Heureux celui à qui la transgression est remise

Matthieu 5.4 :

Heureux les affligés, car ils seront consolés ! (Version Louis second)

Bienheureux sont ceux qui pleurent; car ils seront consolés (Version Martin)

À quand remonte votre dernière affliction ? Et vos dernières larmes ? Je ne parle pas ici d’une simple contrariété quotidienne, mais plutôt d’un évènement vous ayant profondément choqué. Qu’est-ce qui vous a mis dans cet état ? En général, qu’est-ce qui vous afflige ? Pourquoi pleurez-vous ?

Jésus dans ce propos assimile les personnes affligées, celles qui pleurent (de tristesse) à des personnes heureuses. Comment est-ce donc possible ? À quelle affliction fait-il allusion ?

Nous devrions peut-être déjà commencer par dire tout de suite ce qu’est cette affliction et ce à quoi elle ne renvoie certainement pas.

TRISTESSE ET AGONIE

Le mot grec utilisé et traduit par affliction est le mot le plus intense pouvant décrire la douleur et le chagrin. Le mot le plus puissant que j’ai trouvé en français est l’agonie. L’agonie est définie comme une extrême souffrance morale entraînant un très grand abattement spirituel. Quand Jésus parle d’affliction, il ne s’agit donc pas ici de simples contrariétés quotidiennes. Mais bien plus. La notion derrière ce terme traduit un réel inconfort produit par une situation gênante.   

Dans son propos, Jésus ne fait pas de distinctions au sujet des types d’afflictions, encore moins sur les causes de ces afflictions. Toutes les afflictions sont-elles appréciées de Dieu ? La réponse à cette question est NON. Certaines afflictions plaisent à Dieu, et d’autres sont clairement mondaines. Faisons le point là-dessus. 

LA TRISTESSE SELON LE MONDE

Il existe plusieurs raisons pouvant nous conduire à la tristesse, l’affliction et même les larmes. Voyons quelques raisons parmi celles que Dieu désapprouve :

  • La tristesse dépourvue d’espoir. 

Illustrons cette tristesse par le cas de Judas. Il a trahi Jésus, en le livrant aux autorités juives de son époque contre de l’argent. Suite à l’arrestation et au procès de Jésus, il a réalisé son erreur, et cela l’a affligé. Il a confessé son péché et est même allé jusqu’à restituer l’argent qu’il avait perçu.

« J'ai péché, en livrant le sang innocent » (Matt. 27.4). 

Judas a fait bien plus que plusieurs chrétiens de nos jours quand nous péchons. Et pourtant l’affliction de Judas n’a pas plu à Dieu. Pourquoi ? L’une des raisons principales est que son affliction était dépourvue d’espoir. Nous voyons que suite au rejet des chefs religieux, Judas, désespéré, se pend (Matt. 27.5). 

Judas a finalement cru que son péché était plus grand que la grâce et le pardon de Dieu. Il n’avait pas cru en la capacité de Dieu à pourvoir un sauveur pouvant effacer tous ses péchés. Dans sa tristesse, il n’avait aucun espoir.

Nous ressemblons si souvent à Judas sur cet aspect. Nous voyons la grandeur, et la gravité de nos péchés et cela nous désespère car nous considérons qu’il sera difficile d’obtenir le pardon de Dieu pour ce que nous avons fait. Ce sentiment est récurrent quand nous tombons plusieurs fois dans le même péché, malgré tous nos efforts et promesses. On est tenté de se dire : « C’est trop, là j’exagère, je suis allé trop loin. Ce n’est même pas la peine de me présenter devant Dieu, Il ne me pardonnera pas, pas cette fois ». On est désespéré. 

Ceci n’est clairement pas une tristesse selon Dieu, bien au contraire. On ne fait pas partie de ceux que Jésus appelle dans son sermon « bienheureux ». 

Un chrétien doit mettre en avant, non pas la gravité de ses péchés, mais plutôt la grâce et la bonté de Dieu qui lui pardonne tout. En face de nos plus « grandes chutes », nous devons nous souvenir qu’aucun péché n’est plus grand que l’amour de Dieu. 

  • La tristesse hypocrite. 

Illustrons cette tristesse par Saul. Nous retrouvons le récit dont sont extraits les versets ci-dessous dans le livre de 1 Samuel 15.2-3, 8-9. Saül, avait reçu un ordre de la part de Dieu via le prophète Samuel : 

« 2 Je me souviens de ce qu'Amalek fit à Israël, lorsqu'il lui ferma le chemin à sa sortie d'Egypte. 3 Va maintenant, frappe Amalek, et dévouez par interdit tout ce qui lui appartient; tu ne l'épargneras point, et tu feras mourir hommes et femmes, enfants et nourrissons, boeufs et brebis, chameaux et ânes. ». 

En réponse à cette injonction, voici la réponse de Saül :  

« Saül battit Amalek depuis Havila jusqu'à Schur, qui est en face de l'Egypte. 8 Il prit vivant Agag, roi d'Amalek, et il dévoua par interdit tout le peuple en le passant au fil de l'épée. 9 Mais Saül et le peuple épargnèrent Agag, et les meilleures brebis, les meilleurs boeufs, les meilleures bêtes de la seconde portée, les agneaux gras, et tout ce qu'il y avait de bon ; ils ne voulurent pas le dévouer par interdit, et ils dévouèrent seulement tout ce qui était méprisable et chétif ».

Suite à cette désobéissance, Dieu punit Saül en lui retirant la royauté. Face à cette sentence, Saül confessa son péché et dit : 

« J'ai péché, car j'ai transgressé l'ordre de l'Eternel, et je n'ai pas obéi à tes paroles ; je craignais le peuple, et j'ai écouté sa voix ». 

On découvre donc ici un homme qui n’est pas très concerné par son péché, mais plutôt par son pouvoir. Ce qui importait vraiment pour lui c’était son honneur et sa réputation parmi le peuple. Il dit ensuite : 

« J'ai péché ! Maintenant, je te prie, honore-moi en présence des anciens de mon peuple et en présence d’Israël ; reviens avec moi, et je me prosternerai devant l'Eternel, ton Dieu ». 

Saül était triste, mais c’était une tristesse hypocrite. Pour Saül, ce qui importait c’était garder son royaume et plaire au peuple. Si pour retrouver son honneur, son prestige et l’approbation du peuple, cela demandait de se confesser tristement, alors il était prêt à le faire.

Cette attitude hypocrite ne se retrouve malheureusement pas que chez Saül. Quand nous nous servons de la tristesse pour amadouer, attendrir, obtenir quelque chose, alors notre tristesse est hypocrite. En réalité, cette tristesse a juste pour but de tromper la personne en face afin d’obtenir l’objet de notre désir. Cette attitude est facile à déceler chez des enfants qui sont prêts à faire des scènes, juste pour obtenir un jouet par exemple. Les adultes sont peut-être plus subtils, mais la racine est la même. 

  • La tristesse du péché

Souvenez-vous du SDF qui a emporté deux sacs remplis de billets à l’aéroport de Roissy (490 000€). Voici déjà 2 mois qu’il est recherché par la police. Tous les scénarios sont envisageables. Imaginez donc qu’il se fasse arrêter dans les prochains jours. On peut penser qu’il aura des regrets, il sera triste, car il ne pourra plus profiter des avantages que lui procurait son vol. 

Pour prendre un exemple plus près de nous, imaginez que deux membres de l’assemblée entretiennent une relation illicite (fornication, adultère), et pour une raison ou une autre, cela vient à se savoir. Comment pensez-vous que ces personnes vont se sentir ? Mal, très mal certainement. Mais à votre avis, qu’est ce qui va les attrister ? Ce sera peut-être le regard des autres, leur réputation. Dans plusieurs cas, quand les péchés cachés sont exposés, la solution prise est de partir. Changer d’assemblée.

