Le Sauveur, vu par des bergers

Luc 2.1-20

Jason Procopio

Luc 2.1-20 : A cette époque-là parut un édit de l'empereur Auguste qui ordonnait le recensement de tout l’Empire. 2 Ce premier recensement eut lieu pendant que Quirinius était gouverneur de Syrie. 3 Tous allaient se faire inscrire, chacun dans sa ville d’origine. 4 Joseph aussi monta de la Galilée, de la ville de Nazareth, pour se rendre en Judée dans la ville de David, appelée Bethléhem, parce qu'il était de la famille et de la lignée de David. 5 Il y alla pour se faire inscrire avec sa femme Marie qui était enceinte. 6 Pendant qu'ils étaient là, le moment où Marie devait accoucher arriva, 7 et elle mit au monde son fils premier-né. Elle l'enveloppa de langes et le coucha dans une mangeoire parce qu'il n'y avait pas de place pour eux dans la salle des hôtes. 8 Il y avait dans la même région des bergers qui passaient la nuit dans les champs pour y garder leur troupeau. 9 Un ange du Seigneur leur apparut et la gloire du Seigneur resplendit autour d'eux. Ils furent saisis d'une grande frayeur. 10 Mais l'ange leur dit: «N’ayez pas peur, car je vous annonce une bonne nouvelle qui sera une source de grande joie pour tout le peuple: 11 aujourd'hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur qui est le Messie, le Seigneur. 12 Voici à quel signe vous le reconnaîtrez: vous trouverez un nouveau-né enveloppé de langes et couché dans une mangeoire.» 13 Et tout à coup une foule d'anges de l'armée céleste se joignit à l'ange. Ils adressaient des louanges à Dieu et disaient: 14 «Gloire à Dieu dans les lieux très hauts, paix sur la terre et bienveillance parmi les hommes!» 15 Lorsque les anges les eurent quittés pour retourner au ciel, les bergers se dirent les uns aux autres: «Allons jusqu'à Bethléhem pour voir ce qui est arrivé, ce que le Seigneur nous a fait connaître.» 16 Ils se dépêchèrent d'y aller et ils trouvèrent Marie et Joseph, ainsi que le nouveau-né couché dans la mangeoire. 17 Après l'avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été dit au sujet de ce petit enfant. 18 Tous ceux qui entendirent les bergers furent étonnés de ce qu'ils leur disaient. 19 Marie gardait le souvenir de tout cela et le méditait dans son cœur. 20 Puis les bergers repartirent en célébrant la gloire de Dieu et en lui adressant des louanges à cause de tout ce qu'ils avaient entendu et vu et qui était conforme à ce qui leur avait été annoncé.

Introduction

Le récit de la naissance de Jésus est relativement court : sept versets seulement. Les treize versets suivants racontent l’histoire du point de vue des bergers qui veillent sur leurs troupeaux dans un champ. Lorsqu’on lit l’évangile selon Luc, il est clair que Luc souhaite qu’on voie la naissance de Jésus à travers leurs yeux. Il répète des détails qu’il a brièvement relatés dans l’introduction, prenant le point de vue des bergers. Nous voyons que les bergers étaient complètement bouleversés par ce qu’ils voyaient, et je crois que Luc raconte l’histoire de cette manière (l’histoire que Dieu a souverainement organisée) afin que son lecteur voie l’histoire de la naissance de Jésus de la même manière, afin qu’il soit aussi émerveillé que les bergers — et donc, nous devrions en être émerveillés, nous aussi.

Alors j’aimerais que nous revoyions l’histoire de la naissance de Jésus et que nous suivions la même logique que Luc a employée : j’aimerais revoir l’histoire à travers les yeux des bergers. Et lorsque nous parcourons l'histoire à travers leurs yeux, nous voyons que lorsque Dieu se révèle à quelqu’un par grâce, Dieu en reçoit la louange et la gloire ; et pour celui ou celle qui loue et rend gloire à Dieu, la vie n’est plus jamais la même.

1) Les anges — Dieu se révèle

Il y avait dans la même région des bergers qui passaient la nuit dans les champs pour y garder leur troupeau. 9 Un ange du Seigneur leur apparut et la gloire du Seigneur resplendit autour d'eux. Ils furent saisis d'une grande frayeur.

Lorsque la Bible décrit des anges, il y a de diverses descriptions selon le contexte, mais une chose est sûre — à chaque fois qu’un homme ou une femme voit un ange, il/elle a peur. Selon la Bible, un ange est un être terrifiant. 

