où le Saint-Esprit nous a montré combien Jésus est meilleur, et à partir de ce moment-là, les choses que nous aimions tellement auparavant perdent leur attrait. On se rend compte à quel point les plaisirs que le péché nous donne sont minuscules à côté du plaisir de connaître le Dieu vivant.

Cet enfant est destiné à amener la chute et le relèvement de beaucoup en Israël et à devenir un signe qui provoquera la contradiction. 35 Toi-même, une épée te transpercera l'âme. Ainsi, les pensées de beaucoup de cœurs seront révélées.

Jésus sera inévitablement accepté par certains et rejeté par d'autres, et ce rejet touchera au vif ceux qui lui sont proches : les disciples et Marie verront Jésus, leur ami, maître, fils, mourir sur la croix. Et par ce sacrifice, ce sacrifice horrible et douloureux, les pensées de beaucoup de cœurs seront révélées. Notre réaction au sacrifice de Christ révèlera ce qu’il y a en nous. Sommes-nous de ceux dont les yeux ont été ouverts pour voir notre besoin, pour voir notre impureté ? Sommes-nous de ceux qui ont été humiliés par le Saint-Esprit afin d’être relevés ? Ou sommes-nous de ceux pour qui le message de l’évangile est une odeur de mort ?

Conclusion

Jésus est venu amener la justice au monde de manière visible — on aurait pu apprendre la justice de Dieu par le témoignage de la loi de Moïse, mais lorsque Jésus est venu, on a pu voir sa justice. Les hommes n’étaient plus obligés de n’avoir que des informations sur la justice de Dieu ; ils ont pu voir cette justice vécue par l'un de leurs contemporains. Et les hommes et les femmes de l’époque l’ont rejetée, et continuent à la rejeter aujourd’hui.

Pourquoi ? On pourrait penser que voir la justice ferait plaisir à notre société, car nous avons un sens de justice nous-mêmes. Nous manifestons ce sens de justice par notre indignation face aux injustices dans le monde : lorsqu’on nous maltraite, nous sommes en colère ; lorsque nous voyons quelqu’un d’autre maltraité, nous avons envie de venir en aide à cette personne. Nous faisons appel à un standard de justice au sujet duquel nous sommes tous censés être d’accord, et nous sommes indignés lorsque les autres n’y adhèrent pas.

Alors pourquoi rejetons-nous la vraie justice, la justice parfaite manifestée en Jésus-Christ ? On rejette la vraie justice car elle met en lumière l’injustice en nous-mêmes. Elle nous révèle tous les comportements et les attitudes et les pensées en nous que nous rejetterions en quelqu’un d’autre. Alors que nous affirmons l’importance de la justice au niveau social, pour les autres, nous rejetons Jésus qui veut nous montrer que nous faisons les mêmes choses, nous avons les mêmes comportements égoïstes, nous avons les mêmes pensées amères, nous avons les mêmes attitudes malhonnêtes. La justice de Jésus nous montre pires que nous voulons le croire. 

C’est le cas pour nous tous, que nous soyons naturellement très orgueilleux ou non. Siméon a appelé Jésus “la lumière” — lumière pour éclairer les nations. La Bible dit que Jésus est la lumière du monde parce qu’il a dévoilé de manière visible la justice de Dieu.  La justice manifestée en Jésus fait briller une lumière qui expose les pires parties de nous-mêmes, les recoins de nos cœurs que nous voulions garder cachés. Et lorsqu’on est exposé par cette lumière, on est obligé de faire un choix : soit on rejette l’image qu’on voit et on se convainc qu’elle n’est pas vraie, soit on voit la vérité qui est devant ses yeux, on s’humilie devant cette justice et on crie : “Au secours !”

Jésus est venu amener la justice, la chute et le relèvement. Si nous voulons éviter la chute de la condamnation, il faut que nous acceptions la chute de l’humiliation et le relèvement afin d’être déclaré justes grâce à la justice que Jésus a accomplie à notre place.

La justice de Jésus, la lumière de Jésus, est notre salut — salut que tu as préparé devant tous les peuples. La lumière expose en nous notre manque de justice qui nous séparait de Dieu et nous dit que Jésus a accompli cette justice pour nous à notre place. Désormais, pour nous qui acceptons cette justice substituée, c’est comme si c'était nous qui avions vécu des vies parfaitement justes. Notre manque de justice n’est plus un problème — il est comblé par une justice étrangère, celle de Jésus-Christ. 

C’est pour cela que Jésus est venu — c’est pour cela qu’il est né : pour devenir comme nous et pour réussir là où nous avons échoué, afin de devenir notre substitution. Alors que cette période de l’Avent, où nous fêtons la venue de notre Sauveur, prend fin, j’aimerais vous inviter à vous demander comment vous répondez à sa venue. Si tu as envie de la rejeter, ne perds pas espoir : il n’est jamais trop tard pour que Dieu ouvre tes yeux pour voir Jésus comme infiniment meilleur que les choses que tu aimes. Si tu as envie de l’accepter mais que tu imagines que Dieu ne sauverait jamais quelqu’un comme toi, ne perds pas espoir : Jésus est venu sauver précisément ceux qui seraient rejetés par les autres. Si tu as accepté son sacrifice mais tu te désespères devant tout le chemin qui reste encore à faire, ne perds pas espoir : sa justice t’est attribuée, et même si le chemin est long, la finalité est assurée. Humilions-nous devant lui, afin qu’il nous élève ; faisons appel à sa grâce pour ouvrir nos yeux ; laissons-nous exposer par sa justice, afin qu’il nous transforme ; remercions le Seigneur comme Siméon, car nous aussi, nous avons vu son salut, salut qu’il a préparé devant tous les peuples, lumière pour éclairer les nations et gloire d'Israël, son peuple.