Mais au fond, la tristesse ressentie, n’est pas centrée sur l’horreur du péché révélé, mais plutôt sur ses conséquences.

On est triste non pas parce qu’on a péché, mais parce que la mise à nu de notre péché nous empêchera désormais d’en « profiter » discrètement. 

Celui qui, suite à une relation illicite attrape une maladie sexuellement transmissible, regrette certainement son acte. Mais au fond, il regrette non pas son péché, mais le fait que ce péché ait entrainé une conséquence aussi terrible.

En résumé, on peut être triste face à notre péché parce qu’il nous semble plus grand que la grâce de Dieu. On peut feindre la tristesse de manière hypocrite, mais aussi être affligé face aux conséquences du péché, et dans chacun de ces cas, la promesse de Jésus ne nous concerne point. A quoi fait donc allusion Jésus ? Quelle est cette tristesse ?

LA TRISTESSE QUI PRODUIT LA JOIE

Paul nous en donne un aperçu quand il dit (2 Cor. 7 :10) :

« En effet, la tristesse selon Dieu produit une repentance à salut dont on ne se repent jamais, tandis que la tristesse du monde produit la mort. »

On peut constater que la tristesse dont il est question est une tristesse qui produit la repentance. C’est celle qu’on retrouve chez David dans le Psaume 51.3-14 : 

3 O Dieu ! aie pitié de moi dans ta bonté ; Selon ta grande miséricorde, efface mes transgressions ; 4 Lave-moi complètement de mon iniquité, Et purifie-moi de mon péché. 5 Car je reconnais mes transgressions, Et mon péché est constamment devant moi. 

6 J'ai péché contre toi seul, Et j'ai fait ce qui est mal à tes yeux, En sorte que tu seras juste dans ta sentence, Sans reproche dans ton jugement. 7 Voici, je suis né dans l'iniquité, Et ma mère m'a conçu dans le péché. 8 Mais tu veux que la vérité soit au fond du coeur : Fais donc pénétrer la sagesse au dedans de moi ! 9 Purifie-moi avec l'hysope, et je serai pur ; Lave moi, et je serai plus blanc que la neige. 10 Annonce-moi l'allégresse et la joie, Et les os que tu as brisés se réjouiront. 

11 Détourne ton regard de mes péchés, Efface toutes mes iniquités. 12 O Dieu ! crée en moi un coeur pur, Renouvelle en moi un esprit bien disposé. 13 Ne me rejette Pas loin de ta face, Ne me retire pas ton esprit saint. 14 Rends-moi la joie de ton salut, Et qu'un esprit de bonne volonté me soutienne ! 

Et il rajoute au Psaume 32.1-2 : 

1 Heureux celui à qui la transgression est remise, A qui le péché est pardonné ! 

2 Heureux l'homme à qui l'Eternel n'impute pas d'iniquité, Et dans l'esprit duquel il n'y a point de fraude ! 

Bienheureux les affligés, ceux qui pleurent pour leurs péchés ; ils seront consolés. Heureux, ceux qui voient la gravité de leurs péchés, et qui s’en repentent. Les affligés dont parle Jésus sont ceux qui se réjouissent car leurs péchés sont pardonnés.

La Bible nous demande d’être affligés par nos péchés car c’est la réponse naturelle de celui qui comprend la gravité de sa désobéissance face à un Dieu saint. C’est aussi la réaction de celui qui réalise que par sa désobéissance, il déshonore l’objet de son amour : Christ.

La joie provient de la réconciliation car le péché nous éloigne de Dieu. Celui qui pèche et qui le réalise est affligé, et se tourne vers Dieu pour le pardon. La bonne nouvelle est que Dieu est toujours prêt à pardonner, faire grâce, restaurer et réconforter le pécheur qui se repent.

LA CONFESSION DES PECHES : UN BON INDICATEUR

A quand remonte la dernière fois que nos péchés nous ont réellement affligés ? Il est si facile de s’affliger des péchés des autres, mais pas assez des nôtres. Facile de s’affliger sur les conséquences de nos péchés, plutôt que sur leur gravité. Facile d’agrandir notre péché au point d’amoindrir la grâce de Dieu. Facile de se servir de la tristesse, de l’affliction pour obtenir l’objet de nos convoitises.

Sommes-nous affligés par notre péché ? Il est si facile de trouver des excuses et des coupables pour tous nos péchés. Il y a toujours une justification pour notre péché : les autres. Et même quand nous devons le confesser, on dirait que l’exercice est intellectuel : une succession de paroles, mais sans aucune émotion. Tout laisse à penser que nous ne réalisons pas ce que nous disons. 

Nous vivons une époque très légère. Une époque dans laquelle on rit de tout, même des choses les plus graves. Nous rions de ce qui devrait nous faire pleurer. Et bien évidemment nous rions de notre péché, nous en faisons un sujet « fun », et cela en dit long sur nous. 

Ce que Jésus nous dit ici est que sont bienheureuses les personnes qui sont affligées par leurs péchés. Si tel n’est pas notre cas, alors nous ne connaitrons jamais la joie qu’il promet. Si vivre une vie victorieuse sur le péché n’est pas une priorité dans nos vies, alors s’en repentir ne le sera pas non plus. On trouvera des excuses pour justifier notre péché.

Quand nous avons réalisé notre pauvreté spirituelle, notre incapacité à faire quoique ce soit pour plaire à Dieu et pour obtenir/mériter notre salut ; quand nous avons réalisé l’amour parfait de Dieu qui nous a sauvé d’une damnation éternelle, mais aussi qui au quotidien est avec nous ici-bas, alors nous sommes profondément affligés quand nous nous rebellons contre lui.  

Le chrétien n’est pas parfait, mais ce qui le distingue des autres c’est son rapport au péché. Il ne se réjouit pas de son péché, bien au contraire son péché produit en lui de profondes afflictions. Et ces afflictions sont transformées en joie lorsque le péché est confessé.

Heureux celui à qui la transgression est remise,  A qui le péché est pardonné !

Malheur aux riches, le royaume appartient aux pauvres

Philippe Simo

Quand j’ai dû quitter mon Afrique natale pour venir poursuivre mes études en Europe, j’ai reçu plusieurs mises en gardes de chrétiens concernant le danger auquel j’allais exposer mon âme en venant en occident. Ceci va peut-être vous surprendre , mais pour beaucoup de chrétiens en Afrique, l’Eglise en occident est froide, pâle et remplie de chrétiens sans réelle passion pour Dieu.

Beaucoup de croyants en Afrique pensent que, la richesse et l’hyper sécularisation de l’occident à eu pour résultat dans l’Eglise de tiédir, sinon refroidir les chrétiens. 

Une fois en France, j’ai été surpris de me rendre compte qu’ici les chrétiens et surtout les personnes se définissant comme athées ou agnostiques attribuent l’avancée du christianisme dans le tiers monde (Afrique et Amérique latine) à un tout autre facteur… La pauvreté.

Oui, j’ai appris que la pauvreté était un terrain fertile pour la foi. Ceux qui n’ont rien se tournent vers un dieu car la foi en ce dieu leur permet d’avoir de l’espoir en l’avenir. 

Ou est la vérité? Que nous dit la Bible à ce sujet?

JESUS EST DU côté DES PAUVRES

Jésus en introduction du sermon sur la montagne dit : Heureux ceux qui reconnaissent leur pauvreté spirituelle, car le royaume des cieux leur appartient (Matthieu 5.3).