Or quand nous lisons des récits des anges (ou des autres événements miraculeux) dans la Bible, nous avons une sorte de référence visuelle parce que nous avons vu de telles choses dans des films. Avec la venue des images de synthèse, nous avons vu des créatures fantastiques sur l’écran, alors même si elles sont très loin de la grandeur terrifiante des anges de la Bible, notre capacité à imaginer une telle chose est au moins un peu plus développée. Ces bergers n’ont aucune expérience de la technologie moderne ; ils n’ont jamais vu Le Seigneur des anneaux. Ils sont complètement incapables de se préparer pour le choc de voir un tel être. En plus, ce n’est pas seulement l’ange qui est impressionnant, mais il apparaît dans toute la splendeur de la gloire de Dieu. V. 9 : Un ange du Seigneur leur apparut et la gloire du Seigneur resplendit autour d’eux. 

La gloire de Dieu révèle l'écart en lui et nous — lorsque nous prenons conscience de la gloire de Dieu, nous nous rendons compte de notre petitesse par rapport à sa grandeur ; de notre péché par rapport à sa sainteté ; de notre faiblesse par rapport à sa puissance. Et une telle mise à nu est une étape nécessaire mais effrayante. 

Alors ces pauvres hommes sont terrifiés. Ils furent saisis d'une grande frayeur. 

10 Mais l'ange leur dit: «N’ayez pas peur, car je vous annonce une bonne nouvelle qui sera une source de grande joie pour tout le peuple: 11 aujourd'hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur qui est le Messie, le Seigneur. 12 Voici à quel signe vous le reconnaîtrez: vous trouverez un nouveau-né enveloppé de langes et couché dans une mangeoire.» 

Et si tout cela n’était pas un choc suffisant : 13 Et tout à coup une foule d'anges de l'armée céleste se joignit à l'ange. Ils adressaient des louanges à Dieu et disaient: 14 «Gloire à Dieu dans les lieux très hauts, paix sur la terre et bienveillance parmi les hommes!»

Avez-vous déjà entendu une très grande chorale chanter ? 50, 100, 200 personnes ? Le son est énorme. Et voici une multitude d’anges, qui chantent la gloire de Dieu, et ces bergers sont les seuls à pouvoir les écouter. Même Marie et Joseph n’ont pas pu entendre ce chœur. C’est un concert privé rien que pour eux.

Mettez-vous à leur place. Une fois qu’ils ont surmonté le choc de cette révélation, comment vont-ils réagir ? La question naturelle à poser, je pense, serait : “Pourquoi nous ?” A l’époque, on considérait les bergers comme des gens douteux — des brigands et des menteurs. Mais c’était à de tels hommes que Dieu annonce la venue du Messie. Non pas à la royauté ni aux chefs religieux, mais à des bergers, des gens insignifiants.

Alors ils passent de la panique à l’émerveillement — émerveillement à la nouvelle, déjà (notre Messie est né !) et émerveillement que c’est à eux que cette nouvelle a été révélée.

Pourquoi Dieu a-t-il fait cette annonce aux bergers, et non pas au roi ? Pourquoi l’annoncer à ce groupe de nomades plutôt qu’aux chefs religieux, qui comprendraient sûrement mieux ce qu’ils entendraient, qui connaissaient mieux les prophéties messianiques ? Dieu fait souvent cela. Moïse s’était enfui après avoir tué un égyptien… et Dieu l’a appelé à libérer le peuple. Lorsque David a été oint roi d’Israël, il était d'abord berger. Marie était une jeune fille ordinaire ; Joseph était un simple charpentier. Les disciples de Jésus étaient des hommes non éduqués, des pécheurs et des pêcheurs. Dieu choisit de montrer sa grâce envers des gens inattendus pour montrer que c’est par lui-même qu’il accomplit son plan, et non pas par la force des hommes. Il n’a pas besoin de l’aide des religieux, des riches ou des puissants pour faire sa volonté. Il peut même se servir de simples bergers.

Dieu se révèle à des gens inattendus.

2) Jésus — Dieu devient humain

16 Ils se dépêchèrent d'y aller et ils trouvèrent Marie et Joseph, ainsi que le nouveau-né couché dans la mangeoire.

Les tableaux classiques de la naissance de Jésus montrent un bébé parfaitement propre et blanc, entouré de lumière, avec une couronne de lumière autour de sa tête. C’est la même chose pour Marie, qui est souvent montrée habillée d’une robe bleue parfaite et une couronne de lumière pour elle aussi. Mais la réalité de la situation était sûrement moins idéale.