Toute personne qui a déjà lu la Bible peut très vite se rendre compte du coeur de Dieu pour les pauvres. C’est une constance de la Genèse à l’Apocalypse (premier et dernier livre de la BIble). Dieu dit qu’il prend soin du faible, il affirme qu’il fait droit à l’orphelin et à la veuve, qu’il aime l’immigrant et lui donne nourriture et vêtement (Deutéronome 10.18).  Ésaïe appelle le peuple d’Israël à l’action en faveur des pauvres, il l’exhorte à partager son pain avec celui qui a faim et à couvrir d’un vêtement celui qui est nu (Ésaïe 58.7). Les exemples donnés par Jean-Baptiste à ceux qui lui demandent ce qu’ils doivent faire pour produire du fruit digne de la repentance sont les suivants : « Que celui qui a deux tuniques partage avec celui qui n’en a pas, et que celui qui a de quoi manger fasse de même. » (Luc 3.11).

Jesus pendant son ministère terrestre a été l’ami des pauvres. Il est d’ailleurs dit de notre Seigneur Jésus-Christ, qu’il s'est fait pauvre, de riche qu'il était, afin que par sa pauvreté nous fussions enrichis (2 Corinthiens 8.9).

Et pourtant cet amour pour le pauvre a souvent été mal compris. 

LE vœu DE PAUVRETé INSTITUé

Le vœu de pauvreté est une promesse solennelle et publique faite à Dieu de renonciation à la possession de tous biens matériels, en vue de se consacrer à Dieu. Il ne signifie pas ne rien posséder, mais plutôt, tout mettre en commun. Il est compris comme une réponse à l’invitation du Christ au riche homme : « va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis-moi». Matthieu 19.21 ; Mais aussi une volonté de vivre comme Christ lui même a vécu, c’est à dire dans le dénuement. (Source)

On peut très clairement comprendre que plusieurs chrétiens ont fait de l’amour de Dieu pour les pauvres un appel à la pauvreté. Il faut être pauvre pour être aimé de Dieu. 

Jésus PARLE DE PAUVRETé SPIRITUELLE

Dans ce passage, Jésus parle pourtant d’un aspect fondamental de la vie chrétienne. Il parle de ceux a qui appartient le royaume de Dieu. Il promet le bonheur et le royaume de Dieu aux personnes qui sont pauvres spirituellement. Ce qui veut donc dire que sans pauvreté spirituelle, le royaume des cieux ne peut nous appartenir. Qu’est-ce donc, la pauvreté spirituelle?

On peut simplement définir la pauvreté spirituelle comme étant un état d’humilité devant Dieu. Celui qui est pauvre spirituellement est celui qui a réalisé (et continue de réaliser), qu’il ne possède rien ici bas qui puisse le rapprocher du royaume de Dieu. Ils s’est humilié en se repentant de sa vaine manière de vivre. Il n’a aucune justice personnelle a faire valoir devant Dieu et sait que son salut n’est rien d’autre qu’un don de Dieu. Ils n’a rien à offrir à Dieu, et est libéré de toute prétention, ou mérite. Le royaume lui appartient.

UNE EXCELLENTE NOUVELLE POUR LES PAUVRES DE CE MONDE

Telle que définie ci-dessus, la pauvreté en Esprit est donc une très bonne nouvelle pour les pauvres et les opprimés de ce monde. Le pauvre n’est pas exclu du royaume de Dieu à cause de sa pauvreté, et le riche n’est pas accepté à cause de sa richesse. Les deux doivent s’humilier devant le Seigneur afin d’accéder au royaume. En matière de salut, il n y a donc pas de privilégié, pas de favoritisme. 

Toutefois, il faut reconnaitre qu’il est plus aisé pour les pauvres, les opprimés, les exclus de ce monde de s’humilier, par rapport aux riches.

Il est évident que ceci ne veut pas dire que tous les pauvres sont dans le royaume de Dieu. C’est justement cette mauvaise compréhension qui a poussé plusieurs à se dépouiller de leurs richesses matérielles espérant ainsi avoir la faveur divine. La pauvreté ne qualifie personne pour le royaume de Dieu, seule la foi en l’oeuvre rédemptrice de Jesus le fait.

UN APPEL A DEMEURER DANS LA PAUVRETE

Ce qu’il faut donc retenir c’est que le royaume appartient aux pauvres en esprit, aux humbles, à ceux qui se sont détournés de leurs péchés, et ont reconnu qu’ils n’ont rien a apporter pour sauver leurs âmes.

La deuxième chose à retenir est que la pauvreté spirituelle est une attitude qui caractérise ceux qui sont dans le royaume.  Ils ne se sont pas juste humiliés pour entrer dans le royaume de Dieu pour ensuite redevenir arrogants et suffisants (même si certains croyants le font). La pauvreté spirituelle implique de vivre sa vie entière en totale dépendance à Dieu. C’est reconnaitre chaque jour jour qu’on a encore plus besoin de Dieu que la veille, c’est continuer à se repentir chaque jour de nos péchés. La pauvreté est un état de manquement, d’absence. Celui qui est pauvre spirituellement continue donc à se tourner vers Dieu car il réalise au fur et à mesure de sa croissance, combien sa pauvreté est grande.

Puisse Dieu ouvrir nos yeux spirituels, afin que nous puissions voir la grandeur de notre pauvreté.

 

Remarques sur la Sainte Cène à l'Église Connexion

- Jason Procopio

La Sainte Cène, comme vous le savez peut-être, c’est le moment de chaque culte où nous mangeons du pain et buvons du jus de raisin pour nous souvenir de la mort de Jésus pour nous. Certaines personnes se sentent parfois exclues de ce moment du culte. Il y a de bonnes raisons pour ne pas prendre la Cène…mais il y a des gens qui s’excluent eux-mêmes de la Cène par erreur. Cet article cherche à clarifier le point de vue de l’Église Connexion à cet égard, et à encourager tous ceux qui peuvent à participer au « repas du Seigneur » avec nous.

Qu’est-ce que la Sainte Cène ? 

1) Un moyen de nous souvenir de la mort de Jésus pour nous.

Nous lisons très souvent 1 Corinthiens 11.23-36 avant de prendre la Sainte Cène :

En effet, j’ai reçu du Seigneur ce que je vous ai transmis. Le Seigneur Jésus, la nuit où il a été arrêté, a pris du pain. Après avoir remercié Dieu, il l’a rompu et a dit : [« Prenez, mangez.] Ceci est mon corps qui est [rompu] pour vous. Faites ceci en souvenir de moi. » De même, après le repas, il a pris la coupe et a dit : « Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang. Faites ceci en souvenir de moi toutes les fois que vous en boirez. » En effet, toutes les fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne.

Le pain représente le corps de Christ, et le jus de raisin (ou le vin, selon l’église) représente son sang. Il s’agit des symboles—le pain n’est pas littéralement le corps de Jésus, et le jus n’est pas littéralement son sang. Ce sont des moyens de représenter son corps et son sang, et de nous souvenir de son sacrifice pour nous.

2) Un moyen d'unir « le corps »

Souvent nous lisons ces quatre versets seuls, mais il faut savoir qu’ils viennent dans un contexte plus large. Dans les versets 17-34 d’1 Corinthiens 11, Paul parle des divisions dans l’église de Corinthe : des chrétiens riches qui humilient les chrétiens pauvres, de certains personnes dans l’église qui sont affamées alors que d’autres mangent à leur faim. Paul reproche à l’église de Corinthe leur attitude à cet égard, puisque même en agissant ainsi, ils continuent de prendre la Cène comme si de rien n’était.

Au verset 29, il dit qu’en prenant la Cène, nous devons nous examiner pour nous assurer de pouvoir « discerner le corps » (v. 29: « car celui qui mange et boit, sans discerner le corps, mange et boit un jugement contre lui-même »). Il y a des débats concernant ce que représente « le corps » au verset 29, mais il est important de noter que dans les chapitres 9-12 de ce livre, à chaque fois où Paul parle du corps physique de Jésus, qui a été brisé à la croix, il l’accompagne d’une référence au sang de Jésus, alors que lorsqu’il emploie le mot « corps » seul, il fait référence au corps spirituel de Jésus—l’Église. Nous en concluons donc que l’injonction de ne pas prendre la Cène « sans discerner le corps » signifie que nous devons discerner notre appartenance à la famille de Dieu (l'Eglise), ainsi que notre responsabilité vis-à-vis d'elle, avant de prendre la Cène.

La Cène, ce n’est donc pas seulement un acte par lequel nous nous souvenons de la mort de Jésus: c’est aussi un moyen de déclarer les uns aux autres que nous appartenons au corps de Christ. Lorsque je prends le pain et le jus, je dis à chacun et à chacune d’entre vous : « Je suis l’un de vous. J’appartiens au corps de Christ, je bénéficie de son sacrifice et je place ma foi en lui, tout comme vous. » Et vous me déclarez la même chose lorsque vous prenez la Cène.

La Sainte Cène est un moyen de grâce que Dieu nous a donnés pour fortifier l'unité du corps de Christ alors que nous nous souvenons de la mort de notre Sauveur ensemble.

faut-il être baptisé avant de prendre la cène ?

Plusieurs églises ont des règles très strictes concernant la Cène, et certaines vont jusqu’à interdire la Cène pour ceux ou celles qui ne sont pas encore baptisés (car le baptême est l’autre sacrament que Jésus a ordonné pour montrer que nous avons placé en lui notre foi, et que nous appartenons à son corps).

Nous comprenons totalement pourquoi les églises interdiraient la Cène de cette manière—ils essaient de protéger leurs membres, d’éviter que les gens prennent la Cène « sans discerner le corps ».

Toutefois, nous ne désirons pas imposer des interdictions que la Bible n’impose pas, surtout pour quelque chose d’aussi important pour notre foi que la Cène. Il faut savoir que la Bible ne donne aucun autre critère pour prendre la Cène que la foi en Christ et la connaissance de son appartenance au corps de l’église. 

C’est pour cela que pour prendre la Cène à l’Église Connexion, vous n’avez pas besoin d’être baptisés. Vous êtes des adultes, et nous vous faisons confiance pour vous examiner comme Paul dit de faire, et pour décider pour vous-mêmes si vous avez ou non la foi en Christ. Si vous avez placé en lui votre foi—peu importe à quel point vous êtes un chrétien imparfait—vous faites partie du corps de Christ, et vous êtes donc le bienvenue à la table du Seigneur avec nous.

Et si j'ai péché ?

Il y a des personnes qui évitent de prendre la Cène parce qu'ils ont honte de leur péché. Ils se souviennent de ce que Paul dit aux versets 27-28 d'1 Corinthiens 11 :

C’est pourquoi, celui qui mange ce pain ou boit la coupe du Seigneur indignement sera coupable envers le corps et le sang du Seigneur. Que chacun donc s’examine lui-même, et qu’ainsi il mange du pain et boive de la coupe...

Ce désir d'être droits devant Dieu avant de prendre la Cène est un très bon désir. Toutefois, il y a une grande différence entre prendre la Cène alors que nous sommes attristés par nos péchés, et prendre la Cène alors que nous refusons de nous repentir de nos péchés. 

Le moyen que Dieu nous donne d'être réconciliés à lui et d'être déclarés justes devant est la foi en Christ, mise en application dans nos vies par la repentance. La repentance, c'est un engagement à nous détourner de nos péchés et à compter sur Christ seul pour notre salut.

Si nous persistons dans un cycle de péché dont nous ne nous sommes pas repentis, alors c'est clair—il ne faut pas prendre la Cène. Mais si vous avez reconnu l'erreur que vous avez commise, et vous vous êtes repentis de votre péché, alors vous êtes pardonnés : peu importe combien vous avez encore honte de ce que vous avez fait. 

Puisque la Cène est un moyen de nous souvenir du sacrifice de Jésus pour nous, y participer dans le contexte d'un péché repenti est un moyen de grâce pour nous : un acte de foi où nous nous plaçons devant Dieu et où nous déclarons, à lui et les uns aux autres, que le sacrifice de Jésus est suffisant pour payer le prix de ce que nous avons fait et pour nous libérer du pouvoir du péché.

Si vous vous êtes repentis de vos péchés, nous vous invitons donc à participer humblement à la Cène avec nous, afin de déclarer votre confiance en Christ pour votre salut.

Et les enfants ?

La question des enfants qui participent à la Cène est une question difficile.

La Bible ne répond jamais directement à cette question, et les opinions diffèrent à ce sujet. Alors je vais adresser deux cas différents (et il faut savoir que je donne simplement l’opinion des anciens ici—tous les chrétiens ne seraient pas d’accord avec nous).

Le premier cas, c’est celui des enfants qui sont encore petits, qui ne peuvent pas consciemment décider pour eux-mêmes d’accepter ou de rejeter l’évangile. Quand ils sont petits, ils suivent l’exemple de leurs parents. Pendant cette période de leurs vies, la plupart d’entre nous considérons nos enfants comme faisant partie du corps de Christ, tout naturellement. Nous les voyons comme nos petits frères et nos petites sœurs, qui sont sous notre responsabilité spirituelle, et que nous élevons comme des petits disciples de Jésus.

Les gens disent souvent que les enfants sont l’avenir de l’église. Je ne suis pas du tout d’accord—comme un auteur l’a dit, « Nos enfants ne sont pas l’avenir de l’église, ils sont le présent de l’église. » Etant donné la manière dont Jésus a accueilli les petits enfants (et a reproché à ses disciples leurs efforts de les éloigner), j’ai du mal à imaginer Jésus dire à nos enfants qu’ils ne sont pas les bienvenues à sa table.

La Cène n’est pas seulement une manière de professer notre foi en Christ ; c’est aussi un moyen de grâce pour nous tous. Par la Cène nous comprenons l’évangile plus pleinement et nous lui faisons confiance plus complètement. Alors je crois que les petits enfants devraient être les bienvenus à la table du Seigneur, comme nous—eux aussi ont besoin de ce moyen de grâce.

Le deuxième cas, c’est des enfants un peu plus grands (l’âge varie d’un enfant à l’autre, alors parents—vous devez connaître vos enfants), et qui peuvent consciemment décider d’accepter ou de rejeter l’évangile. Dans ce cas, on fait avec eux comme on ferait avec n’importe quel adulte raisonnable.

Dans les deux cas, parents, nous vous demanderons de suivre une simple règle de sagesse. Prenez quelques instants (si nécessaire) pour parler à vos enfants de ce qu'est la Sainte Cène, et pour vous poser les questions suivantes :

  • Vos enfants comprennent-ils ce que Christ a fait pour eux, et font-ils confiance à Christ pour leur salut (même si leur compréhension de son sacrifice reste limitée) ?
  • Vos enfants grandissent-ils en obéissance comme un fruit de la repentance ? (Non pas : « Sont-ils parfaits ? » mais plutôt : « Est-ce qu’ils font des progrès, et pourquoi ? »)
  • Vos enfants comprennent-ils ce que signifie appartenir au corps de Christ (même si leur compréhension de cette appartenance reste limitée) ?
  • Croyez-vous que vos petits enfants font partie du corps de Christ (même si un jour ils arriveront à un âge où ils pourront rejeter l'évangile) 

Si vous pensez que la réponse à ces questions seraient « Oui », alors nous vous encourageons à les inviter à participer avec nous. Si toutefois vous êtes mal à l’aise avec cette idée, merci d’expliquer à vos enfants ce qui se passe, et de les inviter à rester tranquillement à leur place pendant que vous vous levez pour prendre la Cène.