Lorsque les bergers sont arrivés, ils ont vu Joseph, très probablement épuisé après le long voyage et le stress de devoir aider Marie à accoucher. Ils ont vu Marie, une jeune femme qui vient d’accoucher, avec toute la douleur et la fatigue qui vient avec. Ils ont vu Jésus, un nouveau-né, qui n’a sûrement pas pu être correctement lavé, enveloppé de langes, couché dans une mangeoire. Et autour d’eux, étant donné l'endroit, il est fort probable qu’il y ait eu des animaux et ce qui va avec, c'est-à-dire la poussière, la paille, l’odeur d’urine et d’excréments. 

Il est important de nous souvenir qu’une fois partis des champs, les bergers n’ont vu plus d’anges ; aucune expérience mystique, aucune vision supplémentaire n’est racontée. A leur arrivée, ils ont vu un bébé bien réel. Un bébé qui est petit, qui avait de la peau et peut-être un peu de cheveux, qui n’avait pas de dents, qui pleurait quand il avait faim, qui faisait des bruits bizarres, qui avait besoin d’être changé, etc. Ce bébé n’est pas une idée ou une expérience religieuse. Il est réel, concret, tangible — ils ont pu le voir, l’entendre et (si les parents le permettaient) le toucher et le prendre dans leurs bras.

Et bien qu’il n’y ait ni couronne, ni lumière, ni rien pour l’identifier comme autre chose qu’un nouveau-né ordinaire, ce bébé est la deuxième personne de la Trinité. C’est le JE SUIS, la Parole faite chair. Ce bébé a créé l’univers. La divinité pure, Dieu lui-même, a choisi de s’emprisonner (pour ainsi dire) dans un corps — et pas n’importe quel corps, mais le corps d’un bébé. Un bébé faible et sans défense, qui était entièrement dépendant d’une jeune fille pour survivre.

Il est très possible que les bergers ne comprenaient pas vraiment qui était le Messie. Il est possible qu’il n'aient pas pleinement réalisé que ce bébé était Dieu lui-même. Mais nous le savons. Alors nous devrions nous poser une question : Pourquoi Dieu a-t-il choisi de venir ainsi ? Pourquoi a-t-il choisi de descendre sur terre non pas comme un guerrier sur un chariot, mais comme un embryon qui flotte dans les fluides amniotiques, puis comme un bébé qui arrive dans ce monde dans la douleur et le sang ?

Nous savons qu’il n’est pas venu vaincre les Romains. Même s’il a fait des miracles pendant son ministère, il est pas venu pour améliorer les standards de vie des hommes. Et même s’il a beaucoup enseigné pendant son ministère, nous savons qu’il n’est pas venu principalement pour enseigner. Jésus est venu pour sauver son peuple de leurs péchés (comme nous voyons dans l’histoire de Noël racontée par Matthieu dans Matthieu 1.21). La raison principale pour laquelle Jésus est venu était pour sauver son peuple de leurs péchés, pour payer la punition que nous ne pouvions pas payer, afin de nous en libérer.

Et pour le faire, il fallait qu’il devienne comme nous. Il devait vivre comme nous, ressentir les mêmes choses que nous, être faible comme nous, être tenté comme nous. Il devait être comme nous dans tous les sens du terme, il devait vivre une vie exactement comme la nôtre… mais sans péché. Hébreux 2.17 nous dit qu’il devait devenir semblable en tout à ses frères afin d'être un grand-prêtre rempli de compassion et fidèle dans le service de Dieu pour faire l'expiation des péchés du peuple.

Le seul moyen de vraiment payer le prix de nos péchés était de devenir comme nous, d’être tenté comme nous, et de réussir là où nous avions échoué, afin de devenir notre substitution. Alors il est venu sans armure ; il ne s’est pas servi d’un avantage quelconque que sa divinité lui aurait donné. Il est devenu exactement comme nous, et par la puissance de l’Esprit — le même Esprit que nous avons tous si nous avons la foi en lui — il a vécu une vie parfaite à notre place, afin de payer le prix de nos péchés.

3) La bonne nouvelle - Dieu envoie

Et donc après avoir entendu la nouvelle des anges, après avoir vu le bébé de leurs propres yeux, ils en parlent : ils racontent aux autres ce qui s’est passé. V. 17: Après l'avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été dit au sujet de ce petit enfant. 18 Tous ceux qui entendirent les bergers furent étonnés de ce qu'ils leur disaient. 19 Marie gardait le souvenir de tout cela et le méditait dans son cœur.

Voici ce que je trouve particulièrement intéressant dans ce récit. Au verset 11, lorsque l’ange annonce la naissance de Jésus, il dit qu’aujourd'hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur qui est le Messie[a], le Seigneur. 12 Voici à quel signe vous le reconnaîtrez: vous trouverez un nouveau-né enveloppé de langes et couché dans une mangeoire. L’ange ne dit pas si vous y allez ; il dit : vous le trouverez… Dieu s’attend à ce que les bergers aillent voir le bébé, et il sait qu’ils vont en parler : d’abord à Marie et Joseph, pour qui cette histoire sera un souvenir très cher, et puis aux autres.