La générosité : au cœur du christianisme ?

- Philippe Simo

« Si tu as de la nourriture dans le frigo, des vêtements dans le placard, un toit au-dessus de ta tête et un endroit où dormir,  alors tu es plus riche que 75% de la population sur la terre. Si tu as de l'argent dans ton portefeuille, et des économies à la banque, alorstu fais partie des 8% les plus riches de la terre… » 

La première impression que j'ai eue était de me dire : « Waouh, il y a tant de misère dans le monde que ça ? » La deuxième était de me dire que la société occidentale dans laquelle nous vivons tend à nous couper de cette triste réalité, et quelque part nous pousse à nous centrer sur notre personne et donc à nous occuper de nos propres « affaires ».

Vu que nous sommes à bien des égards riches, je pense que nous devons regarder de très près ce que Jésus a dit dans la Bible aux riches. Car la question de la richesse est souvent au cœur de plusieurs discussions entre chrétiens, mais aussi à l'origine de plusieurs luttes internes chez le chrétien.

JESUS NOUS PARLE DES RICHES... DE CE MONDE

La première chose que l'on peut dire sans risques de se tromper est que Jésus n'a pas évité le sujet de l'argent, bien au contraire. La deuxième chose que l'on peut dire est qu'il n'a pas été élogieux envers les riches, loin s'en faut. 

On l'entend par exemple dire

Malheur à vous, riches, car vous avez votre consolation ! 25 Malheur à vous qui êtes comblés [maintenant], car vous aurez faim ! Malheur à vous qui riez maintenant, car vous serez dans le deuil et dans les larmes ! (Luc 6.24-25) 

Ou encore dans la parabole du riche homme : 

Mais Dieu lui dit : 'Homme dépourvu de bon sens ! Cette nuit même, ton âme te sera redemandée, et ce que tu as préparé, pour qui cela sera-t-il ?' 21 Voilà quelle est la situation de celui qui amasse des trésors pour lui-même et qui n'est pas riche pour Dieu (Luc 12.16-21).

Ce n'est pas tout, Jésus rajoute quelques chapitres plus loin :

Nul serviteur ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l'un et aimera l’autre ; ou il s'attachera à l'un et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et les l'argent (Luc 16.13).

Le paroxysme de tout ceci se retrouve au chapitre 18 quand la rencontre de Jésus avec un riche homme de bonne moralité se termine par ces propos : 

« Qu'il est difficile à ceux qui ont des richesses d'entrer dans le royaume de Dieu ! En effet, il est plus facile à un chameau de passer par un trou d'aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu. » Ceux qui l'écoutaient dirent : « Qui donc peut être sauvé ? » Jésus répondit : « Ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu » (Luc 18.24-27).

Peut-on réellement aspirer à la richesse en prenant en compte toutes les mises en garde de Jésus ? 

Jésus vient de dire qu'il est on-ne-peut-plus difficile pour un riche d'être sauvé…pourtant le difficile reste possible. Quelques versets seulement après cette parabole (dans Luc 19.1-10), Jésus rencontre un homme riche appelé Zachée, chef des collecteurs d'impôts. Le miracle va avoir lieu et comme premier acte après sa conversion, cet homme va distribuer ces biens (ce que le riche homme de Luc 18 a refusé de faire).

La générosité est un signe externe de conversion.

Peut-on réellement connaitre Christ et être radin ? Il ne s'agit pas ici simplement de contribution financière à l’église (car, oui, on peut contribuer financièrement dans son assemblée et être foncièrement radin). Il est possible de donner par devoir, et non par générosité. D'ailleurs pour certains chrétiens, la générosité se limite à la participation financière dans leur assemblée.

UN EXEMPLE VENU DES MACEDONIENS

Voici ce que Paul dit des Macédoniens : 

Au milieu même de la grande épreuve de leur souffrance, leur joie débordante et leur pauvreté profonde les ont conduits à faire preuve d'une très grande générosité. Je l'atteste, ils ont donné volontairement selon leurs moyens, et même au-delà de leurs moyens, et c'est avec beaucoup d'insistance qu'ils nous ont demandé la grâce de prendre part à ce service en faveur des saints. Ils ont fait plus que ce que nous espérions, car ils se sont d'abord donnés eux-mêmes au Seigneur, puis à nous, par la volonté de Dieu (2 Corinthiens 8:2-5).

Les Macédoniens étaient au bas du classement des 75% les plus pauvres de la planète dont nous avons parlé en début d'article. Il semblerait qu'ils n'avaient pas grand-chose, et pourtant ils ont donné et se sont donné.

La conversion se traduit par un cœur régénéré. Un tel cœur est généreux. Généreux avec son temps, avec ses biens matériels (voiture, maison, nourriture, dons) car c'est une démonstration de la grâce de Dieu car Paul dit quelques versets plus loin : 

Vous connaissez la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ: pour vous il s'est fait pauvre alors qu'il était riche, afin que par sa pauvreté vous soyez enrichis (1 Corinthiens 8.9).

LA LUTTE POUR LA GENEROSITE

On a souvent à tort réduit la générosité à une question d'argent et pourtant cela va bien plus loin. La générosité est globale et est en rapport à tout ce que l'on peut donner. De plus, elle n'est pas sectorielle. 

J'entends souvent dire : « Je n'ai aucun mal à donner plus d'argent à mon assemblée. Mais dès qu'il s'agit d'ouvrir ma maison pour accueillir des étrangers, des pauvres, j'en suis incapable. »

Ou plutôt : « Je peux contribuer tant que cela ne me demande pas de m'impliquer.  Je suis prêt à donner de l'argent pour acheter de la nourriture aux pauvres, mais ne comptez pas sur moi pour aller à leur rencontre pour la distribuer. »

On a tous des secteurs privilégiés, des secteurs dans lesquels il est plus simple, naturel d'être généreux, et d'autres où c'est un réel combat. A la lumière de ces obstacles donc, qu'est-ce que la générosité ?

La générosité consiste à renoncer à notre confort personnel afin d'aider.

Renoncer à ces vacances prévues depuis 6 mois, y renoncer pour être généreux. Renoncer à cette nouvelle voiture que l'on voulait acheter, dans le but d'être généreux. C'est aussi vaincre nos peurs en accueillant des étrangers chez nous, ou encore en partageant notre unique repas avec celui qui est dans le besoin. C'est aussi se donner pour aider à un déménagement alors même qu'on est fatigués.

La véritable générosité nous coute, parfois très cher, mais c'est cela la générosité.

Vu ainsi, il devient évident qu'il y a des opportunités chaque jour d'être généreux. 

Je souhaiterai nous laisser avec cette question : « Suis-Je réellement généreux ? Voit-on en moi quelqu'un de généreux ? »

La seule certitude que l'on a est que la générosité est visible, et que le meilleur moyen d'aider d'autres personnes autour de soi à être généreux consiste à l'être soi-même.

C'est une question de grâce, et on a un excellent modèle en Jésus dont nous connaissons cette grâce : 

Pour nous il s'est fait pauvre alors qu'il était riche, afin que par sa pauvreté nous soyons enrichis.

L'amour de l'accueil

- Jason Procopio

Le but de ces instructions, c’est un amour qui provienne d’un cœur pur, d’une bonne conscience et d’une foi sincère (1 Timothée 1.5).

Depuis le début, notre église est connue pour sa capacité à bien accueillir les visiteurs. L’accueil de l’Église Connexion a toujours contribué à notre croissance rapide. Autrement dit, par la manière dont notre église accueille les visiteurs et les invite à se sentir chez eux, nous avons traité tout le monde — croyants ou non-croyants — avec un véritable amour, un amour motivé par l’évangile.

Toutefois, depuis plusieurs mois quelques tendances troublantes se sont manifestées dans l’église. Ces tendances ne sont pas dues à une malice quelconque de la part de nos membres, mais plutôt à une certaine décontraction progressive de notre vigilance.

La ponctualité : un signe d’amour ?

Avez-vous déjà été invité à une fête où vous étiez la première personne à arriver sur place ? La musique tourne tout doucement, les gâteaux d’apéritifs sont sur la table… mais la salle est totalement vide. Alors vous vous asseyez et vous attendez, mal à l'aise. Ce n’est pas un sentiment très agréable. 

Le même genre de chose a lieu (pas du tout intentionnellement) presque chaque dimanche à l’Église Connexion. Sur notre site web, nous disons que nos cultes de dimanche commencent à 11h. Par conséquent, à moins qu’ils accompagnent un ami, les visiteurs à l’église arrivent souvent entre 10h45 et 11h… alors que la plupart de ceux qui fréquentent l’église arrivent entre 11h05 et 11h20. Il y a donc inévitablement quelques visiteurs qui restent assis, seuls, pendant dix à quinze minutes… les premiers invités à une fête où personne n’est encore arrivé. L'équipe d'accueil et les personnes qui sont déjà sur place font de leur mieux mais elles sont trop peu nombreuses pour mettre en place la salle pour le culte et être disponibles pour tous les visiteurs.

Comprenez-moi bien : ce qui se passe est entièrement ma responsabilité. Etant donné la nature de la vie parisienne où tout commence en retard, je n’ai aucun problème à commencer le culte quelques minutes après l’heure du début affichée. Mais en étant flexible sur l'heure de début du culte, j’ai fini par permettre à l’église d’adopter une habitude qui projette une ombre résolument peu accueillante sur ces moments où l’église est peut-être le plus visible aux visiteurs.

Alors j’aimerais encourager tous ceux qui assistent régulièrement à l’Église Connexion à faire un effort, non seulement pour arriver à l’église à l’heure, mais même en avance ! Soyons là pour accueillir les visiteurs lorsqu’ils arrivent ; aimons-les d'une bonne manière en étant là pour eux, pour les connaître… au lieu de les obliger à faire eux-mêmes des efforts pour être connus.

Amenons-les dans nos amitiés

L’autre tendance que nous avons récemment vue est celle de voir les habitués à l’église graviter vers ceux qu’ils connaissent bien, plutôt que de faire des efforts pour parler à ceux qu’ils ne connaissent pas. Je n’encouragerai personne à négliger ses amitiés faites à l’église — car négliger ces amitiés serait négliger notre charge d’agir par amour les uns pour les autres ! 

Mais ce n'est pas comme si nous devions choisir : il est tout à fait possible d’accueillir les nouveaux tout en nourrissant nos relations avec nos frères et sœurs. Il est possible de ne pas négliger un groupe de personnes au détriment d’un autre, mais plutôt d’amener les nouveaux arrivés dans nos amitiés existantes. 

Alors j’aimerais vous encourager à faire un effort, avant et après le culte, à chercher ceux à qui vous n’avez jamais encore parlé plutôt que d’aller directement vers ceux que vous connaissez déjà. Et ensuite, amenez-les vers vos amis. Invitez-les dans vos conversations. Donnez-leur une place à la table du repas. Ne négligez pas vos amis pour les nouveaux arrivants, mais rassemblez les deux groupes !

Imaginez combien ce sera plus facile pour les nouveaux d’intégrer la vie de notre communauté s’ils ont déjà créé des liens — non pas avec un, mais avec plusieurs chrétiens qui les aiment ?

Le but de ces instructions, c’est l’amour. Alors aimons nos visiteurs.

Prier, pour quoi faire ?

Philippe Simo

Ils arrivèrent à Jéricho. Lorsque Jésus sortit de la ville avec ses disciples et une assez grande foule, Bartimée, le fils aveugle de Timée, était assis en train de mendier au bord du chemin. Il entendit que c'était Jésus de Nazareth et se mit à crier : « Fils de David, Jésus, aie pitié de moi ! » Beaucoup le reprenaient pour le faire taire, mais il criait beaucoup plus fort : « Fils de David, aie pitié de moi ! » Jésus s'arrêta et dit : «Appelez-le.» Ils appelèrent l'aveugle en lui disant : « Prends courage, lève-toi, il t’appelle. » L'aveugle jeta son manteau et, se levant d'un bond, vint vers Jésus. Jésus prit la parole et lui dit : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » « Mon maître, lui répondit l'aveugle, que je retrouve la vue. » Jésus lui dit : « Vas-y, ta foi t'a sauvé. » Aussitôt il retrouva la vue et il suivit Jésus sur le chemin. (Marc 10.46-53)

Cela peut sembler surprenant aux premiers abords, mais personnellement l’un de mes personnages Bibliques préférés ne s’appelle pas Pierre, ni David, encore moins Moise, mais plutôt Bartimée. Oui Bartimée, vous savez cet aveugle, de surcroit mendiant. Je suis bien conscient qu’il n’a accompli aucun miracle, ni sermon mémorable, mais le fait est que je retrouve en lui une misère proche de la mienne et surtout un cœur de disciple.

Aveugle et Pauvre, un destin sans espoir

Quand nous lisons la Bible, très souvent nous sommes confrontés aux différences culturelles entre l’époque à laquelle se déroule l’histoire racontée dans le texte biblique et la nôtre. Nous devons donc faire plus d’efforts pour comprendre l’histoire décrite vu qu’elle ne renvoie à rien, ou pas grand-chose dans le présent. Or l’histoire de Bartimée ne rentre clairement pas dans cette catégorie car aujourd’hui encore il y a des mendiants, aveugles, assis aux bords des rues et ce même dans les pays les plus développés de la planète.

La condition d’aveugle est très touchante. Il est très difficile de ne pas répondre à l’appel à l’aide d’un aveugle. Même quand on est pressé, on parvient souvent à trouver du temps pour aider un aveugle qui souhaiterait par exemple traverser la route, ou encore l’aider à trouver son chemin. Il semblerait aussi qu’il soit plus aisé d’être charitable vis-à-vis d’un mendiant lorsque celui-ci est aveugle.

Contrairement à plusieurs autres handicaps, il est très difficile d’avoir un travail même de nos jours lorsqu’on est aveugle. Imaginons donc la situation il y a plus de 2000 ans en Israel. A moins de naitre dans une famille riche, naitre aveugle était synonyme de pauvreté et de dépendance vis-à-vis de la charité des autres. Voilà quelle était la situation de Bartimée, un homme qui vivait de la charité des autres. Et quand vous êtes aveugles et que vous mendiez au bord d’une route, vous savez qu’il faut se positionner sur une route fréquentée et surtout que chaque passage de foule est une opportunité à saisir.

La rencontre avec Jésus et … tout change.

Comment Bartimée en est arrivé à avoir foi en Jésus ? Vu qu’il est aveugle et mendiant, il est fort à parier qu’il n’a pas connu Jésus pour avoir assisté à un de ces miracles. Etant aveugle, ces déplacements sont très limités. Je crois plutôt que c’est la renommée de Jésus qui est arrivée jusqu’à lui. Assis au bord de la route, ou chez lui, il a entendu parler de cet homme qui guérissait les malades, chassait les démons enseignait avec autorité et confrontait les pharisiens. Et assez souvent il était alimenté de nouvelles histoires, décrivant les nouveaux miracles de Jésus, jusqu’au jour où il a entendu dire que Jésus avait aussi guérit des aveugles. Et je me laisse à imaginer qu’il s’est dès lors mis à espérer que Jésus passe un jour près de lui.