Ce qui est remarquable c'est que non seulement Dieu choisit de révéler sa gloire et son plan à ses humbles bergers, mais puisqu’il est Dieu il sait que s’ils voient Jésus, ils en parleront… et il les envoie voir Jésus. Effectivement, en envoyant les bergers voir Jésus, Dieu envoie ses premiers évangélistes : Après l'avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été dit au sujet de ce petit enfant. 

Pourquoi est-ce remarquable ? Parce que ce sont des bergers, et comme j’ai dit, à l’époque, on considérait les bergers comme des gens douteux. On ne se fiait pas facilement à eux. Et Dieu les envoie quand même voir le Christ, en sachant très bien que la plupart des gens ne les croiraient pas, à moins que Dieu ouvre leurs cœurs pour accepter la nouvelle.

Mais pouvons-nous imaginer que cette difficulté les ait empêchés d’en parler ? Après tout, c’est une histoire incroyable. Après tout ce qu’ils avaient vu, ne trouveraient-ils pas ça normal et raisonnable que les gens aient du mal à le croire ?

Les bergers ont entendu la révélation des anges, ils ont vu Jésus, et ils en ont parlé.

4) La louange - Dieu réjouit

20 Puis les bergers repartirent en célébrant la gloire de Dieu et en lui adressant des louanges à cause de tout ce qu'ils avaient entendu et vu et qui était conforme à ce qui leur avait été annoncé.

Luc ne nous raconte pas la vie des bergers après cet événement. Il est normal de présumer qu’ils sont retournés à leurs occupations de bergers, qu’ils continuaient à garder leurs troupeaux.

Mais il est marqué qu’ils ont célébré la gloire de Dieu, qu’ils lui ont adressé des louanges. Combien cela a dû être facile, après une telle expérience ! Combien la prière a dû être plus simple à partir de ce moment ! Combien la communion avec Dieu a dû devenir naturelle ! (Après tout, Dieu leur a parlé — si Dieu leur a parlé, est-ce que les bergers ont une raison pour croire que Dieu ne les écouterait pas ?)

Les bergers célébraient la gloire de Dieu et lui adressaient des louanges ; ils ont rendu gloire à Dieu pour ce qu’il avait fait. Du début de leur aventure jusqu’à la fin, ils ont obtenu grâce sur grâce : la grâce de la révélation de Dieu ; la grâce de voir sa révélation accomplie ; la grâce de pouvoir en parler ; et la grâce de célébrer cette grâce. Parler et célébrer la grâce de Dieu sont également une grâce de Dieu, car notre joie est toujours augmentée lorsque nous la fêtons. C. S. Lewis dit : “Toute joie que nous ressentons déborde spontanément en louange… Le monde retentit constamment de louange — des amants qui louent leurs maîtresses ; des lecteurs qui louent leurs poètes préférés ; des randonneurs qui louent la nature ; des joueurs qui louent leur jeu préféré… Nous aimons louer ce qui nous donne de la joie parce que non seulement la louange exprime notre joie, mais elle la complète ; la louange est la consommation de la joie.” 

Nous savons qu’ils ont loué, qu’ils ont fêté la grâce et la gloire de Dieu, mais nous ne savons pas précisément comment la vie des bergers s'est terminée. Nous ne savons pas quelle différence la révélation de Dieu a faite dans leurs vies. Plein de gens dans la Bible ont vu des choses extraordinaires et n’ont pas été changés — c’est toute l’histoire du peuple d’Israël. Mais nous pouvons dire avec certitude que s’ils n’ont pas arrêté de louer, s’ils n’ont pas arrêté de chanter et de célébrer la grâce que Dieu leur a faite, leurs vies ont été transformées. Car la communion avec Dieu, la joie de connaître sa grâce et sa gloire, nous change toujours. Personne qui a une rencontre vraie et réelle avec le Dieu vivant ne repart inchangé. 

Les bergers ont ressenti la joie de recevoir la révélation de Dieu ; ils ont ressenti la joie de voir leur Messie ; ils ont ressenti la joie de devenir messagers de cette grande nouvelle ; et leur joie a débordé en louange. Dieu a reçu la gloire, et ils ont reçu la joie de recevoir sa grâce.