Combien de temps a-t-il ainsi attendu ? Je ne le sais. Par contre ce que nous savons c’est que Jésus a fini par passer par ce chemin. Ce que nous savons aussi c’est comment a réagi Bartimée.

La réaction de Bartimée est celle d’un homme désespéré qui se dit : Ceci est ma dernière chance de le rencontrer, de le supplier, d’être guéri. « Fils de David, Jésus, aie pitié de moi ! »

Et pourtant les obstacles sont nombreux. Beaucoup le reprenaient pour le faire taire : « N’interrompt pas le maitre », « Arrête de crier ainsi, le maitre a encore beaucoup de chemin à faire », « Otez ce mendiant du chemin »… etc. Et pourtant face à l’adversité Bartimée ne va pas abandonner, au contraire, il va crier plus fort : « Fils de David, Jésus, aie pitié de moi ! ».  Tel Jacob lorsqu’il se battit toute la nuit avec un ange.

En réponse à la prière de Bartimée, Jésus s’arrête. Oui, il s’arrête pour le pauvre, le mendiant, celui qui est assis au bord de la route.

Notons aussi que quand Jésus l’appelle, Bartimée jette son manteau, or le manteau est le seul bien du pauvre. Il se débarrasse ainsi de son plus précieux bien de peur que celui-ci ne le retarde ou l’encombre alors qu’il se dirige vers Jésus.

Inconscients de notre propre aveuglement

La situation de Bartimée est pourtant très proche de celle de chaque homme et chaque femme avant sa rencontre avec Christ. Nous sommes tous de naissance aveugles et pauvres spirituellement. La grande différence avec Bartimée est que nous n’en sommes pas conscients. Notre aveuglement est tellement profond que nous croyons que nous voyons nettement. Avant que le Saint-Esprit nous ouvre les yeux, nous sommes totalement aveugles. Pour preuve, nous sommes incapables de réaliser que nous sommes perdus pour l’éternité et esclaves du péché, incapables de voir l’horreur et la gravité de notre péché et encore moins ces conséquences éternelles. Nous sommes aveugles car nous sommes incapables de voir briller la beauté de la gloire de l’évangile de Jésus-Christ (2 Corinthiens 4.3-4).

Il devient clair et évident que quand l’on est dans la peau de Bartimée, conscient de notre pauvreté et de notre propre aveuglement, nous mendions la grâce de Dieu, sinon nous mourrons.

Aveugles et pauvres, et pourtant pas mendiant

Les similitudes et les contrastes sont nombreux entre Bartimée et nous, les chrétiens. Nous sommes conscients de notre état de pauvreté et de notre aveuglement vu que le Saint-Esprit a ouvert nos yeux. Nous voyons désormais les dégâts que produit le péché dans nos vies, nous savons que Jesus est proche de nous et toujours prêt à nous aider et pourtant contrairement à Bartimée, nous ne crions pas à lui. Comment se l’expliquer ? 

Je suis intimement convaincu que notre vie de prière reflète notre compréhension de l’évangile. Notre manque de prière trouve ces origines dans notre mauvaise compréhension de l’évangile. Je souhaiterai pour conclure aborder 3 mauvaises compréhensions de l’évangile ainsi que leur lien avec la prière.

1. Dissocier le salut de la sanctification

J’entends si souvent dire « Jésus a fait sa part à la croix en me donnant accès au salut. Maintenant que je suis sauvé, je dois travailler à maintenir mon salut ». Croire cela va indubitablement affecter sérieusement la vie de prière. Si l’on croit que l’évangile qui nous a sauvé dans le passé, ne continue pas à nous sauver aujourd’hui, mais aussi qu’il ne garantit pas notre salut dans le futur alors nous sommes familiers de la honte et de la culpabilité. 

Il m’est arrivé autrefois de ne plus prier car j’avais honte et je me sentais coupable. Honte et coupable de n’avoir pas prié. Cela peut sembler incongru, mais c’est ainsi qu’on se comporte quand la honte et la culpabilité sont encore présentes.

On se dit : « Dieu m’aime, il a tout accompli pour moi, il m’a sauvé, quand j’ai besoin de lui, il est toujours présent. Mais moi je suis une déception pour lui, je ne parviens pas à lui obéir, ni à prier ». Si vous êtes dans cette situation, permettez-moi de vous dire que si Dieu vous a réellement sauvé, alors, la prière est une invitation de sa part à venir dans sa présence. Votre jugement a eu lieu et vous êtes désormais à ses yeux sans tache, ni ride, ni rien de semblable, saint et irrépréhensible (Ephésiens 5.27). Nous étions tous sales, mais Christ nous a lavés une fois pour toutes, approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce, afin d’obtenir miséricorde et de trouver grâce pour être secourus dans nos besoins (Hébreux 4.16).

2. Pourquoi prier vu que Dieu est souverain ?

Le 2e obstacle que je vois réside dans la compréhension qu’on a de la souveraineté de Dieu. « Si Dieu est souverain, s’il sait toutes choses, s’il n’a pas besoin de moi pour réaliser son plan, alors pourquoi prier » ? On peut aussi entendre dire : « Je n’ai pas eu besoin de prier pour avoir mon job, ni pour mes études d’ailleurs, et pourtant tout s’est bien déroulé. Dieu accomplit ses plans sans que je n’ai besoin de prier car il est souverain ». 

La Bible dit effectivement clairement que : Tout ce que Dieu veut, il le fait, dans les cieux et sur la terre, dans les mers et dans les abimes (Psaume 135.6). Dieu accomplit donc effectivement tout ce qu’il veut. Mais la Bible précise aussi les moyens par lesquels Dieu procède pour accomplir son plan. Il s’est souvent servi d’anges, ou même de prophètes. Mais l’écriture nous dit clairement que Dieu se sert des prières des saints pour accomplir sa volonté. 

Prenons pour l’illustrer la guérison de Bartimée. On peut penser que dans sa souveraineté Dieu avait décidé de guérir Bartimée. Mais on voit aussi que les guérisons effectuées par Jésus interviennent très souvent comme pour Bartimée à la suite des prières faites soit directement par les malades eux-mêmes, soit par leurs proches. 

Il n’y a donc pas incompatibilité entre souveraineté de Dieu et prière. Au contraire, il faut juste réaliser que dans sa souveraineté, Dieu passe par les prières que nous lui adressons pour accomplir sa volonté. Vu sous cet angle, la prière devient donc un moyen de grâce par lequel Dieu nous associe à son plan.

3. J’ai essayé : la prière ne marche pas.

C’est peut-être le cas le plus triste. Nous prions pour un sujet et rien ne change. La situation reste la même, et peut-être même qu’elle empire. Peut-être même que parmi les personnes qui liront cet article, certains sont dans ce cas. Vous priez depuis un certain temps pour un sujet et Dieu ne vous exauce pas.

Jesus lui-même a dit : « Demandez et l'on vous donnera, cherchez et vous trouverez, frappez et l'on vous ouvrira. En effet, toute personne qui demande reçoit, celui qui cherche trouve et l'on ouvre à celui qui frappe. Qui parmi vous donnera une pierre à son fils, s'il lui demande du pain? Ou s'il demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent? Si donc, mauvais comme vous l'êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, votre Père céleste donnera d'autant plus volontiers de bonnes choses à ceux qui les lui demandent » (Matthieu 7.7-11).

John Piper a dit une fois : « Dieu vous donnera toujours ce que vous demandez, ou alors il vous donnera mieux ».

« Mieux » ici veut dire « ce dont vous avez besoin ». Tim Keller a dit dans un de ces livres au sujet de la prière : « Si nous savions tout ce que Dieu sait, nous répondrions aux prières de la même façon que lui ». Le fait que Dieu réponde défavorablement à une de nos demandes est la preuve qu’à ses yeux, il est préférable que nous n’ayons pas ce que nous demandons. Cela peut être difficile à accepter sur le coup, mais celui qui prie Dieu doit aussi être convaincu de l’amour de Dieu à son égard ainsi que de ces dessins bienveillants. La confiance en Dieu s’exprime ainsi : « Je ne vois pas en quoi c’est mieux, je ne comprends pas en quoi c’est mieux, mais Seigneur que ta volonté soit faite ».

Persévérons !

En revanche, il ne faut pas confondre un refus de Dieu à un manque de persévérance de notre part, car quelques fois, avant de répondre, Dieu laisse s’écouler du temps.

L’histoire de Bartimée en est l’illustration. Quand même nous avons crié à Dieu comme Bartimée, il arrive souvent des obstacles à notre prière, nous empêchant de crier. Au lieu d’abandonner et conclure que Dieu ne nous a pas exaucés, c’est le moment de crier plus fort comme Bartimée.

La grande leçon qu’on apprend de Bartimée est la persévérance dans la prière. Persévérer est l’une des choses les plus difficiles dans la vie. Il est plutôt aisé de commencer des choses, et avec l’enthousiasme que provoque le début, nous pouvons tenir quelques temps. Mais faute de résultats, le découragement se pointe et si rajouté à l’absence de résultats des obstacles se dressent sur notre chemin, l’abandon se présente alors comme une solution. 

On entend dès lors dire : « J’ai prié, mais Dieu ne m’a pas répondu, et encore moins exaucé ». Bartimée nous dit autre chose, il nous dit : « Prie et quand les obstacles se présentent, redouble d’efforts car la réponse de Dieu est proche ». 

D’ailleurs à quoi ressemblent nos prières ? Vous connaissez peut-être ces prières fades et monotones ? Parfois récitées sans que le cœur n’y soit ? Bartimée nous montre que la prière doit être fervente. La prière est quelque chose de noble. Seule la prière issue de notre cœur a des chances de toucher le cœur de Dieu.

Retourne-donc vers Dieu dans la prière dès aujourd’hui afin qu’il t’exauce. Prie et insiste. Comme David, prie et s’il le faut sept fois par jour et même plus encore. Ce sont ceux qui persévèrent qui s’emparent du royaume de Dieu—prions alors de persévérer ! 

L’appel de Dieu pour la ville

Philippe Simo

Paris est une ville connue et reconnue à l'échelle internationale. Elle a su garder l'image d'une ville très riche culturellement, capitale de la mode et du luxe. Elle garde le premier rang mondial en termes d'équipements culturels (théâtres, opéras, musées, cinémas, salles de spectacles, etc.) L'image de la capitale reste donc celle d'une ville « romantique », d'une ville musée, qui reste une des premières destinations touristiques internationale. Vu sous cet angle, Paris n’a que des atouts et pourtant, si nous regardons d’un point de vue spirituel le tableau n’est pas aussi reluisant. 

Le livre de Jonas commence ainsi : La parole de l'Eternel fut adressée à Jonas, fils d'Amitthaï, en ces mots : Lève-toi, va à Ninive, la grande ville, et crie contre elle! car sa méchanceté est montée jusqu'à moi. (Jonas 1 :1-2). 

A son époque, Ninive était une grande ville, capitale de l’empire Syrien. Ninive est l'une des plus anciennes cités de Mésopotamie. Elle était un important carrefour de routes commerciales traversant le Tigre. Elle occupait une position stratégique sur la grande route entre la mer Méditerranée et le plateau iranien, ce qui lui a apporté la prospérité, de sorte qu'elle est devenue l'une des plus grandes cités de toute la région. Et pourtant malgré cet état reluisant, Dieu dit de Ninive que : sa méchanceté est montée jusqu'à moi

LE PÉCHÉ DE NINIVE

Pour plusieurs, l’économie est le baromètre le plus important pour évaluer la santé d’un état et pourtant aux yeux de Dieu c’est l’aspect spirituel qui prime. Quand Dieu a regardé Ninive, il n’a pas considéré sa richesse, ou encore son rayonnement économique. Quand Dieu a regardé à Ninive, il a vu une ville dans laquelle le péché régnait, une ville dans laquelle la rébellion contre lui avait atteint des sommets. 

Ninive était une grande ville à plusieurs égards. Grand économiquement mais surtout grand dans son péché. Que dire donc de Paris, notre ville ? Et de la France en général ? Il n’y a pas besoin de beaucoup de démonstration pour être convaincu du fait que notre ville soit remplie de péchés. Mais où est donc Dieu et pourquoi ne juge-t-il pas Paris ? Est-ce à cause du grand nombre de cathédrales qu’on y retrouve ? La question qu’on pourrait légitimement se poser est de savoir quelle est la limite de Dieu par rapport au péché d’une ville ? 

Quand Dieu regarde à Paris, il voit : 

  • les millions d’avortement réalisés depuis 1975 (chiffres de l’INED) ;
  • l’immoralité galopante ainsi que la pornographie ;
  • la redéfinition du mariage ;
  • l’égo qui anime de manière globale la population…

Dieu étant le même hier aujourd’hui et éternellement, il ne peut pas être indiffèrent à cette situation. Tout ceci dit, Dieu voit aussi et surtout :

  • une ville qui se meurt dans son péché et qui a besoin d’un Sauveur. 

L’APPEL DE DIEU POUR SON EGLISE

« Crie contre elle… »

J’ai toujours été très intrigué par la réponse de Jonas à l’appel de Dieu. On sait que le peuple d’Israël s’est toujours détourné de Dieu, malgré tout ce qu’il avait accompli pour lui. On sait aussi que plusieurs rois se sont rebellés contre Dieu en adorant des idoles et entrainant de fait le peuple dans leur égarement. En revanche, qu’un prophète désobéisse de manière aussi frontale à Dieu est très rare. Et pourtant Jonas nous prouve que ça reste possible. Les prophètes n’étaient pas des marionnettes et leur grande obéissance à Dieu nous interpelle. Dieu veut sauver Ninive et y envoie son prophète pour apporter un message de repentance et Jonas désobéit. 

Aujourd’hui encore il est possible d’avoir le même type d’attitude si en tant que chrétien on se désintéresse à l’état spirituel de notre pays ou de notre ville simplement parce qu’on est sauvé.

De nos jours, cet appel de Dieu reste valable pour le monde entier et de fait pour Paris. Dieu envoie son Église délivrer un message d’amour et de repentance : l’Evangile. L'Église de Dieu existe pour appeler les hommes et les femmes à célébrer et à être transformés par la vie, la mort et la résurrection de Jésus-Christ. La Bonne Nouvelle de la Bible nous pousse à l'aimer, à aimer nos prochains et à aimer la ville. Nous souhaitons rendre visible cette Bonne Nouvelle par nos vies, par notre communauté, et par la joie qui nous caractérise. 

Quelle est donc notre réponse individuelle ? Comment répondons-nous à cet appel à briller ? Sommes-nous comme Jonas en train de désobéir à notre appel ou alors travaillons-nous avec Dieu pour qu’il glorifie son nom au travers de nous là où nous sommes ? Dieu nous appelle à briller dans un monde de ténèbres (Philippiens 2 :15).

C’est maintenant que nous devons briller. Dieu nous donne à chacun des opportunités à saisir. 

Puisse Dieu nous aider à le laisser être visible au travers de nous.