Conclusion

Je crois que pour certains d’entre nous, cet événement est devenu un événement comme tous les autres. On accepte sa vérité, on accepte l’ambiance de Noël, mais on n’est plus émerveillé par le fait que Dieu ait envoyé son Fils naître, vivre et mourir pour nous afin de nous réconcilier à lui, nous ses enfants.

Pourquoi ? Nous acceptons la réalité de ce qui s’est passé, mais nous ne sommes plus bouleversés par la nouvelle — pourquoi ? Nous acceptons la réalité de la manière dont nous devons y répondre, mais nos cœurs n’y sont pas — pourquoi ? Je crois que c’est parce que nous avons oublié ce que l’histoire des bergers nous raconte.

Premièrement : nous avons oublié que Dieu s’est révélé à nous. Il s’est révélé au monde entier par la venue de son Fils et par sa Parole, et si nous avons la foi en lui, ça veut dire qu’il a ouvert nos yeux pour se révéler à nous de manière particulière. Ne pensez jamais que votre foi est moins un miracle que l’apparition des anges aux bergers. Le grand Dieu de l’univers, qui serait parfaitement juste de rester loin et séparé des hommes, est descendu se révéler à nous. Avec les bergers nous avons reçu cette grande nouvelle de joie : un Sauveur nous est né.

Deuxièmement, nous avons oublié que Jésus est réel. Même parmi les chrétiens, on accepte souvent l’idée de la naissance de Jésus de la même manière qu’on accepte l’idée de Napoléon — et parfois encore moins, car on voit encore des traces de Napoléon, les choses qu’il a fait construire, alors que la naissance de Jésus n’a laissé aucun vestige. On ne peut pas aller à un musée et voir la mangeoire où Jésus a été couché. Nous voyons souvent Jésus comme une idée, comme un personnage de mythe, comme une théorie. Mais Jésus-Christ est historique, tangible et vrai. Il est aussi réel que la personne à côté de vous. Il transpirait quand il avait chaud ; son ventre faisait du bruit quand il avait faim ; il somnolait quand il était fatigué. Peut-être qu’il ronflait ; peut-être qu’il avait des boutons quand il était adolescent. Jésus est réel. Il n’est pas un personnage de fiction. Il est venu en chair et en os, et il est remonté au ciel en chair et en os. Jésus n’est pas un point de doctrine à discuter, c’est une personne qui existe.

Troisièmement, nous avons oublié la stimulation que donne une si grande nouvelle — les bergers ne pouvaient garder la bouche fermée. Avez-vous déjà appris une nouvelle si grande que vous deviez en parler à tout le monde autour de vous ? Lorsque Loanne a appris qu’elle était enceinte de Jack, j’ai passé par des mois de bonheur fou — je devais en parler tout le temps, les gens en étaient lassés. La nouvelle de la venue en chair de Dieu lui-même n’est-elle pas une nouvelle infiniment plus importante que toutes les autres nouvelles ? A côté de cette nouvelle, tous les événements variés de notre monde pâlissent. Rien ne peut se comparer à cela ! 

Quatrièmement, nous ne sommes plus bouleversés par la nouvelle de la naissance de Jésus parce que avons arrêté de louer. Oui, nous chantons, mais lorsque nous apprenons une nouvelle si grande, nous vibrons de joie. Cette joie nous pousse à la louange — non seulement par la prière et le chant, mais par nos vies. Lorsqu’on se réjouit d’une telle nouvelle, l’obéissance est naturelle. Nous ne parlons plus des mêmes choses, nous n’aimons plus les mêmes choses… Mais avec le temps, le péché en nous fait qu’on s’habitue à même cette grandeur, et les péchés que nous avons abandonnés commencent à nous manquer.

Quelle est donc la solution à tous ces oublis ? Nous demandons à l’Esprit de Dieu de se révéler à nous à nouveau, de nous rappeler de pourquoi cette bonne nouvelle est une source de si grande joie ; nous demandons à Jésus qui est né et mort pour nous d’appliquer son œuvre à notre vie ; et nous poursuivons cette grande joie avec toute notre détermination. C’est une grâce que Dieu a faite aux bergers et à nous — il s’est révélé à nous, il a prouvé la vérité de sa révélation, il nous a envoyés pour en parler au monde entier, et il nous a donné le don de célébrer la grandeur de cette grâce par notre louange, par nos prières et par nos vies. Et puisque c’est une grâce, nous pouvons avoir la certitude qu’elle est encore là, encore disponible, encore prête à nous être donnée. Dieu ne se lasse pas de montrer de la grâce à ceux qui la désirent.

N’ayez pas peur, car je vous annonce une bonne nouvelle qui sera une source de grande joie pour tout le peuple. Aujourd'hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur qui est le Messie, le Seigneur.